La masse salariale de l’État tunisien devrait atteindre 27,349 milliards de dinars en 2027, contre 25,267 milliards de dinars prévus pour 2026, soit une progression de 8,2 %. Ces estimations figurent dans un document accompagnant le projet de loi de finances (PLF) pour 2027.
Selon les données présentées, les rémunérations des agents publics représenteraient 39,7 % des dépenses de l’État, hors remboursement du principal de la dette, et 13,7 % du produit intérieur brut (PIB).
Cette augmentation s’explique notamment par les mesures destinées à soutenir l’emploi, à régulariser certaines situations professionnelles précaires et à financer les revalorisations salariales prévues dans le secteur public pour la période 2026-2028, conformément à l’article 15 de la loi de finances pour 2026.
Plus de 32 000 nouveaux postes programmés
Le projet de budget pour 2027 prévoit la création de 32 557 postes supplémentaires dans les différents secteurs publics.
L’éducation et l’enseignement supérieur arrivent en tête des secteurs concernés, avec 7 388 postes, soit 22,7 % du total. Le programme de régularisation de la situation des ouvriers de chantiers âgés de plus de 45 ans bénéficie, quant à lui, de 5 663 postes.
Le ministère de l’Intérieur devrait obtenir 4 736 postes, suivi de la Défense nationale avec 3 704 postes et du ministère de la Santé avec 4 000 postes.
Les autres créations et régularisations se répartissent entre le ministère de l’Agriculture (1 300 postes), celui de la Justice (1 277), les secteurs de la Jeunesse, des Sports et de la Culture (1 221), ainsi que le ministère des Finances (1 028).
Par ailleurs, 740 postes sont prévus pour la régularisation de la situation des docteurs, tandis que 1 500 postes supplémentaires seront affectés aux autres secteurs.
L’éducation concentre 30 % des dépenses salariales
Avec une enveloppe de 8,220 milliards de dinars, le secteur de l’éducation absorbera la part la plus importante de la masse salariale prévue pour 2027, soit environ 30 % du total.
Le ministère de l’Intérieur arrive en deuxième position avec 4,404 milliards de dinars, représentant 16 % de l’enveloppe. Il est suivi par la Défense nationale, avec 3,307 milliards de dinars, et par la Santé, qui devrait bénéficier de 3,172 milliards de dinars. Ces deux derniers secteurs représentent chacun environ 12 % des dépenses salariales.
L’enseignement supérieur et la recherche scientifique devraient recevoir 1,785 milliard de dinars, soit 6 % du total, tandis que le ministère des Finances disposerait de 1,321 milliard de dinars, équivalant à 5 %.
Les ministères de la Justice, de l’Agriculture, ainsi que de la Jeunesse et des Sports se verraient attribuer chacun environ 3 % de l’enveloppe globale.
Enfin, les autres secteurs et les entreprises publiques représenteraient ensemble 2,778 milliards de dinars, soit près de 10 % des dépenses salariales programmées.
Un poids dans le PIB relativement stable
Le document budgétaire fait également ressortir une diminution progressive du poids de la masse salariale dans le PIB au cours des dernières années, malgré l’augmentation des montants consacrés aux rémunérations publiques.
En 2021, la masse salariale s’élevait à 21,182 milliards de dinars, représentant 15,3 % du PIB. Ce ratio est passé à 15,1 % en 2022, pour un montant de 21,125 milliards de dinars, puis à 14,5 % en 2023, avec 21,703 milliards de dinars.
En 2024, les dépenses salariales ont atteint 22,273 milliards de dinars, soit 13,9 % du PIB. L’année 2025 a enregistré un montant de 23,281 milliards de dinars, correspondant à un ratio de 13,6 %.
Pour 2026, la part de la masse salariale est estimée à 13,7 % du PIB. Selon les projections du projet de loi de finances, ce niveau devrait se maintenir en 2027, malgré une hausse attendue des dépenses de rémunération.
Ces prévisions traduisent ainsi une augmentation des crédits consacrés aux agents publics, parallèlement à une stabilisation de leur poids relatif dans la richesse nationale.










































