Des documents confidentiels ont été découverts dans un ancien bureau de Joe Biden, puis dans deux résidences privées. Alors que les présidents et vice-présidents américains sont obligés de transmettre tous leurs documents aux Archives nationales, cette affaire est embarrassante pour le président démocrate. D’autant qu’un procureur spécial a été nommé pour enquêter sur ce dossier.
Que reproche-t-on exactement à Joe Biden ? Comment se défend-il ? Cette situation est-elle comparable avec celle de Donald Trump, lui aussi accusé d’avoir gardé des documents confidentiels ? On fait le point sur cette affaire en quatre questions.
1. De quoi parle-t-on ?
Lundi 9 janvier, une dizaine de documents confidentiels ont été découverts au Penn Biden Center, un cercle de réflexion de Washington où Joe Biden possédait autrefois un bureau.
À la suite de cette découverte, ses avocats ont inspecté ses deux résidences privées, où des archives « auraient pu être transférées pendant la transition de 2017 », a expliqué dans un communiqué l’avocat de la présidence, Richard Sauber.
Ils ont retrouvé « un petit nombre de documents supplémentaires datant de l’administration Obama-Biden et classés confidentiels », qui étaient dans le garage de sa maison de Wilmington, dans le Delaware, et dans une pièce adjacente, a-t-il précisé. Le degré de classification de ces documents n’est pas encore connu.
Aucun document n’a été retrouvé dans sa résidence de la ville balnéaire de Rehoboth, dans cet État de la côte est, a ajouté Richard Sauber.
2. Quel est le problème ?
Une loi de 1978 oblige les présidents et vice-présidents américains à transmettre l’ensemble de leurs lettres, e-mails et autres documents de travail aux Archives nationales.
Ces révélations sont embarrassantes pour le président démocrate, qui n’a de cesse de vanter son éthique, alors que les autorités enquêtent depuis des mois sur la gestion par son prédécesseur républicain Donald Trump de ses propres archives présidentielles.
L’opposition à Biden, craignant qu’il ne bénéficie d’un traitement de faveur, a immédiatement souhaité ouvrir une enquête parlementaire et s’est empressée de dénoncer une justice à deux vitesses. « C’est un nouveau faux pas de l’administration Biden qui […] traite le président Trump d’une façon et le président Biden d’une autre », a lancé le président républicain de la Chambre des représentants Kevin McCarthy, pour qui « le Congrès doit enquêter sur cette affaire ».
« Vous vous rappelez comment la gauche avait réagi quand le président Trump a emporté de prétendus documents confidentiels chez lui ? Elle est drôlement silencieuse aujourd’hui », a par exemple commenté l’élu républicain de la Chambre, Jim Jordan, un fidèle lieutenant de Donald Trump.
3. Comment Joe Biden se défend-t-il ?
La Maison Blanche a tenté de relativiser l’ampleur des découvertes en évoquant seulement « un petit nombre de documents ». La Maison Blanche soutient également que, si des erreurs ont été faites, l’administration les a au moins immédiatement rectifiées.
De son côté, le président des États-Unis a assuré « coopérer pleinement » avec la justice américaine lors d’un bref échange avec la presse. L’avocat de la Maison Blanche a assuré que le ministère de la Justice avait immédiatement été informé afin qu’il prenne possession des dossiers. Pour désamorcer les accusations d’ingérence politique, le ministre de la Justice Merrick Garland a confié l’affaire à un procureur de Chicago nommé sous l’administration Trump.
Joe Biden a répondu qu’il s’exprimerait « bientôt, si Dieu le veut » sur le sujet. « Par ailleurs, ma Corvette est dans un garage fermé. […] Ce n’est pas comme si elle était dans la rue », a ajouté le démocrate de 80 ans, en référence à sa voiture préférée, une décapotable vert bouteille datant des années 1960.
« Nous sommes certains qu’une enquête minutieuse montrera que ces documents ont été déplacés par inadvertance et que le président et ses avocats ont agi promptement lorsqu’ils ont découvert cette erreur », a indiqué Richard Sauber dans un communiqué.
4. Est-ce comparable au scandale qui avait touché Donald Trump ?
Un scandale autour de documents confidentiels avait touché Donald Trump. En quittant la Maison Blanche en janvier 2021, l’ancien président républicain avait emporté des boîtes entières de documents. Après avoir été prié de les restituer, il avait rendu une quinzaine de cartons en janvier 2022.
Mais après examen, la police fédérale avait estimé qu’il en conservait probablement d’autres dans sa luxueuse résidence de Mar-a-Lago en Floride. La police fédérale avait mené en août une perquisition spectaculaire dans le club privé de Mar-a-Lago, en Floride, où le milliardaire vit depuis son départ de la Maison Blanche. Le FBI avait saisi des milliers de documents, dont une centaine classés secret défense. Donald Trump reste sous la menace d’une inculpation fédérale.
Mais après examen, la police fédérale avait estimé qu’il en conservait probablement d’autres dans sa luxueuse résidence de Mar-a-Lago en Floride. La police fédérale avait mené en août une perquisition spectaculaire dans le club privé de Mar-a-Lago, en Floride, où le milliardaire vit depuis son départ de la Maison Blanche. Le FBI avait saisi des milliers de documents, dont une centaine classés secret défense. Donald Trump reste sous la menace d’une inculpation fédérale.
Ces deux affaires sont liées à des documents confidentiels. Mais ne sont pas tout à fait comparables. Déjà, l’ampleur des documents stockés est bien différente. De plus, la plus grande différence, réside, comme l’explique le New York Times , dans la « façon dont ont réagi Donald Trump et Joe Biden ». Le premier a tout fait pour ne pas rendre les documents, quand les avocats de Joe Biden semblent avoir coopéré pleinement avec la justice.
« À la différence de Donald Trump, les avocats de Joe Biden, qui sont chargés de gérer ce type de situation, ont prévenu les Archives nationales dès qu’ils ont découvert les documents. Il n’y a pas eu besoin de requête. Au-delà d’avoir coopéré, ils se sont portés volontaires pour régler ça de la meilleure façon possible », analyse ainsi Nicole Bacharan, historienne et politologue spécialiste des États-Unis, au Figaro .
Autre différence : selon certains témoignages, Donald Trump a détruit des documents officiels, quand ces accusations n’ont jamais été portées sur Joe Biden.
Ces différences pourraient avoir une grande importance légale, note le New York Times.
Avec AFP
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