Dans un communiqué rendu public hier mercredi 29 juillet 2026, la Banque Centrale de Tunisie (BCT) a annoncé que son Conseil d’Administration a décidé de maintenir son taux directeur inchangé à 7%, à l’issue de sa réunion tenue le même jour.
Cette décision intervient après l’examen des dernières évolutions économiques, monétaires et financières aux niveaux national et international, ainsi que de la trajectoire de l’inflation et des risques qui pourraient influencer son évolution au cours des prochains mois.
Selon la BCT, l’économie mondiale continue de faire preuve d’une certaine résistance, malgré une conjoncture marquée par des disparités entre les pays et une forte exposition aux tensions géopolitiques. Les marchés internationaux des matières premières restent, pour leur part, soumis à une importante volatilité, notamment dans le secteur énergétique.
Après une accalmie observée en juin, les prix du pétrole ont enregistré de nouvelles fluctuations en juillet, sur fond de regain de tensions au Moyen-Orient et d’inquiétudes liées à la sécurité des principales routes d’approvisionnement énergétique. Malgré leur récente baisse, les prix de l’énergie demeurent supérieurs aux niveaux enregistrés avant le début du conflit, ce qui continue de nourrir les risques inflationnistes, particulièrement pour les pays importateurs d’énergie.
Face à ces incertitudes, les principales banques centrales internationales ont adopté une approche prudente afin de limiter le risque d’une inflation durablement éloignée de leurs objectifs.
Une inflation à 5,3% en juin
Sur le plan national, la BCT indique que l’inflation s’est établie à 5,3% en juin 2026, bénéficiant notamment du ralentissement de la progression des prix des produits alimentaires frais, dont la hausse est passée de 13,2% en mai à 11,2% en juin.
Toutefois, l’inflation sous-jacente, excluant les produits alimentaires frais et les produits à prix administrés, est restée stable à 5% pour le troisième mois consécutif, traduisant la persistance des pressions internes sur les prix.
Les prix des produits administrés ont continué, quant à eux, à limiter l’évolution de l’inflation globale, avec une progression de 1,3% en juin contre 1,2% en mai 2026.
Le déficit courant impacté par la facture énergétique
Concernant les échanges extérieurs, la BCT relève un creusement du déficit courant, qui a atteint 4.241 millions de dinars (2,3% du PIB) au premier semestre 2026, contre 2.844 millions de dinars (1,6% du PIB) durant la même période de l’année précédente.
Cette évolution s’explique principalement par l’augmentation de la facture énergétique, qui a atteint un niveau record de 8.502 millions de dinars.
Hors énergie, la balance courante affiche toutefois un excédent de 2.538 millions de dinars à fin juin 2026, confirmant le poids de la dépendance énergétique dans les déséquilibres extérieurs de la Tunisie.
La BCT a également souligné que la Tunisie a continué à respecter ses engagements financiers internationaux, notamment à travers le remboursement, en juillet 2026, de l’Eurobond d’un montant de 700 millions d’euros arrivé à échéance.
À la suite de cette opération, les avoirs nets en devises se sont établis à 23,4 milliards de dinars, soit environ 92 jours d’importation au 28 juillet 2026.
La BCT appelle à renforcer les équilibres économiques
Le Conseil d’Administration de la BCT a insisté sur la nécessité de préserver un niveau suffisant de réserves en devises, notamment à travers l’amélioration des recettes en monnaie étrangère, la réduction durable du déficit énergétique et la mobilisation de financements extérieurs dans des conditions favorables.
Estimant que les perspectives d’inflation restent exposées à des risques haussiers, la Banque centrale considère qu’il est nécessaire de poursuivre les efforts visant à consolider la tendance baissière de l’inflation.
Elle rappelle également que la stabilité durable des prix ne dépend pas uniquement de la politique monétaire, mais nécessite une coordination entre les différentes politiques économiques.
Dans ce contexte, la BCT souligne l’importance d’une évolution maîtrisée de la liquidité, des dépenses publiques et de la demande intérieure, en cohérence avec les capacités de production de l’économie et la préservation des équilibres extérieurs.
Enfin, l’institution monétaire estime que le renforcement de la stabilité macroéconomique passe par la poursuite des réformes structurelles destinées à stimuler l’investissement, améliorer la capacité productive, renforcer la sécurité énergétique et alimentaire et accroître la résilience de l’économie tunisienne face aux chocs extérieurs.



























