Des troupes aéroportées russes ont débarqué à Kharkiv la nuit du mardi 1er au mercredi 2 mars 2022, confirmant l’intensification de l’offensive dans des zones urbaines de l’Ukraine. Le Pentagone assurait toutefois mardi que la progression de l’armée russe vers la capitale était « au point mort », entravée par la résistance rencontrée et des problèmes logistiques. Parallèlement, la pression internationale sur le Kremlin ne faiblit pas.
Situation sur le terrain, bilan humain, sanctions, réactions internationales : on fait le point sur les événements qui ont marqué la guerre en Ukraine durant la nuit du mardi 1er au mercredi 2 mars 2022.
Des combats en cours à Kharkiv
Des troupes aéroportées russes ont débarqué à Kharkiv dans la nuit, a indiqué mercredi l’armée ukrainienne, en faisant état de combats en cours dans cette ville de l’est de l’Ukraine. « Des troupes aéroportées russes ont débarqué à Kharkiv (…) et attaqué un hôpital » local, ont déclaré les forces armées ukrainiennes dans un communiqué sur Telegram.
« Un combat est en cours entre les envahisseurs et les Ukrainiens », selon le communiqué.
Cette annonce intervient au septième jour de l’offensive russe en Ukraine, lancée le 24 février et qui s’est intensifiée mardi.
Kharkiv, ville de 1,4 million d’habitants proche de la frontière avec la Russie, a été visée par plusieurs bombardements mardi, qui ont fait au moins dix morts et plus de 20 blessés selon les autorités locales.
Plus d’une centaine de personnes blessées à Marioupol
À Marioupol, port sur la mer d’Azov, plus d’une centaine de personnes ont été blessées mardi dans des tirs russes, selon le maire de la ville, Vadim Boïtchenko, cité par des médias ukrainiens.
À Kherson, dont les entrées étaient déjà contrôlées par les forces russes, ces dernières ont pris dans la nuit le contrôle de la gare ferroviaire et du port, selon le maire de la ville Igor Kolykhaïev, cité par des médias locaux.
À Borodianka, à 50 km de Kiev, des frappes aériennes russes ont détruit deux immeubles résidentiels dans la journée de mardi, selon la première vice-ministre ukrainienne des Affaires étrangères, Emine Djeppar, qui a partagé une vidéo des immeubles gris partiellement en ruines, avec des appartements en flammes.
L’avancée russe vers Kiev au « point mort », selon le Pentagone
Si une frappe russe a visé mardi la tour de télévision à Kiev, faisant cinq morts et entraînant pendant une heure l’interruption de la diffusion des chaînes, un représentant américain a déclaré que le convoi de véhicules blindés russes s’étalant sur des kilomètres n’était pas parvenu à se rapprocher de la capitale ukrainienne au cours des dernières vingt-quatre heures.
Il a évoqué des problèmes logistiques, des pénuries d’approvisionnement en carburant et denrées alimentaires, ainsi que l’hypothèse d’une pause de l’armée russe pour revoir sa stratégie.
Le ministère ukrainien de la Défense redoute une attaque de la Biélorussie
Le ministère ukrainien de la Défense a par ailleurs indiqué dans la nuit redouter une attaque de la Biélorussie.
« Les troupes biélorusses ont été mises en état d’alerte et se trouvent dans les zones de concentration les plus proches de la frontière de l’Ukraine », a affirmé le ministère dans un communiqué sur Facebook.
Au cours de la journée de mardi, le renseignement ukrainien a constaté une « activité importante » des avions dans la zone frontalière, et des convois de véhicules transportant des vivres et des munitions y ont été observés, indique le communiqué.
Au vu de ces mouvements, la Biélorussie « pourrait probablement soutenir dans l’avenir les envahisseurs russes dans la guerre russo-ukrainienne », a mis en garde le ministère. Des « attaques aux missiles contre des cibles militaires et civiles » en Ukraine sont « systématiquement » lancées du territoire bIélorusse depuis le début de l’invasion russe le 24 février, a-t-il ajouté.
S’il a confirmé le déploiement de forces supplémentaires à la frontière sud, le président biélorusse Alexandre Loukachenko a de son côté assuré mardi soir que son pays n’allait pas participer à l’offensive en Ukraine.
Biden s’attaque au « dictateur » Poutine lors de son premier « discours sur l’état de l’Union »
Le président russe « pensait que l’Occident et l’Otan ne répondraient pas » à l’invasion de l’Ukraine lancée le 24 février, a lancé Joe Biden lors de son premier « discours sur l’état de l’Union » à Washington, mardi soir. Mais « Poutine avait tort », « nous sommes prêts, nous sommes unis », a-t-il martelé, appelant le Congrès américain à offrir une ovation debout en soutien « au peuple ukrainien » qui « n’a peur de rien ».
« Poutine est maintenant plus isolé que jamais du reste du monde », car dans la bataille contre « l’autocratie », « les démocraties sont au rendez-vous », a-t-il ajouté, énumérant les sanctions sans précédent qui se sont abattues sur la Russie.
Les géants américains coupent les ponts avec Moscou
Plusieurs géants de l’économie américaine, d’ExxonMobil à Apple en passant par Boeing et Ford, ont en effet annoncé mardi soir qu’ils prenaient leurs distances avec la Russie après l’invasion de l’Ukraine.
Ces décisions ont des conséquences diverses, allant du report de la sortie d’un film en salle pour Disney au retrait d’un projet à plusieurs milliards de dollars pour ExxonMobil.
Les émetteurs américains de cartes de paiements Visa, Mastercard et American Express ont également annoncé avoir bloqué de multiples institutions financières russes de leurs réseaux de paiements.
Plus tôt dans la journée de mardi, les 27 pays de l’Union européenne avaient convenus d’exclure certaines banques russes du système SWIFT, rouage clé de la finance internationale.
Avec AFP












































