Le laboratoire américain Pfizer, qui a développé avec l’allemand BioNtech l’un des deux premiers vaccins contre le Covid-19 autorisés en Europe, considère désormais que chaque flacon contient six doses, contre cinq auparavant. Une opération qui pourrait lui rapporter gros.
Jusqu’à maintenant, chaque flacon du vaccin « Comirnaty » de Pfizer-BioNtech contenait officiellement cinq doses. Des soignants ont cependant réalisé qu’ils pouvaient – dans des conditions précises – obtenir une sixième dose dans chaque flacon, nourrissant l’espoir de pouvoir vacciner davantage.
Le 8 janvier dernier, l’Agence européenne du médicament (EMA) a mis à jour l’étiquetage européen de Cominarty, pour indiquer que les flacons contiennent désormais six doses par flacon.
Pfizer a indiqué , le jeudi 21 janvier, avoir commencé à adapter ses livraisons après avoir relevé le nombre de doses disponibles par flacon. Le laboratoire met en avant la forte demande pour son vaccin.
« Notre objectif initial de 1,3 milliard de doses de vaccin a été revu à la hausse pour atteindre 2 milliards de doses d’ici la fin de 2021 », a indiqué Pfizer .
Ces prévisions sont notamment basées sur la mise à jour de l’étiquetage européen, mais aussi sur « l’amélioration continue des processus de production, l’expansion de nos installations actuelles ».
1,5 milliard d’euros de surplus
Dans tous les cas, le groupe souligne qu’il va tenir ses engagements de livraison « conformément aux commandes qui ont été passées ». En Europe, 600 millions de doses leur ont été commandées. Or, « celles-ci ont toujours été basées sur un nombre total de doses et non de flacons », affirme le laboratoire. Concrètement, cela signifie que Pfizer-BioNtech compte livrer moins de flacons à ses clients pour le même prix, soit 100 millions de flacons au lieu des 120 millions prévus initialement.
Si le détail des accords commerciaux est confidentiel, une indiscrétion de la secrétaire d’État belge Eva De Bleeker a ainsi révélé que le prix de la dose du vaccin Pfizer s’élèverait potentiellement à 12 euros. Cette économie de 20 millions de flacons pourrait donc permettre à Pfizer d’obtenir un surplus potentiel de près d’1,5 milliard d’euros.
Une sixième dose qui n’est pas encore garantie
Des médecins contestent par ailleurs que cette sixième dose soit aujourd’hui considérée comme une norme, alors qu’elle n’était auparavant qu’un bonus.
Selon la notice du vaccin de Pfizer-BioNTech, pour arriver à obtenir cette fameuse dose il faut une seringue avec un « espace mort » très faible (moins de 35 microlitres). L’« espace mort » est le volume qui reste dans la seringue une fois que son piston est complètement enfoncé. L’idéal est d’utiliser une seringue sertie (dont l’aiguille n’est pas détachable). Or ce n’est pas celle dont les soignants sont équipés de manière standard. De plus, la notice de Pfizer interdit de mélanger le reste du contenu de plusieurs flacons pour réaliser une dose supplémentaire (ce qu’on appelle le « pooling »). La sixième dose nécessite un matériel adapté pour la prélever systématiquement. Tous les centres n’ont pourtant pas reçu ce type d’aiguilles et seringues.
Avec AFP












































