Le Tabarka Jazz Festival a réussi son pari. Après une absence douloureuse de six ans, la 20e édition de ce rendez-vous mythique s’est clôturée en apothéose ce jeudi 9 juillet 2026, en présence du délégué régional des affaires culturelles de Jendouba, Walid Messaoudi, , le délégué régional du tourisme de Jendouba, Issa Al-Marouani, Madame Yosr Hazgui, directrice du bureau des médias et de la communication au sein du ministère des affaires culturelles, ainsi que plusieurs médias nationaux et régionaux. Sur la scène emblématique du Théâtre de la Mer, face à une Méditerranée obscure et vibrante, le public a vécu une nuit suspendue dans le temps, scellant le retour définitif de Tabarka sur la carte mondiale du jazz.
Une alchimie parfaite entre émotion et virtuosité
Pour cette ultime soirée, les organisateurs avaient misé sur une affiche exclusivement féminine, audacieuse et profondément moderne. C’est la jeune prodige américaine Veronica Swift qui a ouvert le bal, balayant les conventions avec une virtuosité vocale déconcertante. Passant d’un scat purement traditionnel à des envolées d’une énergie presque rock, elle a instantanément conquis un Théâtre de la Mer plein à craquer.
Le relais a ensuite été pris par la poétesse et rappeuse Akua Naru. Accompagnée de ses musiciens, elle a enveloppé la nuit d’un hip-hop nourri de soul et de jazz spirituel. Ses textes engagés, portés par une voix chaude et une présence scénique magnétique, ont fait vibrer les pierres de la vieille citadelle, créant un moment de communion intime et puissant avec les festivaliers.
L’aboutissement d’une semaine de haute voltige
Cette clôture magique n’était que le point d’orgue d’un crescendo d’émotions entamé dès le début du mois. Pas plus tard que la veille, le festival avait déjà touché au sublime avec le passage de la légendaire Dee Dee Bridgewater. Sa complicité instantanée sur scène avec le pianiste de jazz tunisien Omar El Ouaer restera d’ailleurs comme l’un des plus beaux symboles de cette édition : un pont parfait entre l’histoire mondiale du jazz et la fine fleur de la scène tunisienne.
Pendant huit jours, le festival ne s’est pas résumé à ses têtes d’affiche. Le concept du « Street Jazz » a transformé chaque coin de rue, chaque place publique de la ville en scène ouverte. Les fanfares et les concerts gratuits ont permis aux locaux et aux estivants de s’approprier l’événement, redonnant à Tabarka son atmosphère unique de fête populaire et cosmopolite.

La renaissance d’un poumon culturel et touristique
Au-delà de la réussite artistique, le bilan de cette 20e édition est une immense bouffée d’oxygène pour toute la région. L’impact économique s’est fait ressentir dès les premiers jours, avec des hôtels affichant complet et des commerces locaux tournant à plein régime. Pour l’Office National du Tourisme Tunisien, ce succès valide une stratégie claire : celle de faire revivre les grands festivals historiques pour dynamiser l’attractivité du Nord-Ouest tunisien.
En éteignant ses projecteurs, le Tabarka Jazz Festival 2026 a prouvé qu’il n’avait rien perdu de sa superbe ni de son âme. Les vibrations des cuivres et des voix se sont tus, mais la promesse est tenue : Tabarka a retrouvé son festival, et le jazz a retrouvé sa plus belle scène de la Méditerranée.














































