En présence de Madame Amina Srarfi, ministre des Affaires culturelles, la cinquième soirée de la 60ème édition du Festival International de Carthage a célébré le patrimoine musical tunisien à travers « Musiques de mon pays », un spectacle inédit présenté par l’Orchestre Symphonique Tunisien sous la direction de Chadi Garfi.
Conçu en hommage aux soixante éditions du festival, ce concert a proposé une relecture orchestrale des plus grandes œuvres de la chanson tunisienne, faisant dialoguer plusieurs générations d’artistes autour d’un répertoire devenu une référence de la mémoire musicale nationale, avec la participation de l’artiste palestinienne Rola Azar en qualité d’invitée d’honneur.
Le spectacle s’est ouvert sur un ballet chorégraphié. Vêtues de longues robes blanches, les danseuses ont investi la scène, leurs mouvements évoquant un envol d’oiseaux, dans une chorégraphie empreinte de légèreté.
L’Orchestre Symphonique Tunisien a ensuite fait son entrée au son de « Sir Tounes » de Chedly Mefteh, revisitée dans un arrangement orchestral signé Chadi Garfi. Cette séquence inaugurale a immédiatement installé l’univers artistique de la soirée, donnant le coup d’envoi à un voyage musical à travers plus d’un demi-siècle de création tunisienne.
Après cette ouverture, Noureddine El Beji a été le premier à rejoindre la scène. Il a interprété « Fi Ouyounak Nar », l’une des œuvres marquantes de Mohamed Jamoussi, avant de poursuivre avec « Chahloula » d’Ahmed Hamza.
Arij Braik lui a succédé avec « Ech Yhem », composée par Mohamed Sassi, puis « Mahboubi El Ghali » de Mohamed Ridha.
Ahmed Rebai a ensuite interprété deux classiques incontournables : « Bou Said El Ali », d’Ali Riahi, puis « Donia Zina » de Hédi Jouini. Deux interprétations qui ont rappelé l’influence durable de ces figures majeures sur l’histoire de la musique tunisienne.
Asma Ben Ahmed a poursuivi ce parcours musical avec « Zahr El Laymoun » de Mohamed Triki et « Awdetni Al wed » d’Abdelkrim Sahabou.
L’un des moments les plus marquants de la soirée est intervenu avec l’entrée sur scène de la chanteuse palestinienne Rola Azar, invitée d’honneur de cette création. Son interprétation de « Hedhih Ardhi » a insufflé au spectacle une profonde charge émotionnelle, suscitant un recueillement perceptible dans les gradins avant de laisser place à de longs applaudissements. Au-delà de sa dimension artistique, cette prestation a revêtu une portée hautement symbolique, faisant écho aux liens historiques, culturels et humains qui unissent la Tunisie et la Palestine. À travers cette chanson empreinte d’attachement à la terre et à l’identité, le Festival International de Carthage a réaffirmé sa vocation de lieu de dialogue entre les peuples, où la musique devient un langage universel d’expression, de mémoire, de solidarité et d’espoir.
La seconde partie du concert a poursuivi cette traversée du patrimoine musical tunisien. Noureddine El Beji est revenu sur scène pour interpréter « Ki Ydhik Bik Dahr », de Sadok Thraya, tandis qu’Ahmed Rebai a repris « Ah Mel Inin », œuvre de Kadour Srarfi.
Asma Ben Ahmed a ensuite proposé « Ma Ahla Layali Ichbilia », avant qu’Arij Braik ne fasse revivre « Donia Henia », l’une des compositions les plus connues de Salah El Mehdi.
La scène a ensuite accueilli Nesrine Mahbouli, qui a donné une nouvelle couleur à « Guitara » de Youssef Hajjaj, avant d’interpréter « Yasmine » de Kamel Raouf Naguati.
Le spectacle s’est achevé avec Chokri Bouzayen, qui a interprété « Kaess Essabr », composée par Samir Agrebi, avant de conclure la soirée avec « Ma Sabni », dont il est à la fois le compositeur et l’interprète. Une fin empreinte d’émotion qui a suscité de longs applaudissements de la part d’un public conquis.
Tout au long de la soirée, l’Orchestre Symphonique Tunisien a confirmé son rôle de passeur de mémoire en proposant une lecture renouvelée d’œuvres ayant marqué plusieurs générations. Sous la direction de Chadi Garfi, les arrangements orchestraux ont permis de redécouvrir ces compositions sous un angle nouveau, sans jamais trahir leur essence, tout en mettant en valeur la richesse de l’écriture musicale tunisienne.
Conçu comme un hommage aux soixante ans du Festival International de Carthage, « Musiques de mon pays » a rappelé que le patrimoine musical tunisien demeure une source d’inspiration toujours vivante. En réunissant compositeurs, interprètes, musiciens et danseurs autour d’une même scène, le spectacle a mis en lumière la continuité d’une création musicale qui traverse les générations et continue d’occuper une place essentielle dans la mémoire culturelle du pays.















































