Quatrième partenaire commercial européen de la Tunisie, l’Espagne occupe une place importante dans les échanges économiques du pays. Malgré un déficit commercial de 316 millions de dinars en 2025, les relations bilatérales présentent des perspectives de développement dans plusieurs secteurs, notamment le tourisme, l’industrie, l’agriculture et les énergies renouvelables. L’enjeu est désormais de renforcer les investissements productifs, de diversifier les échanges et de transformer les opportunités de coopération en projets concrets, créateurs de valeur et d’emplois.
Des échanges commerciaux importants, un déficit à réduire
La relation économique entre la Tunisie et l’Espagne repose sur des échanges commerciaux soutenus, auxquels s’ajoutent des perspectives de coopération industrielle et d’investissement. La proximité géographique entre les deux pays et leur appartenance à l’espace méditerranéen constituent des atouts pour développer davantage les relations entre leurs entreprises.
En 2025, les exportations tunisiennes à destination de l’Espagne ont atteint 3,155 milliards de dinars, tandis que les importations tunisiennes en provenance de ce pays se sont élevées à 3,471 milliards de dinars. Le solde commercial a ainsi affiché un déficit de 316 millions de dinars pour la Tunisie, selon les données du commerce extérieur.
Ces chiffres mettent en évidence l’importance du marché espagnol pour l’économie tunisienne, mais soulignent également la nécessité de renforcer la présence des produits tunisiens auprès des consommateurs et des entreprises espagnols.
L’amélioration de cette balance commerciale pourrait passer par une diversification de l’offre exportable, une meilleure valorisation des produits locaux et une intensification des partenariats entre opérateurs économiques. Le développement de produits à plus forte valeur ajoutée représente également un levier pour consolider la position des entreprises tunisiennes sur ce marché.
Le tourisme, un secteur porteur pour les investissements
Le tourisme figure parmi les domaines susceptibles de renforcer les relations économiques entre les deux pays. L’expertise espagnole en matière de gestion hôtelière, de développement de destinations touristiques et de diversification de l’offre pourrait contribuer à accompagner la modernisation du secteur tunisien.
Les perspectives concernent notamment la rénovation des établissements existants, le développement de nouvelles unités hôtelières et l’amélioration de la qualité des services. Ces investissements pourraient également bénéficier aux entreprises locales intervenant dans la restauration, le transport, les loisirs, l’artisanat et les services.
La coopération dans ce domaine ne se limite pas à l’apport de capitaux. Elle peut aussi favoriser le transfert de savoir-faire, la formation professionnelle et l’adoption de pratiques de gestion adaptées à l’évolution de la demande touristique internationale.
La concrétisation de ces perspectives dépendra toutefois de la viabilité économique des projets, des conditions de financement et de la capacité à proposer une offre compétitive tout au long de l’année.
Industrie et agriculture : renforcer les complémentarités
Au-delà du tourisme, les relations tuniso-espagnoles peuvent s’appuyer sur les complémentarités entre les deux économies pour développer de nouveaux projets industriels et agricoles.
Dans l’industrie, les partenariats entre entreprises pourraient favoriser l’intégration de fournisseurs tunisiens dans les chaînes de production, l’amélioration des procédés industriels et l’accès à de nouvelles technologies. Les investissements dans les activités de transformation et dans les métiers à plus forte valeur ajoutée pourraient également contribuer à diversifier les exportations tunisiennes.
L’agriculture constitue un autre domaine de coopération potentiel. Les besoins liés à la gestion de l’eau, à l’irrigation, à la modernisation des exploitations et à la valorisation des productions agricoles ouvrent des possibilités de collaboration entre entreprises, investisseurs et professionnels des deux pays.
Le développement de projets communs pourrait notamment contribuer à améliorer les rendements, à limiter les pertes et à renforcer les capacités de transformation et de commercialisation des produits agricoles. Dans un contexte marqué par les contraintes hydriques et les changements climatiques, l’échange d’expertise et l’accès à des technologies adaptées représentent des enjeux importants.
Les énergies renouvelables, un axe de coopération à développer
La transition énergétique offre également des possibilités de rapprochement entre les deux pays. L’expérience espagnole dans le développement des énergies renouvelables pourrait favoriser des partenariats portant sur l’énergie solaire, l’efficacité énergétique et les solutions de stockage.
Pour la Tunisie, l’enjeu est de mobiliser des financements et des compétences permettant de soutenir les investissements, de réduire les coûts énergétiques des entreprises et d’améliorer leur compétitivité.
Des projets associant investisseurs, entreprises industrielles et prestataires de services pourraient contribuer à accélérer cette transition, à condition de reposer sur des mécanismes de financement adaptés et sur des retombées économiques clairement identifiées.
La coopération pourrait aussi s’étendre à la formation des compétences, à l’ingénierie et à la maintenance des équipements, afin de renforcer les capacités locales et de favoriser la création d’emplois qualifiés.
Le secteur privé, moteur de la coopération bilatérale
La consolidation des relations économiques entre la Tunisie et l’Espagne passe également par un rapprochement plus étroit entre les entreprises des deux pays.
Les structures de coopération économique, dont la Chambre tuniso-espagnole de commerce et d’industrie, peuvent faciliter la recherche de partenaires, l’identification de débouchés commerciaux et l’accompagnement des entreprises souhaitant investir ou développer leurs activités à l’étranger.
Pour les entreprises tunisiennes, les partenariats avec des opérateurs espagnols peuvent représenter une occasion d’accéder à de nouveaux marchés, de renforcer leurs capacités techniques et d’améliorer leurs produits. Pour les investisseurs espagnols, la Tunisie peut offrir des possibilités de développement dans plusieurs secteurs productifs et servir de point d’appui pour explorer les débouchés régionaux.
La concrétisation de ces opportunités suppose néanmoins une meilleure visibilité sur les conditions d’investissement, des procédures accessibles et un accompagnement efficace, notamment pour les petites et moyennes entreprises.
Transformer le potentiel en résultats concrets
La proximité géographique, les relations économiques existantes et la diversité des secteurs concernés offrent une base pour approfondir le partenariat tuniso-espagnol. Toutefois, le renforcement de cette relation dépendra de la capacité des deux pays à transformer les échanges commerciaux en projets d’investissement durables.
La réduction du déficit commercial tunisien constitue un enjeu important, qui nécessite notamment de soutenir les exportations, de diversifier les produits vendus en Espagne et d’améliorer la compétitivité des entreprises tunisiennes.
Parallèlement, l’attraction de nouveaux investissements espagnols dans les activités productives pourrait contribuer à développer les capacités industrielles, à favoriser le transfert de compétences et à créer des emplois.
L’objectif est ainsi de construire une coopération économique davantage fondée sur la complémentarité des deux économies, la création de valeur ajoutée et le développement de partenariats durables. Pour la Tunisie comme pour l’Espagne, la prochaine étape consiste à faire émerger des projets concrets, capables de renforcer les échanges et de générer des retombées économiques mesurables.












































