L’Ambassadeur de Suisse en Tunisie, Josef Renggli a reçu le mercredi 25 juin 2025, dans sa résidence à Carthage, des experts du monde scientifique qui ont présenté aux journalistes leurs innovants projets liés à la Suisse. c’était l’ occasion d’échanger autour des fructueux échanges tuniso-suisses dans le domaine scientifique et de valoriser les compétences et le savoir-faire tunisiens.
Dans son discours, l’ambassadeur a souligné que la Confédération helvétique valorise le partenariat scientifique avec les pays africains ainsi que ceux de la région MENA, en particulier avec la Tunisie.
Il a également mis en avant le rôle essentiel que la science et la recherche occupent en Suisse. Par exemple, le pays investit 3,4 % de son PIB dans la recherche et le développement, ce qui représente un budget de 24,6 milliards de francs suisses par secteur.
De plus, il n’a pas usurpé sa position de leader, se classant premier à l’Indice mondial de l’innovation en 2024, et ce, pour la quatorzième année consécutive.
Tous ces indicateurs font de la Suisse un partenaire de choix dans le domaine de la coopération scientifique a affirmé le diplomate Suisse.
De son côté madame Monia Riahi, chargée de la coopération scientifique à l’ambassade de Suisse en Tunisie a précisé que chaque année, l’ambassade de Suisse en Tunisie publie au début du mois d’août un appel à candidatures destiné aux universités tunisiennes, pour toutes les spécialités, en vue de l’octroi de bourses d’études aux doctorants.
La sélection des candidats est fondée sur la qualité de leurs projets et l’intérêt qu’ils suscitent pour établir des partenariats avec des établissements universitaires suisses, explique Monia Riahi, responsable de la coopération scientifique à l’ambassade de Suisse en Tunisie.
Ce programme de bourses représente seulement un aspect parmi d’autres de la coopération scientifique entre la Tunisie et la Suisse, qui s’inscrit dans le cadre de programmes bilatéraux menés par la Confédération helvétique avec les pays africains et ceux de la région MENA. Ces initiatives reposent sur un savoir-faire scientifique largement reconnu à l’échelle internationale.
Dans ce contexte, près d’une vingtaine de projets de coopération scientifique ont été développés ces dernières années entre la Tunisie et la Suisse, notamment à travers deux programmes phares : « Excellence in Africa », soutenu par l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), et « Leading House MENA ».
L’Institut Pasteur de Tunis, dirigé par Balkiss Bouhaouala-Zahar, présente un projet sur l’imagerie et la thérapie radionucléide dans le domaine de l’oncologie. Un radiopharmaceutique pan-cancéreux serait utile, car il cible des protéines spécifiques comme la ténascine-C, présente dans divers cancers. L’équipe a créé des nanocorps pour cibler cette protéine. Une méthode de radiomarquage avec le Tc-99m sera utilisée pour marquer ces nanocorps. Les expériences in vitro et in vivo suivront à Tunis, avec une possible application clinique si les résultats sont positifs. L’objectif est d’améliorer l’imagerie et la thérapie ciblée par radionucléides.
Dr Ines Bini Dhouib, Institut Pasteur de Tunis -EPFL EXAF Excellence in Africa – EPFL : Recherche d’un traitement contre la maladie de Parkinson dans les venins animaux
La maladie de Parkinson (MP) est un trouble neurodégénératif courant, et son traitement actuel est peu efficace. Elle est causée par la perte de neurones dopaminergiques et l’accumulation de la protéine alpha-synucléine dans le cerveau. Une équipe cherche à trouver un traitement en utilisant des composés actifs extraits des venins de vipères et de scorpions.
Elyes Guermazi, IIDebate – International Institute of Debate-
La Tunisie, confrontée à des défis politiques et économiques, a un besoin urgent d’aider sa jeunesse à acquérir des compétences pour améliorer leur employabilité et leur résilience. Le projet « Favoriser les compétences personnelles dans les maisons de jeunes tunisiennes » (FOYER) vise à développer des compétences personnelles et sociales dans les maisons de jeunes. Le projet se compose de deux volets : une intervention éducative au Centre de Jeunes Jdaida et une étude de recherche sur l’impact de cette intervention.
L’intervention éducative renforce les capacités des éducateurs et propose un programme pour développer la conscience de soi et les compétences sociales des jeunes. L’étude examine l’effet de l’éducation sur la conscience de soi, les compétences sociales, et l’inclusion sociale. Les résultats aideront à créer un modèle de bonnes pratiques et à adapter le programme éducatif pour d’autres centres en Tunisie.
