La Tunisie conserve sa note souveraine « B- » chez Fitch Ratings, avec une perspective stable. Si cette décision écarte, pour l’heure, le risque d’une nouvelle dégradation, les projections de l’agence continuent de pointer les fragilités des finances publiques et les importants besoins de financement du pays.
Pas de changement de notation pour la Tunisie. Fitch Ratings a confirmé la note souveraine du pays à « B- », tout en maintenant une perspective stable. Une décision qui traduit une certaine stabilité du risque souverain, mais qui ne signifie pas pour autant une amélioration notable des principaux équilibres économiques.
L’agence prévoit un déficit budgétaire de 6,4 % du PIB en 2026, un niveau qui reste élevé par rapport à la moyenne des pays bénéficiant d’une note similaire. Dans le même temps, la dette publique devrait atteindre environ 85 % du PIB, avant de rester globalement à ce niveau au cours des prochaines années.
La facture énergétique reste un point de vigilance
Parmi les principaux risques identifiés figure la dépendance de la Tunisie à l’évolution des prix internationaux de l’énergie.
Une hausse des cours du pétrole pourrait rapidement se répercuter sur les dépenses publiques, notamment à travers les mécanismes de subvention. Fitch estime ainsi que le coût des subventions aux carburants pourrait progresser de 0,8 point de PIB en 2026.
Cette pression ne concerne pas uniquement le budget de l’État. Elle pourrait également peser sur les comptes extérieurs. Le déficit courant est ainsi attendu à 3,9 % du PIB cette année, avant une amélioration prévue en 2027 et 2028, notamment dans l’hypothèse d’une baisse ou d’une stabilisation des prix du pétrole.
Les recettes provenant des exportations d’huile d’olive ainsi que les performances du secteur des services devraient toutefois contribuer à amortir cette pression.
Une dette exposée aux fluctuations du dinar
La structure de la dette constitue un autre facteur de vulnérabilité. Près de 40 % de la dette publique tunisienne serait libellée en devises étrangères, selon les estimations de Fitch.
Cette situation rend les finances publiques sensibles aux mouvements du taux de change. Une baisse du dinar face à l’euro ou au dollar peut en effet augmenter mécaniquement, en monnaie locale, le poids des remboursements de la dette extérieure.
À cela s’ajoutent des besoins de financement qui restent importants. Pour 2026, ils sont estimés à près de 27 milliards de dinars, dans un contexte où les ressources mobilisées sur le marché intérieur et le financement auprès de la Banque centrale prennent une place croissante.
Un remboursement qui rassure sur la capacité à honorer la dette
La Tunisie dispose néanmoins de certains éléments favorables. Fitch relève notamment le remboursement, en juillet 2026, d’un eurobond de 700 millions d’euros arrivé à échéance.
Cette opération constitue un signal positif sur la capacité du pays à respecter ses engagements extérieurs, alors même que son accès aux marchés financiers internationaux demeure limité.
Une croissance encore trop faible
Le principal défi reste toutefois celui de la croissance. Fitch table sur une progression réelle de l’économie d’environ 2 % en moyenne entre 2026 et 2028.
Un rythme qui devrait permettre de soutenir l’activité, mais qui reste insuffisant pour réduire rapidement le poids de la dette et résorber les déséquilibres budgétaires.
La confirmation de la note « B- » apparaît donc davantage comme un maintien du statu quo que comme le signe d’un véritable redressement. La trajectoire économique tunisienne restera notamment tributaire de l’évolution des prix de l’énergie, des conditions de financement de l’État et de la capacité du pays à relancer durablement la croissance.











































