Roche Tunisie a tenu, le lundi 05 mai 2025, une table ronde scientifique sur le thème « Investir en Santé pour une meilleure prise en charge des patients en Tunisie et en Libye » à l’occasion de l’inauguration de ses nouveaux bureaux à Berges du Lac2, en présence du ministre de la santé, Dr Mustapha Ferjani, de Son Excellence M. Josef Philipp Renggli, ambassadeur de Suisse en Tunisie, et de Madame Imen Ben Abdallah, directrice chez Roche Tunisie et Libye.
Cet nouvel espace symbolise l’engagement de Roche Tunisie & Libye à collaborer avec leurs partenaires pour promouvoir une innovation durable et améliorer l’accès aux soins en Tunisie et en Libye. Au-delà d’un simple changement de lieu, il représente une étape clé pour renforcer les synergies, encourager le partage d’idées et soutenir les initiatives qui améliorent la prise en charge des patients.
Dans son discours madame Imen Ben Abdallah a souligné que Roche Tunisie et Libye compte 30 collaborateurs au sein du système de la santé.
« Grâce à notre équipe, nous connaissons un impact direct sur l’économie tunisienne, que nous évaluons par la création indirecte et induite de 530 emplois. Nous nous investissons également dans la recherche et le développement, une priorité pour nous, tant sur le plan international qu’à l’échelle tunisienne. «
En termes de résultats, depuis 2015, Roche Tunisie a réalisé 9 essais cliniques permettant à 145 patients de profiter d’innovations thérapeutiques lorsqu’aucune alternative n’est disponible. Ces essais ont été menés dans 13 établissements de santé en Tunisie, offrant à près d’une centaine de professionnels de santé l’opportunité de participer à ces projets de recherche. Roche également très engagé dans les programmes compassionnels lorsque les alternatives thérapeutiques sont absentes.
« Au cours des quatre dernières années et demie, nous avons lancé trois programmes clés bénéficiant à 17 patients, leur offrant des traitements capables de changer l’évolution de leur maladie. Nous nous réjouissons de constater l’impact que cela a, car au-delà des statistiques, il s’agit de vies humaines et d’un changement significatif que nous observons quotidiennement. Cela s’applique non seulement à la Tunisie, mais aussi en Libye, où nous avons établi plusieurs programmes de partenariat, plaçant toujours le patient au cœur de nos actions avec une ambition partagée de transformer la prise en charge thérapeutique. »
Elle a poursuivi « Ce travail collectif se fonde sur une mission commune, une philosophie qui inspire chaque membre de Roche, qui se lève chaque jour pour faire la différence, toujours en quête de mieux servir le système de santé, cherchant des pistes d’engagement et des contributions utiles. Notre rôle dépasse la simple distribution de médicaments ; nous aspirons à être de véritables partenaires de santé, jouant un rôle actif dans l’amélioration du système. Concernant les partenariats, nous sommes ravis d’avoir collaboré avec divers acteurs en Tunisie et en Libye.
En Libye :
Roche a initié deux programmes majeurs, l’un avec la MCCA, l’entité responsable du contrôle du cancer, visant à améliorer la prise en charge des patientes par le biais de sensibilisation, de diagnostic, de traitement et de suivi.
De plus, Roche a établi un partenariat sur les maladies rares, notamment pour la myopathie spinale, une pathologie tragiquement neurodégénérative et souvent fatale. « Ensemble, nous avons réussi à établir un programme transformant la prise en charge des patients. »
En Tunisie :
Roche s’efforce de réaliser des projets similaires, en identifiant les besoins actuels du système de santé :
- Un partenariat autour des registres, un projet crucial que Roche débute dans les domaines de l’oncologie et de la neurologie, avec la perspective de l’étendre par la suite.
La valeur des données cliniques est essentielle pour faire progresser les indicateurs de santé, selon ses dires.
D’autres projets de sensibilisation, notamment autour du cancer du sein et du cancer du poumon, sont également en cours.
« Nous sommes impatients de poursuivre cet engagement et souhaitons approfondir notre collaboration pour établir ensemble une vision commune, ancrée dans l’avenir de la santé en Tunisie. Nous vous remercions vivement de votre présence et sommes honorés, ravis et émus de vous accueillir parmi nous. », a-t-elle conclu .

