Le président russe Vladimir Poutine a annoncé ce jeudi 24 février 2022 une opération militaire en Ukraine pour défendre les séparatistes de l’est du pays et « démilitariser et dénazifier » son voisin pro-occidental.
Le président ukrainien a appelé ses concitoyens à ne pas paniquer face à l’offensive russe qui frappe leur pays, annonçant par ailleurs l’introduction de la loi martiale et la fermeture de son espace aérien. « Pas de panique, nous sommes prêts pour tout, nous allons vaincre », a déclaré Volodymyr Zelensky dans un message vidéo sur Facebook, ajoutant que la Russie avait effectué des frappes contre des infrastructures militaires et des garde-frontières, au Nord et à l’Est du pays.
Vers 7 h, l’Ukraine a d’ailleurs affirmé qu’elle avait abattu cinq avions et un hélicoptère russes.
Des explosions à Kiev, Odessa, et dans plusieurs villes de l’Est
Peu après la déclaration surprise du maître du Kremlin, au moins deux puissantes explosions ont été entendues à Kiev, dans le centre-ville de la capitale, suivies de sirènes d’avertissement anti-bombardement.
Dans la ville portuaire de Marioupol, plus grande ville ukrainienne proche de la zone de front avec près d’un demi-million d’habitants, plusieurs personnes ont indiqué à l’AFP entendre des bombardements d’artillerie depuis le quartier situé dans l’est de la ville.
Plus près du front du conflit de l’est opposant depuis huit ans séparatistes prorusses et forces ukrainiennes, à Kramatorsk, ville qui sert aussi de quartier général à l’armée ukrainienne, au moins quatre explosions puissantes ont également été entendues par des journalistes de l’AFP.
À 600 km de là, au sud de l’Ukraine, dans la ville portuaire d’Odessa, des explosions ont aussi retenti, tout comme à Kharkiv près de la frontière russe et à Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine.
Poutine ne veut pas « l’occupation » de l’Ukraine
« J’ai pris la décision d’une opération militaire », a fait savoir Vladimir Poutine dans une déclaration surprise à la télévision peu avant 4 h du matin. Assis à un bureau en bois sombre, il a promis de conduire « au tribunal ceux qui ont commis de nombreux crimes, responsables de l’effusion de sang de civils, notamment des citoyens russes ».
Le chef du Kremlin a appelé les militaires ukrainiens « à déposer les armes », assurant qu’ils pourront alors « quitter le champ de bataille sans entrave ».
Il a ensuite certifié ne pas vouloir « l’occupation » de l’Ukraine, mais sa « démilitarisation ».
Menaces de ripostes en cas d’ingérence étrangère
Puis, Vladimir Poutine s’est adressé à ceux « qui tenteraient d’interférer ». « Ils doivent savoir que la réponse de la Russie sera immédiate et conduira à des conséquences que vous n’avez encore jamais connues » a-t-il prévenu.
« Je suis sûr que les soldats et officiers de la Russie rempliront leur devoir avec courage », a également clamé le maître du Kremlin, ajoutant que « la sécurité du pays est garantie ».
Le Kremlin a annoncé plus tôt en soirée avoir reçu des séparatistes pro russes un appel à l’aide lui demandant de « repousser » l’armée ukrainienne, signe supplémentaire d’une possible intervention militaire russe en Ukraine malgré des sanctions et un tollé international.
Attaque en pleine réunion du Conseil de sécurité de l’ONU
Les États-Unis déposeront jeudi un projet de résolution sur la table du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant la Russie pour sa « guerre » en Ukraine, a annoncé mercredi soir l’ambassadrice américaine à l’ONU, Linda Thomas-Greenfield.
Un responsable américain a précisé sous couvert de l’anonymat à l’AFP qu’un vote était attendu en principe vendredi.
« Poutine a livré un message de guerre dans un mépris total pour la responsabilité de ce Conseil. C’est une grave urgence. Le Conseil devra agir et nous mettrons une résolution sur la table demain », a signalé Linda Thomas-Greenfield lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité, au cours de laquelle les ambassadeurs représentant les 15 pays membres de cette instance ont appris l’intervention militaire russe en Ukraine.
Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a par ailleurs indiqué que les membres de l’alliance se réuniraient pour évaluer les conséquences des « actions agressives » de Moscou.
Les dirigeants des 27 pays de l’Union européenne devaient, de leurs côtés, se réunir en sommet ce jeudi soir.
Le prix du baril de pétrole dépasse les 100 dollars
Peu après le discours de Vladimir Poutine ce jeudi matin, le prix du baril de pétrole a dépassé les 100 dollars et la Bourse de Hong Kong chutait de plus de 3%.
Dans un discours personnel et plein d’émotion en langue russe, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait, quelques heures avant que Poutine ne s’exprime à son tour à la télévision, appelé la société civile en Russie à faire pression sur ses dirigeants pour prévenir une « grande guerre en Europe ».
« Les Russes veulent-ils la guerre ? J’aimerais tant connaître la réponse à cette question. Et cette réponse dépend de vous, citoyens de la Fédération de Russie » a-t-il dit, accusant Moscou d’avoir déployé 200 000 hommes pour attaquer son pays et révélant avoir tenté de parler, sans succès, à Vladimir Poutine.
Cinq millions de personnes pourraient être déplacées
Beaucoup redoutent que la crise en Ukraine ne mène au plus grave conflit en Europe depuis 1945. Une intervention russe pourrait se traduire par « jusqu’à cinq millions de personnes supplémentaires déplacées », a averti l’ambassadrice américaine à l’ONU, Linda Thomas-Greenfield.
« Renvoyez vos troupes, vos chars d’assaut, vos avions en Russie ! », a lancé la diplomate. « Évitez l’abîme avant qu’il ne soit trop tard », a-t-elle ajouté lors de la réunion du Conseil de sécurité.
Juste avant l’annonce de l’intervention militaire par Vladimir Poutine, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres avait imploré le président russe d’ « empêcher (ses) troupes d’attaquer l’Ukraine ».
Avec AFP












































