Selon un rapport publié le 16 octobre par le Comité panafricain du commerce et de l’investissement du secteur privé (PAFTRAC), intitulé « Africa CEO Trade Survey Report 2025 : Leveraging the AfCFTA in an era of global trade uncertainty », 53,6 % des entreprises africaines utilisent déjà des systèmes de paiement numériques pour réaliser des transactions commerciales, et ce, malgré plusieurs défis tels que les coûts d’implémentation élevés, le manque de fiabilité des connexions Internet et les préoccupations liées à la cybersécurité.
Ce rapport repose sur une enquête menée auprès des dirigeants de plus de 2100 entreprises actives dans 51 pays du continent, dont la majorité sont des petites et moyennes entreprises (PME).
En plus des systèmes de paiement numériques, qui connaissent une croissance rapide sur le continent grâce notamment à l’essor du mobile money et aux solutions basées sur la blockchain, les entreprises concernées par l’enquête utilisent d’autres outils technologiques pour numériser leurs transactions commerciales. 49,68 % d’entre elles recourent à des plateformes de commerce électronique, 40,04 % utilisent des logiciels de gestion de la chaîne d’approvisionnement (SCM) et 28,18 % à des systèmes de gestion de la relation client (CRM).
Au total, près de 100 % des chefs d’entreprise interrogés estiment que la numérisation est cruciale pour l’avenir du commerce en Afrique, bien que 12,74 % n’aient adopté aucun outil numérique pour faciliter les transactions.
Tout en reconnaissant la nécessité pour les entreprises d’intégrer les technologies numériques tout au long de leurs processus de production et de commercialisation, les dirigeants sondés signalent des défis persistants, notamment les coûts d’implémentation élevés (46,15 %), l’accès limité à une connexion Internet fiable (31,16 %), les préoccupations liées à la cybersécurité (30,84 %) et le manque d’expertise technique (30,09 %).
L’enquête indique également que les dirigeants d’entreprise africains privilégient l’intégration régionale alors que le commerce mondial fait face à des défis croissants, allant de l’augmentation des droits de douane américains aux tensions géopolitiques, en passant par la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement et la diminution de l’aide au développement. Dans ce contexte, 95 % d’entre eux considèrent que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) est cruciale pour protéger les intérêts commerciaux de l’Afrique.
La durabilité est au centre des futures stratégies commerciales.
Plus précisément, 48,74 % des dirigeants interrogés ont affirmé que la ZLECAf est « extrêmement importante » pour la protection des intérêts commerciaux de l’Afrique, tandis que 29,61 % l’ont jugée « très importante » et 17,48 % l’ont qualifiée « d’importante ». Seuls 4,17 % ont déclaré que le marché commun africain « n’est pas important ».
Alors que 39 pays africains ont déjà adhéré à « l’initiative de commerce guidé », leur permettant d’engager des échanges commerciaux sous les conditions préférentielles de la ZLECAf, plus d’un quart des répondants (25,24 %) ont indiqué avoir déjà profité des préférences tarifaires de la zone de libre-échange continentale, tandis que 30,29 % ont déclaré ne pas en avoir bénéficié jusqu’à présent, mais envisagent de le faire dans un avenir proche. 21,17 % ont cependant précisé ne pas être informés de ces préférences tarifaires.
D’autre part, les dirigeants africains ne se limitent plus aux marchés traditionnels tels que l’Union européenne, les États-Unis et la Chine, mais se tournent de plus en plus vers de nouveaux partenaires commerciaux comme les pays membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et les Caraïbes, ce qui reflète une tendance vers la diversification des partenaires commerciaux et le renforcement de la coopération Sud-Sud.
Plus de 30 % des dirigeants d’entreprise interrogés ont signalé qu’ils maintiennent actuellement des relations commerciales avec les pays membres du CCG et qu’ils envisagent de poursuivre cette collaboration, tandis que 41,37 % ont exprimé un intérêt pour l’idée d’explorer cette opportunité à l’avenir.
Dans cette même perspective de diversification des marchés, 43,95 % manifestent un intérêt pour l’exploration des marchés des Caraïbes, et 17,02 % ont déjà établi des relations commerciales avec cette région.
Le rapport met également en avant que l’adoption de solutions durables et écologiques est au centre des futures stratégies commerciales de 98,29 % des entreprises participant à l’enquête. Les principales solutions durables envisagées incluent les énergies renouvelables (36,01 %), les solutions de réduction des émissions de carbone (31,34 %) et les emballages respectueux de l’environnement (28,09 %).
A rappeler, le PAFTRAC est une plateforme de plaidoyer qui regroupe les acteurs du secteur privé et les décideurs africains, œuvrant pour soutenir le commerce extra et intra-africain.
https://paftrac-media.afreximbank.com/2025/10/PAFTRAC25_Report-5.pdf
Avec Rapport







