Maturin Tchoumi, le responsable de la zone Pharma pour l’Afrique chez Roche, a déclaré lors d’une intervention en visioconférence qu’ en Tunisie, Roche a décidé de ne plus être un simple distributeur de médicaments pour une entreprise qui participe à des appels d’offres. « Nos choix stratégiques en tant qu’acteur de la santé consistent à être conviés à la table, non pas pour discuter uniquement des prix de nos médicaments ou de leur disponibilité, mais pour envisager ce que nous pouvons accomplir ensemble afin de modifier le parcours du patient, citant l’exemple de la prise en charge du cancer en ligne et la prise en charge de la dystrophie musculaire en Afrique.
Il est crucial de comprendre ce qui doit être testé dans le système de santé pour améliorer la santé en tant que contributeur au bien-être social et économique. Roche a révisé sa perception du rôle qu’elle souhaite jouer.
Nous ne sommes plus là simplement pour répondre aux besoins ; nous sommes ici pour établir des partenariats avec d’autres acteurs de la santé. »
« Pour Roche, nous cherchons à identifier ensemble les problèmes que nous pouvons résoudre afin de faire progresser l’impact sur les patients, tout en considérant l’impact sur le système et un impact acceptable . Cela revêt une importance accrue dans le contexte africain. Je fais allusion à des situations où l’aide a diminué, ou à des cas où les donateurs se retirent, comme lorsque l’administration de Trump a stoppé le financement pour la prise en charge du VIH et du cancer dans certains pays africains. En quelques semaines, certains patients ont perdu la chance de faire des tests de charge virale. C’est ici que les acteurs privés comme nous entrent en jeu dans certains pays africains, travaillant avec le système de santé pour déterminer comment nous pouvons aborder ces défis financiers. »
« Les systèmes de santé d’Afrique subsaharienne feront face à des enjeux de financement dans les mois à venir, car nous avons transformé notre vision de l’Afrique. » a-conclu le responsabale de Roche.
De son côté, l’ambassadeur de Suisse en Tunisie a souligné que dans le cadre des relations bilatérales, le volume des échanges commerciaux entre la Suisse et la Tunisie s’élève à environ 450 millions de francs par an, ce qui, bien que modeste, présente toujours un potentiel d’amélioration. « Il est indéniable que nous aspirons à faire mieux, même si cette performance initiale est déjà appréciable. »
Actuellement, 38 % de ce chiffre concerne les exportations vers la Suisse, tandis que 30 % sont attribués aux véhicules en provenance de Tunisie, associant également des produits pharmaceutiques.
Une coopération importante est mise en avant depuis longtemps pour renforcer les relations en Tunisie. Récemment, j’ai visionné une vidéo d’une première opération suisse en Tunisie datant de 1965, année de ma naissance. Ce documentaire a présenté des témoignages de ces débuts, notamment à Gabès dans le domaine de la formation professionnelle, où le centre est toujours qualifié de centre suisse. C’est fascinant d’observer l’évolution et de constater les problèmes qui prévalaient à l’époque ; il s’agissait d’un contexte complètement différent. Cela met également en lumière notre engagement de longue durée, qui s’est encore intensifié après la révolution. La santé n’est pas une priorité en ce moment en Tunisie, comme l’a mentionné Monsieur Tchoumi lors de son discours. Dans l’ensemble, la Tunisie bénéficie d’un bon état de santé et d’un système efficace. Cela signifie pour nous que certaines préoccupations de santé peuvent être moins urgentes ici que dans d’autres pays où les systèmes sont plus rudimentaires.
« Notre programme de coopération se concentre essentiellement sur des questions économiques et sur la migration. Nous venons tout juste de lancer un nouveau programme de coopération pour la période 2025-2028, garantissant ainsi la continuité de notre collaboration. En tant qu’ambassadeur de Suisse pour la Libye également, je peux témoigner de nos efforts conjoints, et il est clair que l’ambassade soutiendra l’économie Tunisienne. »
« Je crois qu’aujourd’hui, nous ne sommes pas dans la rigidité, mais nous essayons de réfléchir à ce qui a du sens et à ce que nous pouvons réaliser ensemble. Il est possible que nous ayons pris du retard, car c’est un projet que nous avons initié il y a deux ou trois ans, et lors des discussions, nous nous étions demandé à un moment s’il allait réellement se concrétiser. Cependant, nous sommes fiers de constater que cette année, nous avons effectivement commencé le lancement. Certes, ce n’est pas encore mis en œuvre, mais nous avons déjà amorcé le travail le plus crucial et nous pouvons nous réjouir des résultats que j’espère voir dans les années à venir avec les données tunisiennes, qui seront d’une aide précieuse, notamment pour le système et les décideurs, afin de prendre des décisions éclairées. », a conclu le diplomate Suisse.












































