Dans un contexte mondial marqué par l’intensification des tensions géopolitiques, la volatilité des marchés internationaux et des pressions accrues sur les finances publiques, la nouvelle note de l’IACE analyse les répercussions de ces chocs sur l’économie tunisienne. Au-delà du diagnostic, elle propose des mesures de soutien à court terme ainsi que des réformes structurelles prioritaires pour relancer durablement la croissance.
Une conjoncture internationale de plus en plus instable
La nouvelle note de l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE) dresse un constat d’un environnement mondial marqué par une incertitude croissante. Les tensions géopolitiques récentes, la volatilité des prix de l’énergie et les perturbations du commerce international ont profondément modifié les équilibres économiques mondiaux.
Selon l’institut, cette instabilité s’est accentuée depuis la guerre en Ukraine en 2022, qui a fortement perturbé les chaînes d’approvisionnement mondiales, notamment pour les hydrocarbures et les produits agricoles. À cela s’ajoutent les tensions commerciales, les politiques industrielles protectionnistes et la fragmentation progressive de l’économie mondiale en blocs concurrents.
Une économie tunisienne particulièrement exposée
Dans ce contexte, la Tunisie apparaît particulièrement vulnérable en raison de sa forte dépendance aux importations d’énergie et de produits alimentaires. Les fluctuations des prix internationaux, notamment du pétrole et du gaz, ont un impact direct sur les équilibres macroéconomiques du pays.
Les perturbations des routes maritimes et la hausse des coûts logistiques viennent également aggraver la situation, en renchérissant les importations et en pesant sur la balance commerciale.
Une croissance sous pression
La croissance économique tunisienne, déjà affaiblie depuis 2011, a subi deux chocs majeurs récents : la pandémie de Covid-19 et la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine.
Après un léger redressement en 2024 et 2025, porté notamment par le secteur agricole, les perspectives restent fragiles. Selon les analyses, la croissance pourrait se stabiliser autour de 1 % en 2026-2027, un niveau insuffisant pour absorber la pression démographique et réduire durablement le chômage.
Ce ralentissement s’explique par la hausse des coûts internationaux, le ralentissement de la croissance européenne — principal partenaire économique de la Tunisie — ainsi que les contraintes budgétaires internes.
Une inflation toujours sous surveillance
Après un pic en 2022, l’inflation a connu une baisse relative en 2024-2025. Toutefois, elle reste alimentée par les tensions sur les marchés mondiaux de l’énergie et par des déséquilibres structurels entre l’offre et la demande sur le marché local.
L’IACE souligne que la politique de subvention et de contrôle des prix a permis de contenir partiellement l’inflation, mais au prix d’une pression accrue sur les finances publiques.
Des finances publiques et extérieures fragilisées
La hausse des prix des hydrocarbures entraîne une augmentation importante des coûts de compensation supportés par l’État. Cette situation accentue les besoins de financement budgétaire dans un contexte de marges limitées.
Sur le plan extérieur, le déficit courant se creuse sous l’effet combiné de la hausse des importations énergétiques, de la baisse relative des exportations vers l’Europe et de l’augmentation des coûts de transport et d’assurance.
Les recettes touristiques et les transferts des Tunisiens résidant à l’étranger continuent néanmoins de jouer un rôle stabilisateur, sans toutefois compenser entièrement le déséquilibre commercial.
Des mesures de soutien et des réformes structurelles nécessaires
Face à cette situation, la note de l’IACE appelle à la mise en place de mesures de soutien à court terme pour préserver la stabilité macroéconomique et soutenir les entreprises.
Parallèlement, elle insiste sur la nécessité de réformes structurelles profondes visant à améliorer le climat des affaires, renforcer la compétitivité et stimuler l’investissement privé.
L’institut souligne que la reprise économique durable dépendra de la capacité du pays à adapter ses politiques économiques à un environnement mondial de plus en plus incertain.
Dans un contexte international marqué par des chocs successifs et une forte incertitude, la Tunisie fait face à des défis économiques majeurs. Si la situation actuelle pèse sur la croissance et les équilibres macroéconomiques, elle peut également constituer une opportunité pour accélérer les réformes structurelles.
Pour l’IACE, la résilience économique du pays passera par une meilleure anticipation des chocs, une diversification des sources de croissance et une gouvernance économique plus efficace et plus agile.
Par la Rédaction













































