Dix ans après son dernier passage sur la scène de l’Amphithéâtre de Carthage, en 2016, le Roi du Raï, Cheb Khaled, a retrouvé, samedi 18 juillet, le public tunisien à l’occasion de la deuxième soirée de la 60ème édition du Festival International de Carthage.
Attendu avec une immense ferveur par le public tunisien, l’artiste algérien, figure légendaire de la musique arabe et ambassadeur mondial du raï, a signé son grand retour sur cette scène mythique, offrant aux milliers de spectateurs une soirée placée sous le signe de la nostalgie, de l’émotion et du partage.
Dans un Amphithéâtre de Carthage affichant complet, Cheb Khaled a interprété les plus grands succès qui ont jalonné plus de quarante ans de carrière, repris en chœur par un public conquis. Portée par une atmosphère de fête, cette prestation a réuni plusieurs générations autour d’un répertoire devenu intemporel. Grâce à la puissance de son interprétation, à son charisme scénique et à sa proximité avec le public, le Roi du Raï a confirmé son statut d’artiste majeur et la place privilégiée qu’il occupe auprès du public tunisien.
La soirée s’est ouverte sous les acclamations du public avec « Ragda », donnant immédiatement le ton à un voyage musical riche en souvenirs. Dès les premières notes, l’Amphithéâtre de Carthage s’est laissé emporter par l’univers de Cheb Khaled, entre rythmes raï, mélodies populaires et chansons devenues des classiques de la musique maghrébine.
Très vite, l’ambiance est montée en intensité avec « Ya Chebba », qui a embrasé les gradins. Le public, debout, chantait, dansait et applaudissait au rythme des refrains, tandis que l’artiste multipliait les échanges avec le public. Il a ensuite enchaîné avec « Sbabi Ntya » et « Les Ailes », avant de proposer un medley réunissant plusieurs titres de son répertoire, replongeant le public dans les plus beaux souvenirs de sa carrière.
Accompagné de musiciens particulièrement inspirés, Cheb Khaled a offert plusieurs moments d’improvisation qui ont largement contribué à la réussite de la soirée. Son claviériste s’est notamment distingué par sa virtuosité, sa spontanéité et sa complicité avec le public, suscitant de chaleureux applaudissements.
La soirée s’est poursuivie avec « Wahran » en Flamenco, dans une version particulièrement applaudie où le dialogue entre les guitares et la batterie a captivé les spectateurs. À plusieurs reprises, le public a repris seul les paroles, transformant l’Amphithéâtre de Carthage en un immense chœur. Avec « Bakhta » L’émotion s’est intensifiée, portée par des applaudissements nourris, des gradins illuminés par les téléphones portables et des milliers de voix reprenant en chœur les refrains, offrant ainsi l’un des moments les plus marquants de la soirée.
Au cours du concert, l’artiste s’est adressé au public avec beaucoup de sincérité, exprimant sa joie de retrouver la scène de Carthage après une décennie d’absence. Visiblement ému par l’accueil qui lui a été réservé, il a déclaré :« Merci à vous, que Dieu vous garde. Ce soir est une véritable fête pour moi, et je partage avec vous ce magnifique voyage musical.»
L’un des moments les plus marquants de la soirée est intervenu lorsque les enfants de Cheb Khaled ont rejoint leur père sur scène lors de l’interprétation de « Hya Hya ». Ils lui ont remis les drapeaux tunisien et algérien. Khaled les a alors levés avec fierté et émotion. Ce geste hautement symbolique a illustré les liens historiques, culturels et fraternels qui unissent les deux peuples, dans un moment de communion chaleureusement salué par l’ensemble du public.
L’émotion était à son comble avec « Didi », véritable hymne du raï qui a enflammé tout l’Amphithéâtre romain de Carthage. Cheb Khaled s’est même installé au clavier, offrant un remarquable solo particulièrement applaudi par le public. Mais c’est avec « Aïcha » que la magie a véritablement opéré. Dès les premières notes, l’Amphithéâtre de Carthage s’est transformé en un immense chœur. Des milliers de voix ont repris chaque parole de cette chanson devenue universelle, tandis que les lumières des téléphones illuminaient les gradins.
Pour clôturer cette soirée exceptionnelle, Cheb Khaled a offert un final résolument festif avec « C’est la Vie », entraînant une dernière fois le public dans une explosion de chants, de danses et d’applaudissements.
À travers cette prestation d’exception, Cheb Khaled a une nouvelle fois confirmé son statut d’icône incontestée du raï et sa capacité à rassembler toutes les générations autour d’un répertoire qui traverse les époques sans perdre de sa force.












