Dr .Lilia Cheniti Belcadhi, Université de Sousse-Université de Genève :
Le projet a réuni des chercheurs de cinq établissements d’enseignement supérieur en Algérie, Égypte, Maroc, Suisse, et Tunisie pour explorer les compétences de l’Open Scholar. Ils ont commencé par étudier les cadres réglementaires sur l’enseignement à distance et l’éducation ouverte, produisant des rapports nationaux détaillés. Ensuite, ils ont identifié les compétences existantes pour l’Open Scholar à partir de référentiels et d’une revue de littérature, révélant un manque de compétences épistémiques. Par ailleurs, une étudiante a créé l’Open Scholar Atelier pour évaluer et améliorer ses compétences. Les résultats ont été publiés dans un article scientifique en 2024.
Prof. Aziza Gasmi-Boubaker, Institut National Agronomique De Tunisie « INAT »-IRESA(Institution de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur Agricoles)-EPFL :
La formation des enseignants dans l’enseignement supérieur est devenue une priorité mondiale, avec des initiatives en France et en Suisse pour établir un soutien institutionnalisé. Cependant, en Tunisie, il n’existe pas de services de soutien pédagogique pour les enseignants-chercheurs et aucun pré-requis n’est imposé lors de leur recrutement. Cela conduit souvent à des carrières sans formation pédagogique.
L’enseignement supérieur agricole en Tunisie doit s’adapter pour répondre aux besoins du secteur agricole face aux défis environnementaux. Actuellement, il manque de structures d’innovation pédagogique pour former les enseignants.
Les objectifs de la collaboration proposée incluent l’identification des manques en compétences pédagogiques, l’élaboration d’un référentiel adapté, et le développement de réseaux internationaux pour améliorer le soutien pédagogique dans les universités tunisiennes et dans la région MENA.
Moez Mansoura, Office national des mines-
La présence de mines abandonnées en Tunisie est un patrimoine historique important, encore méconnu. Une documentation détaillée de ces mines est nécessaire pour comprendre la géométrie des gisements, évaluer les risques naturels et analyser l’impact sur les eaux souterraines. Nous utilisons la technologie lidar pour intégrer des informations historiques dans des levés modernes au Djebel Serdj et soutenir la protection de ce patrimoine géologique unique.
Imène Zaâfrane : livre « Désir de nature dans le Grand Tunis »
La renaturation est essentielle pour améliorer la vie quotidienne dans les grandes villes, comme à Tunis, où la nature est souvent ignorée. Ce livre, basé sur plus de vingt ans de recherche, analyse les changements spatiaux et végétaux de Tunis. L’auteure examine comment les habitants perçoivent les espaces verts et critique les politiques urbanistiques actuelles. Elle propose de s’inspirer d’autres villes pour réintroduire la nature en ville et ainsi mieux répondre aux enjeux climatiques et à la qualité de vie.
Hamed Kriouane : exposition « Bled el abar » avec le Collectif Bled al abar
Pendant deux ans et demi, trois architectes explorent le désert de Nefzaoua, prenant des relevés et documentant les puits et vestiges d’un passé nomade.
Nour Ghalia Abassi : DigeHealth
Nour Ghalia Abassi est cofondatrice et CEO de DigeHealth, une startup à Zurich visant à détecter les complications post-chirurgicales. Elle est sélectionnée fin 2024 par la version suisse du prestigieux magazine américain Forbes pour intégrer sa liste 30 under 30 Suisse.
Slim Gharbi : SG Medical
SG Medical est un fabricant sous contrat de dispositifs médicaux, spécialisé dans les dispositifs à haut risque (Classe III MDR 2017/745). La société offre des services de développement et de fabrication conformes pour assurer les meilleures solutions à ses clients. Face aux exigences strictes du secteur, elle s’ engage à respecter les standards de qualité, de sécurité et d’hygiène.
SG Medical propose divers services, de la conception à la production en passant par le prototypage. Ses produits incluent des dispositifs mini-invasifs et des dispositifs à long terme de classe III. Tous ses services sont certifiés ISO 13485:2016 et utilisent des technologies de fabrication avancées. Fondée en 2017 par Slim Gharbi, le siège de la société est à Genève avec un site de production à Tunis.








































