La 60e édition du Festival international de Hammamet s’est ouverte, samedi 11 juillet 2026, avec la représentation de « Les Fugueuses », une création de la dramaturge et chercheuse Wafa Taboubi. Devant un amphithéâtre affichant complet, le spectacle a été accueilli dans une ambiance chaleureuse, donnant le coup d’envoi d’une édition placée sous le signe de la mémoire et de la création.
Écrite, scénographiée et mise en scène par Wafa Taboubi, « Les Fugueuses » plonge le spectateur dans une station de bus suspendue hors du temps, où six personnages – cinq femmes et un homme – attendent un départ qui ne viendra jamais. Face à cette attente sans issue, ils décident de quitter ensemble les lieux à pied, s’engageant dans une marche vers l’inconnu, entre doute, peur et vide existentiel.

À travers cette fable contemporaine, l’œuvre dénonce les injustices sociales, le divorce, la pauvreté ainsi que l’invisibilisation des femmes, transformant leurs souffrances individuelles en une solidarité féminine protectrice. Servie en dialecte tunisien, la pièce est portée par une distribution réunissant Fatma Ben Saïdane, Mounira Zakraoui, Lobna Noomen, Mohamed Bouzid, Oumaima Bahri et Sabrine Omar.
D’une durée de 90 minutes, « Les Fugueuses » est une production de Fabula Production, en coproduction avec le Théâtre national tunisien. La musique originale de Hani Ben El Hamadi accompagne cette traversée sensible et captivante vers l’inconnu, renforçant la tension dramatique et la dimension poétique du spectacle.
Lors d’une conférence de presse organisée à l’issue de la représentation théâtrale, au Centre des médias du Centre Culturel International de Hammamet, Wafa Taboubi a souligné que « l’espoir reste le moteur principal qui me pousse à aller de l’avant, à résister ». Elle a rappelé que les blessures et les questionnements exprimés dans cette création font écho à la période complexe que traverse aujourd’hui l’humanité.

La pièce s’achève sur une interrogation essentielle : l’espoir d’un avenir meilleur est-il encore possible ? Une question qui résonne avec le thème de cette 60e édition du Festival international de Hammamet, placée sous le slogan « Endless Memory », célébrant soixante années de création artistique et de mémoire vivante.














































