Le lundi 20 janvier, après son investiture, Donald Trump a signé un décret ordonnant le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, qualifiant ce texte de « nouvelle arnaque verte ».
Le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris constitue un revers significatif pour les efforts internationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Cependant, pour l’Afrique, où les besoins en financement climatique sont critiques, cette décision pourrait avoir des conséquences particulièrement défavorables. La diminution des contributions américaines aux fonds internationaux et l’érosion du multilatéralisme climatique pourraient ralentir considérablement le continent dans sa transition énergétique.
Depuis la signature de l’Accord de Paris le 12 décembre 2015 et son entrée en vigueur le 4 novembre 2016., les pays développés se sont engagés à mobiliser 100 milliards de dollars par an pour soutenir les nations en développement dans leurs efforts de transition énergétique et d’adaptation aux effets du changement climatique. Bien que cette promesse soit encore en cours de réalisation, les États-Unis, deuxième plus grand émetteur mondial de gaz à effet de serre, ont toujours été perçus comme un contributeur essentiel à cet effort.
Sous la présidence de Joe Biden, Washington avait réaffirmé son engagement en matière de climat, en annonçant en 2023 un versement de 3 milliards de dollars au Fonds vert pour le climat (GCF), principal mécanisme de soutien aux pays en développement. Il demeure incertain si tout ou partie de cette somme a déjà été libérée.
De plus, l’administration Biden s’était engagée à collaborer avec le Congrès pour porter le financement public international des États-Unis en faveur du climat à 11,4 milliards de dollars par an. « Ce n’est pas de la charité, c’est de la justice. Les pays qui contribuent le moins à la crise climatique sont ceux qui souffrent le plus et qui ont le moins de ressources pour y faire face. En tant que grand émetteur mondial de polluants climatiques, les États-Unis doivent assumer la responsabilité qui leur incombe de les soutenir », avait déclaré Joe Biden.
Avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, ce soutien risque d’être brutalement interrompu, comme ce fut déjà le cas lors de son premier mandat (2017-2021), où il avait cessé toute contribution au GCF.
L’Afrique est particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique. Les sécheresses prolongées, les inondations, l’érosion côtière et la baisse des rendements agricoles mettent en péril des millions de vies et entravent le développement économique du continent. Pour relever ces défis, les États africains nécessitent d’importants investissements, notamment pour financer les infrastructures énergétiques à faible émission de carbone et améliorer l’accès à une électricité durable.
L’absence de leadership américain pourrait affaiblir la dynamique internationale en matière de financement climatique. Cela pourrait se traduire par une réduction des investissements dans les énergies renouvelables, alors même que l’Afrique souhaite exploiter son immense potentiel solaire et éolien, par un ralentissement des projets d’adaptation, en particulier dans l’agriculture et la gestion de l’eau, ainsi que par un risque accru de surendettement pour les États africains, qui devront se tourner vers d’autres sources de financement, souvent plus onéreuses.
Concernant la Chine, bien qu’elle soit le premier investisseur mondial dans les énergies renouvelables, elle n’a pas encore pris la relève du financement climatique à l’échelle mondiale. Ce vide pourrait compromettre l’atteinte des objectifs climatiques fixés par l’Accord de Paris.
Dans ce nouveau contexte, les États africains devront réévaluer leur stratégie pour sécuriser les financements nécessaires à leur transition énergétique. Plusieurs options s’offrent à eux : renforcer les financements locaux et régionaux en s’appuyant davantage sur les banques de développement africaines et sur des partenariats public-privé, diversifier les sources de financement en attirant des investisseurs privés et en développant des mécanismes innovants tels que les obligations vertes, ou encore accroître la coopération Sud-Sud en sollicitant un soutien accru auprès d’acteurs comme la Chine, l’Inde et les pays du Golfe, qui intensifient leurs investissements en Afrique.












































