Avec 332,5 millions de dollars approuvés en faveur de la Tunisie, la Banque mondiale renforce son engagement dans un secteur stratégique, celui de l’eau, devenu critique dans un contexte de stress hydrique aggravé par le changement climatique.
Si ces financements visent à améliorer l’accès à l’eau potable et à moderniser l’agriculture irriguée, ils mettent également en lumière la dépendance croissante du pays aux bailleurs internationaux pour soutenir ses infrastructures vitales.
Le programme prévoit notamment l’extension de l’usine de dessalement de Zarat et la modernisation des réseaux de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux, confrontée à des pertes importantes et à des défis de gouvernance. Toutefois, le recours accru au dessalement, solution coûteuse et énergivore, pose la question de la soutenabilité à long terme.
Dans le secteur agricole, les investissements dans l’irrigation visent à améliorer la productivité, mais interrogent également sur la gestion des ressources hydriques dans un pays où l’agriculture reste l’un des principaux consommateurs d’eau.
Au-delà des retombées positives attendues — accès amélioré pour 2,3 millions de personnes et création d’emplois — ces projets soulignent l’urgence de réformes structurelles, notamment en matière de gouvernance de l’eau, d’efficacité des réseaux et de transition vers des modèles plus sobres.
La prochaine phase du programme, qui devrait intégrer l’assainissement avec l’Office national de l’assainissement, sera déterminante pour juger de la capacité de la Tunisie à adopter une approche intégrée et durable de la gestion de l’eau.













































