Le gouvernorat de Tozeur vient de bénéficier d’un important financement de 45 millions de dinars, accordé sous forme de don dans le cadre d’un programme appuyé par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Une enveloppe qui intervient dans un contexte de pression climatique croissante sur les oasis du sud tunisien, considérées comme un patrimoine à la fois naturel, économique et culturel.
Ce projet cible cinq délégations de la région : Tozeur, Nefta, Degache, El Hamma du Jérid et Tamerza. L’objectif est clair : protéger les oasis anciennes, fragilisées par la raréfaction de l’eau, la hausse des températures et la dégradation progressive des sols, tout en soutenant les communautés qui en dépendent au quotidien.
Dans une région où l’oasis structure la vie économique et sociale, chaque palmeraie raconte une histoire de survie et d’adaptation. Mais ces équilibres sont aujourd’hui menacés. L’ensablement, la salinisation des sols et la pression sur les ressources hydriques mettent en danger un modèle agricole ancestral qui a longtemps fait la richesse du Jérid.
Ce financement s’inscrit dans la continuité de la stratégie nationale de développement durable des oasis, mise en place en 2015 avec l’appui du PNUD et du Fonds pour l’environnement mondial (FEM). Cette stratégie repose sur quatre piliers essentiels : une meilleure gouvernance des territoires oasiens, une gestion plus durable de l’eau et des sols, la préservation de la biodiversité et la diversification des activités économiques.
Concrètement, les actions prévues concernent la réhabilitation des réseaux hydrauliques traditionnels, la promotion de techniques d’irrigation économes en eau, la valorisation des déchets issus du palmier-dattier, ainsi que le développement de filières agricoles locales et de l’écotourisme, devenu un levier important pour certaines zones oasiennes.
Au-delà des aspects techniques, ce projet porte aussi une dimension humaine forte. Il s’agit de préserver un mode de vie, de soutenir les agriculteurs et de redonner aux oasis leur rôle de moteur économique local, dans une région où la terre et l’eau restent des ressources précieuses et limitées.
Les chiffres rappellent d’ailleurs l’importance stratégique de ce patrimoine : les oasis tunisiennes, au nombre de 267 réparties entre Tozeur, Kébili, Gabès et Gafsa, couvrent environ 40 000 hectares et abritent plus de 5,4 millions de palmiers dattiers. La filière demeure un pilier de l’économie agricole nationale, avec une production de 404 000 tonnes de dattes durant la campagne 2025-2026, dont une part importante destinée à l’exportation.
À travers ce nouveau programme, Tozeur espère non seulement préserver ses oasis anciennes, mais aussi leur redonner un souffle nouveau, en conciliant tradition agricole, développement durable et adaptation aux défis climatiques de demain.













































