La Tunisie avait signé en octobre 2022 un accord préliminaire avec le FMI sur un programme d’aide de 1,9 milliard de dollars. Mais les discussions sont dans l’impasse, en raison du refus des autorités de mettre en œuvre des réformes qui pourraient provoquer des tensions sociales.
Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken a appelé, hier lundi 12 juin 2023, la Tunisie à présenter un programme de réformes « révisé » au Fonds monétaire international (FMI) pour débloquer des financements qui lui permettraient d’éviter un gouffre économique.
Lors d’une conférence de presse conjointe avec le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, il a déclaré « Nous serions très heureux que le gouvernement tunisien présente au FMI un programme de réformes révisé et que le FMI puisse agir sur la base de ce nouveau programme ».
A rappeler , le président de la République , Kaïs Saied avait rejeté, en avril dernier, les « diktats » du FMI, qui conditionne le décaissement d’un programme d’aide à son pays à des réformes économiques portant notamment sur la levée des subventions aux produits de base, la réduction de la masse salariale dans le secteur public et la privatisation des entreprises publiques.
Sous la pression de l’Italie, qui craint un afflux massif de migrants vers l’Europe dans l’hypothèse d’un effondrement économique en Tunisie, l’Union européenne a annoncé le week-end dernier le déblocage d’une assistance financière de 900 millions d’euros en faveur de ce pays d’Afrique du Nord.
Le chef de la diplomatie américaine a cependant estimé que la Tunisie a besoin de « quelque chose de plus complet » que l’assistance européenne, notant que « le FMI est le mieux placé pour fournir des financements » capables d’aider le pays à relancer son économie.
« Il est clair que la Tunisie a besoin d’une aide supplémentaire si elle veut éviter de tomber dans un gouffre économique », a-t-il souligné.
De son côté, le commissaire européen à l’Economie, Paolo Gentiloni, avait annoncé, jeudi 8 juin, que les « autorités tunisiennes souhaitent modifier certains aspects du programme présenté dans le cadre des négociations avec le FMI », sans plus de précision.
Quelques jours auparavant, le président tunisien avait estimé que l’instauration de nouvelles taxes ciblant les plus riches pourrait permettre à son pays de se passer des « diktats » du FMI liés à la levée des subventions aux produits de base.
« Au lieu de lever les subventions aux produits de base au nom de la rationalisation, on peut introduire des taxes supplémentaires sur les plus riches qui bénéficient de ces subventions sans qu’ils en aient besoin », a-t-il déclaré, rappelant que le système de subventions aux produits de base actuellement en vigueur bénéficiait à tous les Tunisiens, y compris les plus aisés.
La Tunisie avait signé en octobre 2022 un accord préliminaire avec le FMI sur un programme d’aide de 1,9 milliard de dollars, mais le décaissement de la première tranche de ce prêt n’a pas encore eu lieu, car le gouvernement ne s’est jusqu’ici pas engagé à mettre en œuvre les réformes d’assainissement des finances publiques exigées par l’institution financière multilatérale.
La Tunisie semble en effet redouter les tensions sociales que pourrait entraîner la levée des subventions, dans un contexte d’envolée de l’inflation, de grave crise politique et de désaccords profonds avec l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), la puissante centrale syndicale.












































