Sur le site d’enfouissement de Ginestreto, situé dans la commune de Sogliano al Rubicone (Émilie-Romagne, Italie), la gestion des déchets s’inscrit dans une démarche environnementale rigoureuse et circulaire. Rencontré sur place, Paolo Turci, Responsable du secteur décharges chez Sogliano Ambiente, explique la méthodologie et le fonctionnement technologique permettant d’optimiser le traitement des résidus ultimes tout en valorisant les sous-produits issus de leur décomposition.
Une sélection stricte des matériaux enfouis
Conformément aux directives et aux besoins de planification régionale, le site de Ginestreto a été aménagé pour participer au traitement et à l’élimination des matières non réutilisables.
Seuls les déchets ultimes — c’est-à-dire ceux qui ne peuvent faire l’objet ni d’un recyclage ni d’un compostage — sont acheminés vers cette décharge. Les matières recyclables ou compostables sont systématiquement dirigées vers d’autres installations spécialisées afin de maximiser la valorisation de la matière en amont.
Choix du site et étanchéification naturelle et synthétique
La sélection de la zone géographique de Ginestreto répond à des critères stricts d’impact territorial et environnemental :
Absence de nuisances riveraines : Le site est situé dans un secteur isolé. Même si la décharge génère un trafic de véhicules lourds et des opérations techniques, son emplacement déshabité évite toute nuisance sonore ou d’odeur pour les populations locales.
Confinement naturel : Lors des phases d’excavation préparatoires et des sondages géologiques, un matériau naturellement imperméable typique du sol de l’Émilie-Romagne a été identifié.
Étanchéité renforcée : En complément du fond argileux naturel, la zone est dotée d’une membrane d’étanchéité artificielle avant tout dépôt de déchets, garantissant une protection totale des sols et des nappes phréatiques.
Capture du biogaz et production d’électricité
Une fois les déchets déposés, compactés et recouverts de manière continue, ils se retrouvent confinés dans un milieu totalement anaérobie (privé d’oxygène). La dégradation biologique de la matière organique génère alors deux sous-produits principaux : du gaz (biogaz) et des jus de percolation (lixiviat).
Extraction et filtration : Un réseau de drainages et de tuyaux perforés est inséré au cœur du massif de déchets pour aspirer continuellement le biogaz produit.
Traitement cryogénique : Le gaz capté passe par un système de refroidissement cryogénique, des déshydrateurs et des filtres spécifiques afin d’être purifié.
Valorisation énergétique : Le biogaz purifié alimente ensuite quatre moteurs à combustion installés dans l’usine du site, générant directement de l’électricité réinjectée ou utilisée pour les activités industrielles.

Traitement des lixiviats et recyclage de l’eau
Parallèlement au gaz, les liquides de percolation (lixiviats) accumulés au fond du casier sont pompés et envoyés vers une station de traitement dédiée. Grâce à un procédé de concentration et de purification :
-85 % du volume est transformé en eau propre et rejeté en toute sécurité dans les cours d’eau voisins.
-15 % restants, correspondant à la fraction concentrée des polluants, sont expédiés vers des centres extérieurs spécialisés pour un traitement ultérieur ultime.
Une technologie simple et facilement réplicable
Comme le souligne Paolo Turci, cette approche intégrée repose sur des procédés techniques éprouvés, robustes et hautement efficaces. Offrant une solution concrète et maîtrisée pour la gestion des déchets ultimes, ce modèle de décharge éco-gérée et valorisatrice d’énergie constitue une solution facilement exportable et bénéfique pour la protection de l’environnement.










































