Après avoir débuté à Gaza, où elle a permis de transmettre au monde, avec professionnalisme, des images et des témoignages sur la réalité des événements, l’expérience des correspondants de l’Union de radiodiffusion des États arabes (ASBU) s’étend désormais à d’autres régions du monde arabe confrontées aux conflits et aux guerres, où l’accès demeure difficile pour de nombreux médias arabes et internationaux.
L’ASBU a développé son dispositif de correspondants dans les zones de conflit, tant sur le plan quantitatif que qualitatif. Son réseau couvre désormais, outre Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est occupée, le Liban, le Soudan, le Yémen et la Libye.
La mission des correspondants ne se limite plus à relater les évolutions politiques et sécuritaires. Elle s’étend également à la documentation de leurs répercussions sur la vie des populations, qu’il s’agisse de la situation des hôpitaux, des déplacés, des initiatives de relèvement ou encore des histoires sociales et humaines.
Entre janvier et septembre 2026, le réseau a produit des centaines de contenus d’actualité. Cette expérience vise à renforcer la présence des contenus arabes dans les circuits d’échange d’informations, aux niveaux régional et international, en proposant une couverture professionnelle fondée sur une approche journalistique arabe rigoureuse.
Plus de 1 300 contenus produits à Gaza en neuf mois
La couverture de la bande de Gaza arrive en tête du bilan de production sur le terrain. Entre janvier et septembre 2026, les correspondants y ont réalisé 1 350 contenus d’actualité, à raison de cinq à sept productions par jour, selon un rapport de l’ASBU consacré à la contribution de ses correspondants à l’enrichissement du système d’échange d’informations.
Ces contenus couvrent aussi bien le suivi des événements quotidiens que la documentation de la situation humanitaire. Ils abordent notamment les conditions dans les hôpitaux, l’éducation, l’environnement et les services essentiels, tout en donnant la parole aux familles, aux malades, aux enfants et aux personnes déplacées.
Cette diversité témoigne d’une volonté de dépasser le simple suivi de l’actualité pour rendre compte de ses conséquences directes sur les populations.
En Cisjordanie et à Jérusalem-Est occupée, le réseau a produit 250 contenus d’actualité durant la même période. Ceux-ci ont porté sur les développements politiques et sur le terrain, les violations israéliennes, la situation à Jérusalem et les conditions de vie des Palestiniens, ainsi que sur les conséquences humanitaires des événements au quotidien.
Cette couverture complète le travail réalisé à Gaza et permet de proposer aux médias arabes et internationaux des contenus palestiniens plus diversifiés.
Un réseau qui s’étend du Liban au Yémen, en passant par la Libye et le Soudan
Au Soudan, les correspondants ont produit 65 contenus consacrés aux évolutions politiques et militaires, mais aussi à des initiatives étudiantes visant à reconstruire les villes, aux parcours de personnes déplacées, d’artisans et de propriétaires d’ateliers, à la prise en charge des diabétiques ainsi qu’au retour de la musique et du théâtre.
Au Yémen, 75 contenus ont été réalisés. Ils ont notamment mis en lumière des initiatives de logement à Mokha avec un soutien koweïtien, le retour de la vie au stade d’Ibb, le parcours d’un diplômé en journalisme non-voyant qui travaille dans la vente de légumes, ainsi que des histoires liées aux mémorisateurs du Coran, aux marchés, à l’artisanat et à la vie des femmes et des jeunes dans les zones rurales.
En Libye, la production a atteint 60 contenus mêlant récits humains — notamment ceux de familles et de personnes déplacées, ainsi que le témoignage d’un employé du Croissant-Rouge à Derna —, patrimoine et culture, avec des sujets consacrés au plus ancien café de Benghazi, à la musique et aux festivals. L’économie, les projets agricoles, le secteur pétrolier et énergétique ainsi que les activités sportives ont également été couverts.
Au Liban, les correspondants ont réalisé 38 contenus portant sur les conditions dans les camps de réfugiés de la banlieue sud de Beyrouth, les destructions dans les localités du Sud, ainsi que les histoires de résilience, de relèvement et les tentatives de reconstruire la vie dans les régions sinistrées.
