–Par Son Excellence Dr Hilal bin Abdullah Al-Sanani
Ambassadeur du Sultanat d’Oman auprès de la République tunisienne–
Le 26 octobre de chaque année, le Sultanat d’Oman célèbre la Journée de la jeunesse omanaise. Au-delà de sa portée symbolique, cette journée est l’occasion de rappeler une conviction essentielle : aucun projet de développement ne peut véritablement réussir sans placer la jeunesse au cœur de ses priorités. Les jeunes ne sont pas seulement les bâtisseurs de demain ; ils sont aussi des acteurs à part entière du présent, porteurs d’idées, d’énergie et de compétences indispensables à la poursuite du développement national.
Le développement durable ne repose pas uniquement sur les ressources naturelles, les infrastructures ou les moyens financiers. Il prend avant tout sa source dans l’être humain, dans sa capacité à apprendre, à innover, à entreprendre et à assumer ses responsabilités. Investir dans la jeunesse, c’est donc investir dans la capacité d’un pays à préparer son avenir tout en répondant aux défis d’aujourd’hui.
Cette célébration intervient cette année dans un contexte particulier, marqué par la mise en œuvre du onzième Plan quinquennal de développement (2026-2030). Cette nouvelle étape doit contribuer à traduire les ambitions de la Vision Oman 2040 en programmes concrets et en priorités de développement. Elle accorde une place importante à la valorisation des compétences nationales, au renforcement de l’efficacité du marché du travail, à la diversification de l’économie et à l’ouverture de nouvelles perspectives pour les jeunes, notamment dans les domaines du numérique, de l’innovation technologique et de l’intelligence artificielle.
Ces secteurs transforment profondément les économies et les sociétés. Ils offrent à la jeunesse des possibilités nouvelles, mais exigent également des compétences adaptées, une capacité d’apprentissage continu et un environnement favorable à la créativité. L’enjeu consiste ainsi à permettre aux jeunes Omanais de prendre pleinement part à ces mutations, non pas comme de simples bénéficiaires du changement, mais comme des participants actifs à sa conception et à sa réalisation.
Cette volonté d’associer les citoyens à la définition de l’avenir national s’est notamment exprimée lors de l’élaboration de la Vision Oman 2040, à travers une démarche participative qui a mobilisé plus de 41 000 personnes issues de différentes composantes de la société, parmi lesquelles des jeunes, des élèves et des étudiants. Cette participation témoigne de l’importance accordée à l’écoute des aspirations de la population. Une vision nationale gagne en profondeur et en durabilité lorsqu’elle se construit avec celles et ceux qui auront à la faire vivre.
En 2026, cette orientation s’est également traduite par des mesures concrètes en faveur de l’emploi et de la stabilité sociale. Sur les hautes directives de Sa Majesté le Sultan Haitham ben Tariq, que Dieu le protège, il a été demandé d’accélérer la mise en œuvre du programme de recrutement des demandeurs d’emploi, qui prévoit la création de 60 000 opportunités professionnelles. Parmi celles-ci, 10 000 concernent les secteurs public civil et militaire, tandis que 50 000 sont destinées aux entreprises publiques et aux institutions du secteur privé.
D’autres mesures viennent compléter cet effort. Une enveloppe supplémentaire de 50 millions de rials omanais a été consacrée aux projets à rendement économique et d’investissement susceptibles de créer des emplois pour les citoyens. Cette décision s’accompagne d’un relèvement du budget du Programme de développement des gouvernorats, dans le cadre du onzième Plan quinquennal, qui passe de 220 à 270 millions de rials omanais.
Par ailleurs, 100 millions de rials omanais ont été alloués au programme de logement social pour les années 2026 et 2027. Cette mesure répond à un besoin essentiel : permettre aux jeunes de construire leur vie professionnelle et familiale dans des conditions plus stables. La prolongation d’un an de l’allocation de sécurité de l’emploi, au bénéfice des personnes remplissant les conditions requises, s’inscrit dans la même démarche de soutien et d’accompagnement.
Ces initiatives prennent tout leur sens lorsqu’elles sont envisagées dans la durée. Le onzième Plan quinquennal devrait permettre de créer environ 300 000 opportunités d’emploi pour les Omanais dans les secteurs public et privé entre 2026 et 2030. Mais la réussite d’une telle ambition ne se mesure pas uniquement au nombre de postes créés. Elle dépend aussi de la capacité à rapprocher les formations des besoins réels de l’économie, à accompagner les transitions professionnelles et à préparer les jeunes aux métiers qui émergent.
