Le président de la République, Kaïs Saïed, a présidé, le mardi 18 novembre 2025 au soir, une réunion de la commission responsable de la recherche de solutions urgentes à la crise environnementale affectant la ville de Gabès, comme l’indique un communiqué de Carthage publié par la présidence de la République.
La commission a, selon la même source, présenté au président de la République un rapport préliminaire concernant la situation.
Lors de cette séance de travail, le chef de l’État a déclaré qu’il « suit la situation de près », saluant « la position des habitants et la grande conscience dont ils ont fait preuve pour préserver la paix civile ». Il a mis en avant que la population locale « s’est tenue sur la même ligne que les forces de sécurité pour faire face à toute tentative de manipulation ou d’escalade ».
Kaïs Saïed a mentionné plusieurs défaillances, notamment « le gaspillage de fonds publics lors de l’acquisition, en 2018, d’équipements laissés à l’abandon, corrodés et devenus pour la plupart inutilisables ». Il a également dénoncé « la diffusion de contre-vérités destinées à préparer la cession d’un grand nombre d’installations et d’entreprises publiques, au mépris de la souffrance des habitants de Gabès et du reste du pays ».
Le chef de l’État a jugé que « le peuple tunisien a le droit de connaître toute la vérité », d’exiger une reddition de comptes « dans le cadre de la loi » et de « vivre libre et digne ». Il a assuré qu’un terme serait mis « à la souffrance des citoyens, dans toutes les régions et dans tous les secteurs ».
Il a appelé à « intensifier les efforts » afin d’élaborer « dans les plus brefs délais » un rapport final comprenant des « solutions immédiates » et une « vision stratégique globale », ajoutant que la participation accrue des jeunes était indispensable.
Le communiqué souligne également que le président a mis en avant le patriotisme de la jeunesse tunisienne, ainsi que « les compétences et la capacité d’innover », en rappelant que « de nombreux pays se sont inspirés des recherches effectuées par des chercheurs tunisiens dans ce domaine ».
Kaïs Saïed a également déclaré que la Tunisie « traverse aujourd’hui une guerre de libération sur tous les fronts », en affirmant que « le peuple tunisien par sa conscience et sa volonté, fera échouer toutes les conspirations ».
Il a réitéré que « l’État tunisien ne se gouverne ni par des publications sur les réseaux sociaux, ni par ceux qui ont choisi la trahison ou la diffusion de rumeurs et de mensonges ». « Ceux qui ont commis des injustices, peu importe leurs fonctions, découvriront bientôt le sort qui les attend », conclut le communiqué.
La région de Gabès est confrontée depuis plusieurs années à une crise environnementale sévère, largement attribuée à l’activité industrielle du Groupe chimique, aux rejets polluants en mer, à la dégradation de la nappe phréatique et aux nuisances qui affectent directement la santé des résidents. Des mobilisations citoyennes régulières dénoncent la pollution de l’air, du littoral et de l’écosystème unique du Golfe de Gabès, longtemps considéré comme l’un des plus riches de la Méditerranée.
Les récents épisodes de tensions et de manifestations ont mis en lumière l’ampleur des dysfonctionnements institutionnels et le retard accumulé dans la mise en œuvre de solutions structurelles. La commission mise en place par la présidence est chargée de proposer des mesures immédiates pour réduire les risques sanitaires, améliorer la gestion des déchets industriels et restaurer, à plus long terme, l’équilibre environnemental de la région.









