Cette diversité thématique illustre l’élargissement du rôle du correspondant de terrain. Au-delà de l’actualité quotidienne, son travail s’intéresse aux initiatives communautaires, aux activités culturelles et aux conditions des populations touchées par les conflits, offrant ainsi une image plus complète des sociétés couvertes par le réseau.
Près de 1 000 contenus proposés à l’échange avec Eurovision
L’impact de ce travail de terrain dépasse la seule production de nouvelles. Selon un rapport du Centre d’échange d’informations et de programmes de l’ASBU, près de 1 000 contenus d’actualité et reportages télévisés ont été proposés à l’échange avec le réseau Eurovision au cours des neuf premiers mois de 2026.
Ces contenus ont porté sur la Palestine et les développements régionaux, mais également sur les crises humanitaires, l’économie, la culture, l’environnement, le sport et les technologies.
Ce chiffre souligne le rôle du Centre dans la sélection et la diffusion des contenus arabes à l’échelle internationale, au-delà des échanges au sein du seul paysage médiatique arabe.
La valeur ajoutée du réseau de correspondants réside dans la collecte de témoignages et d’images directement sur le terrain, la diversification des sources d’information et la production de récits humains et sociaux susceptibles d’être utilisés dans différents contextes médiatiques.
La documentation de ces contenus permet également de constituer des archives mobilisables pour la préparation de dossiers et de reportages. La variété des sujets facilite, quant à elle, leur exploitation dans les circuits d’échange d’informations arabes et internationaux.
Le témoignage européen souligne l’importance du travail de terrain
La dimension internationale de cette expérience prend une importance particulière à la lumière de la coopération avec plusieurs unions régionales de radiodiffusion partenaires, notamment l’Union européenne de radio-télévision (UER).
Nader Al-Sarrass, producteur d’actualités à l’UER, a qualifié de « très positive » l’expérience de recours aux contenus fournis par les correspondants de l’ASBU, en particulier pour la couverture de la guerre à Gaza et des autres territoires palestiniens.
Il a expliqué que des médias européens membres de l’UER s’appuient sur les contenus de l’ASBU pour couvrir l’actualité palestinienne, dans un contexte où les productions disponibles auprès d’autres sources restent limitées. Selon lui, la continuité de la couverture, ainsi que son professionnalisme et sa crédibilité, ont contribué à instaurer un climat de confiance entre les deux unions.
Il a également souligné l’intérêt d’élargir le réseau de correspondants de l’ASBU à des régions telles que le Yémen, la Libye et le Soudan, qui présentent un intérêt pour les médias européens, alors que les informations et les contenus de terrain provenant de ces pays restent limités en raison des conflits et de l’instabilité politique.
Ce témoignage montre que le développement du réseau ne vise pas uniquement à étendre la couverture médiatique arabe. Il permet également de fournir des contenus fiables provenant de régions difficiles d’accès et d’accroître les possibilités de diffusion de ces informations à l’échelle internationale.
Dans cette perspective, l’enjeu consiste à pérenniser le réseau à travers une structure institutionnelle durable, à développer des offres éditoriales intégrées associant articles, reportages télévisés, productions radiophoniques, photographies et contenus numériques, mais aussi à mettre en place des archives unifiées et des indicateurs permettant d’évaluer la qualité des productions, leur portée humaine et leur potentiel d’échange.
Renforcer la présence du récit journalistique arabe à l’international
Entre la documentation des événements sur le terrain et la transmission des témoignages à un public plus large, l’expérience des correspondants de l’ASBU pose un enjeu qui dépasse le seul volume de production.
Elle met en lumière la capacité des médias arabes à élaborer leur propre récit de terrain et à le partager avec leurs partenaires internationaux comme une source d’information, d’images et de témoignages directs.
L’avenir de cette expérience dépendra notamment de la consolidation du réseau, de la continuité de la couverture et de la transformation des contenus produits en ressources journalistiques durables, accessibles et reconnues dans les circuits internationaux d’échange d’informations.
Source : Communiqué







