Elle suppose également de donner toute leur place à l’entrepreneuriat et aux petites et moyennes entreprises. En soutenant les initiatives portées par les jeunes, en facilitant l’accès aux compétences et aux opportunités économiques et en valorisant les potentialités des différentes régions du pays, Oman entend élargir les voies de participation à la vie économique. Les jeunes entrepreneurs peuvent ainsi contribuer à la création de valeur, à la diversification de l’économie et au développement de nouveaux marchés, au niveau national comme régional.
Au-delà des politiques économiques, l’accompagnement de la jeunesse nécessite des institutions capables de l’écouter, de la former et de l’aider à concrétiser ses ambitions. La création du Centre de la jeunesse, en vertu du décret royal n° 38/2026, constitue à cet égard une nouvelle étape dans le renforcement de l’action nationale en faveur des jeunes.
Ce centre a notamment vocation à contribuer à la formation des jeunes leaders, au développement des compétences numériques et managériales, à la détection des talents et à la promotion de la créativité et de l’innovation. Il doit également favoriser l’émergence de projets entrepreneuriaux et élargir les espaces de dialogue avec la jeunesse, afin que ses préoccupations et ses propositions puissent être davantage prises en compte dans l’élaboration des politiques et des programmes qui la concernent.
Cette démarche s’inscrit dans une perspective plus large, avec les travaux consacrés à la Stratégie nationale de la jeunesse à l’horizon 2040. L’objectif est de disposer d’une vision à long terme qui accompagne les aspirations des nouvelles générations et leur permette de contribuer durablement au développement du pays.
La jeunesse est également un trait d’union entre les peuples. C’est une dimension à laquelle j’accorde une attention particulière en ma qualité d’ambassadeur du Sultanat d’Oman auprès de la République tunisienne, pays frère avec lequel nous partageons des liens historiques, culturels et humains.
Je suis convaincu que la coopération entre nos deux pays peut trouver dans la jeunesse un nouvel espace d’expression et de développement. La diplomatie ne se construit pas uniquement à travers les relations institutionnelles et les échanges officiels. Elle se nourrit aussi des rencontres, des expériences partagées et des liens que les jeunes tissent au-delà des frontières. En apprenant à se connaître, à travailler ensemble et à confronter leurs idées, ils contribuent à rapprocher les sociétés et à donner une dimension humaine et durable aux relations bilatérales.
La participation de jeunes Tunisiens au camp international « Mustaid » , organisé par le Sultanat d’Oman en septembre 2026, en offre une illustration concrète. Cette initiative a constitué une occasion de rencontre, de partage d’expériences et de développement de compétences en matière de leadership, de travail en équipe, de communication et de résolution de problèmes.
Au-delà des activités proposées, ce type de rencontre permet de faire émerger des affinités, de susciter de nouvelles idées et de créer les conditions de futures collaborations. Il ouvre des perspectives de coopération dans les domaines de la connaissance, de la culture, de l’innovation et de l’entrepreneuriat. Autant de champs dans lesquels la jeunesse omanaise et la jeunesse tunisienne peuvent apprendre l’une de l’autre et construire ensemble des projets porteurs de sens.
Il me paraît essentiel de poursuivre cette dynamique, en encourageant les échanges entre étudiants, jeunes professionnels, entrepreneurs et porteurs d’initiatives. La diplomatie de la jeunesse peut ainsi devenir un levier concret pour renforcer les liens entre Oman et la Tunisie et, plus largement, contribuer à une coopération arabe davantage tournée vers les compétences, la créativité et les aspirations des nouvelles générations.
En cette Journée de la jeunesse omanaise, le message est clair : faire confiance aux jeunes ne consiste pas seulement à leur promettre un avenir meilleur. Cela implique de leur donner, dès aujourd’hui, les moyens d’agir, de participer aux décisions qui les concernent, de développer leurs compétences et de transformer leurs idées en réalisations concrètes.
C’est en associant les politiques publiques à des possibilités réelles, les ambitions à des perspectives professionnelles et la formation à l’innovation que nous pourrons permettre à chaque jeune de trouver sa place et de contribuer pleinement à la société.
Le Sultanat d’Oman poursuit cette ambition avec la conviction que la jeunesse constitue l’une des forces essentielles de son développement et de sa stabilité. En renforçant cet engagement et en approfondissant les liens de coopération avec la Tunisie, nous pouvons ouvrir de nouveaux horizons à nos jeunes et faire de leur énergie un moteur de progrès partagé.
Car la jeunesse n’est pas simplement une promesse pour l’avenir. Elle est une responsabilité collective dans le présent et une force vivante pour construire le monde de demain.














































