La Tunisie célèbre ce 25 mai 2026, aux côtés des autres États africains, la Journée de l’Afrique, qui marque cette année le 63e anniversaire de la création de l’de l’Unité Africaine, devenue en 2002 l’Union Africaine. Cette occasion permet de rappeler les luttes et les sacrifices des pères fondateurs de l’Organisation de l’Unité Africaine afin que l’Afrique soit aux Africains, souveraine dans ses décisions, maîtresse de ses ressources et de ses richesses naturelles, et capable d’imposer sa place dans l’ordre international.
La Tunisie réaffirme aujourd’hui son engagement constant à renforcer les liens de fraternité et à consolider les relations de coopération avec ses pays frères du continent sur la base du respect mutuel, de la solidarité, d’un partenariat gagnant-gagnant et de l’intérêt commun. Elle réitère également son attachement à la défense des positions africaines communes dans toutes les enceintes internationales, notamment le droit des peuples africains à bâtir l’Afrique à laquelle ils aspirent : une Afrique unie, sûre, stable et prospère, maîtresse de son destin, libérée de toute forme de tutelle et de toute ingérence dans ses affaires intérieures, quels qu’en soient les prétextes.
La Tunisie a fait de la dimension africaine l’un des fondements constants de sa politique étrangère et un choix stratégique incontournable dans ses relations bilatérales et ses actions multilatérales, afin de promouvoir l’intégration africaine conformément aux priorités de l’Agenda 2063 et de répondre aux aspirations légitimes des peuples du continent en matière de sécurité, de stabilité, de développement et de croissance.
Sur le plan bilatéral, la Tunisie poursuit la construction de partenariats durables avec les États africains, fondés sur le partage du savoir-faire et le transfert d’expertise dans plusieurs secteurs, notamment le bâtiment et les travaux publics, ainsi que l’exportation de services à forte valeur ajoutée dans les domaines de la santé, de l’éducation et des technologies de l’information. Ces secteurs constituent des domaines dans lesquels la Tunisie dispose de compétences reconnues et d’une expérience accumulée lui permettant d’être compétitive à l’échelle mondiale. La Tunisie continuera également à soutenir, développer et diversifier ses relations de coopération et de partenariat avec les pays du continent dans les domaines économique, académique et culturel dans le cadre de la coopération Sud-Sud.
Au niveau multilatéral, outre la contribution honorable et précieuse de la Tunisie aux opérations de maintien de la paix sur le continent sous l’égide de l’Union Africaine et des Nations Unies, notre pays poursuit sa participation active aux activités de l’Union Africaine, de ses organes et institutions. À travers la participation de Son Excellence Monsieur Kaïs Saïed, Président de la République, au comité présidentiel chargé du suivi du projet de réforme institutionnelle de l’organisation, la Tunisie œuvre au renforcement de l’efficacité de l’Union afin de répondre aux aspirations des peuples africains en matière de sécurité, de stabilité et de développement, dans le respect de la souveraineté nationale des États membres et en tenant compte de leurs spécificités et de leurs capacités.
La Tunisie réaffirme également son attachement au principe des « solutions africaines aux défis africains ». Les défis auxquels le continent est confronté, aussi nombreux et complexes soient-ils, ne peuvent être relevés efficacement qu’à travers des solutions africaines inspirées des réalités du continent et des spécificités de ses peuples, et reflétant leurs véritables priorités. Cela doit s’accompagner d’un soutien international effectif et durable, notamment pour les opérations de maintien de la paix dirigées par l’Union Africaine, afin de garantir leur efficacité et leur pérennité.
La Tunisie a participé activement aux différents forums visant à renforcer les partenariats politiques et économiques entre les pays de l’Union Africaine et les États amis. Elle a appelé à faire évoluer ces partenariats au-delà des modèles de coopération traditionnels vers de véritables partenariats équilibrés, fondés sur l’égalité, le respect mutuel, la confiance, la responsabilité et les intérêts communs, en adéquation avec les mutations mondiales.
Dans ce contexte, lors du Sommet Afrique-France tenu à Nairobi le 12 mai 2026, la Tunisie a appelé à accélérer la réforme du Conseil de Sécurité de l’ONU afin qu’il reflète les transformations actuelles de l’ordre international, ainsi qu’à restructurer le système financier mondial pour le rendre plus juste, équitable et inclusif, en réponse aux besoins des pays en développement. Elle a également plaidé pour combler le déficit de financement du développement par le respect des engagements internationaux, le renforcement des mécanismes de coopération internationale face aux crises émergentes, ainsi que l’annulation, l’allégement ou la restructuration de la dette des pays pauvres, compte tenu de l’augmentation excessive du service de la dette. Ces positions avaient déjà été défendues par le Président Kaïs Saïed lors de sa participation au Sommet sur le financement des économies africaines tenu à Paris en mai 2021.
La Tunisie espère que ces forums contribueront à soutenir les priorités définies par l’Union Africaine, notamment l’intégration régionale, l’industrialisation et la réalisation du développement durable, afin que l’Afrique devienne un partenaire à part entière dans la construction de l’avenir du monde, et non simplement un marché de matières premières ou un terrain de rivalités internationales.
La Tunisie souligne qu’il n’est plus acceptable aujourd’hui que l’Afrique demeure un simple espace d’ingérences ou un théâtre de compétition internationale. Elle doit être un partenaire à part entière dans la définition des intérêts communs et dans la prise de décision, grâce à la valorisation de ses propres potentialités et au respect de l’autonomie de ses choix de développement. La réalisation de cet objectif nécessite des États africains qu’ils unifient leurs positions et renforcent leur solidarité afin d’accroître la crédibilité et l’efficacité du continent au sein des Nations Unies, dans la défense des intérêts de leurs peuples et dans l’engagement sérieux en faveur de la réforme du système onusien et des relations internationales, pour l’établissement d’un ordre mondial plus juste, plus équitable et plus humain, rompant avec les pratiques injustes héritées de l’après-Seconde Guerre mondiale.
La Tunisie exprime de nouveau son espoir de voir surmontées les situations de fragilité sécuritaire que connaissent certains pays africains en raison des conflits armés, des tensions ethniques et de la montée des activités terroristes, lesquelles menacent gravement leur sécurité et leur stabilité. Ces crises ont également entraîné une aggravation préoccupante du phénomène de la migration irrégulière, exploitée par des réseaux criminels transnationaux organisés. La Tunisie a appelé à l’adoption d’une approche globale, participative et solidaire pour traiter cette question, fondée sur le partage des responsabilités entre les pays d’origine, de transit et de destination, dans le respect de la dignité de l’être humain africain et afin de lui offrir les conditions de développement nécessaires pour vivre dignement dans sa patrie.











































