Dans une scène culturelle marquée par l’ouverture et la diversité, le programme culturel saoudien poursuit sa présence remarquable à la 39e édition du Salon international du livre de Tunis, qui a débuté le 26 avril 2025 et se poursuit jusqu’au 4 mai, en célébrant la parole, le savoir et l’identité arabe commune.
Un roman qui résiste à l’oubli
Le programme s’est ouvert par une conférence intellectuelle intitulée « Le roman résistant : l’expérience de l’écriture face à la perte de mémoire », animée par l’écrivaine et romancière saoudienne Dr Badriah Al-Bishr, qui y a exposé la profondeur de l’expérience romanesque en tant que moyen de préserver la mémoire individuelle et collective face à l’oubli et à la fragmentation. Elle a parlé avec une sensibilité mûre de la manière dont l’écriture peut devenir un acte existentiel, notamment dans les sociétés vivant des transformations sociales accélérées, soulignant le rôle du roman dans la reconfiguration du sens et de l’appartenance.
La poésie saoudienne vibre en Tunisie
Le 30 avril, le salon a accueilli une soirée poétique mêlant émotions quotidiennes profondes et images symboliques denses. Le poète Mohammed Khudr a présenté des lectures de ses textes, caractérisés par la légèreté de la langue et la profondeur du sens, capturant les détails du quotidien pour en faire des scènes poétiques oscillant entre nostalgie et contemplation. Il a été rejoint sur scène par le poète Adeem Al-Ansari, qui a proposé des extraits à tonalité symbolique et méditative, transportant le public dans d’autres dimensions linguistiques, incarnant ainsi la richesse de l’expérience poétique saoudienne contemporaine.
Les événements saoudiens ont attiré une présence qualitative notable, rassemblant une élite de penseurs, d’étudiants et de journalistes tunisiens et arabes, qui ont exprimé leur vive admiration pour la diversité des approches littéraires et intellectuelles, ainsi que pour l’organisation cohérente et riche des activités proposées. Les interventions et discussions ont témoigné d’une conscience culturelle partagée et d’un souci commun d’investir cet espace dans un échange culturel authentique, loin des slogans, fondé sur le respect mutuel et la convergence intellectuelle.
Cette participation fructueuse est organisée grâce à une coordination tripartite entre le ministère saoudien de la Culture, l’attaché culturel de l’ambassade du Royaume en Tunisie, et la direction du salon tunisien. Les responsables du programme ont précisé que l’objectif principal est d’ouvrir des fenêtres de dialogue entre l’Est et l’Ouest du monde arabe, et de renforcer l’image du Royaume d’Arabie saoudite en tant qu’acteur culturel arabe actif, doté de visions à la hauteur de ses moyens et d’un héritage créatif à la fois fidèle à l’histoire et tourné vers l’avenir.
À venir : dialogues et lectures en clôture du programme
Les activités se poursuivent dans les jours à venir. L’écrivain et journaliste Hamzah Kamali interviendra le 1er mai dans une conférence intitulée « Les médias culturels à l’ère numérique », qui portera sur le rôle des plateformes médiatiques dans le soutien du dynamisme littéraire et artistique, et les défis de la préservation d’un contenu de qualité à l’heure de la domination de l’image et de la vitesse.
La clôture tant attendue aura lieu le 3 mai avec une conférence de l’écrivain et chercheur Khaled Al-Otaïq, intitulée « Clairvoyance dans la source du livre : voyage du manuscrit au lecteur », qui constituera un récit de l’évolution du livre arabe, depuis les débuts de l’écriture manuscrite jusqu’à l’édition numérique, en passant par l’histoire de l’imprimerie, des bibliothèques, et le rôle de la traduction et de la documentation.









































