A l’occasion de la Journée Internationale des Droits de l’Homme, le ministère de la santé en collaboration avec le bureau de l’Organisation mondiale de la Santé en Tunisie et le bureau du Programme des Nations Unies pour le Développement, a organisé, ce vendredi 10 décembre 2021, une conférence de presse sur « L’étude de l’investissement pour la lutte antitabac en Tunisie », présidée par le Pr. Ali Mrabet, Ministre de la Santé , en présence de Madame Joumana Hermez, la représentante de l’OMS en Tunisie, et par visio-conférence madame le Représentante Résidente Adjointe du PNUD Eugena Song, la cheffe du secrétariat de la convention-cadre de l’OMS, Mme Adriana Blanco Marquizo et en présentiel aussi Mme Rafla Tej Dellgi, du ministère de la santé et docteur Faycel Smaali ainsi que plusieurs médias .
Dans son Discours , le ministre de la santé a affirmé l’importance du rôle des médias dans le domaine de la santé surtout dans la lute de la pandémie du covid-19, plus de 5 milles personnes vaccinées actuellement. Il la ajouté que ce modèle d’investissement pour la lutte antitabac a été élaboré conjointement par le Ministère de la Santé, le PNUD, le Secrétariat de la Convention-cadre pour la lutte antitabac du 15 février 2010 et l’OMS plaide en faveur d’une intensification des mesures de lutte antitabac fondées sur des données probantes, adaptées au contexte national et réalisables populaires.
Le ministre a souligné que la mise en œuvre de la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT) représente l’un des moyens les plus rentables pour lutter contre les impacts du tabagisme sur la santé et améliorer la vie des gens et ainsi, faire progresser le développement durable du pays en réduisant notamment le fardeau économique lié au tabac.
M.Mrabet a indiqué que le tabagisme est le premier facteur de risque des maladies non transmissibles en Tunisie, qui représentent plus des deux tiers de tous les décès et consomme plus des deux tiers du budget de traitement du Ministère de la Santé.
Selon le ministre les chiffres publiés par cette étude reflètent le défis qui sont rencontrés lors de la lutte contre la tabagisme .
La prévalence du tabac en Tunisie chez les 15 ans et plus est de 25,1% (48,7% pour les hommes et 2,6% pour les femmes), chez les 13-15 ans est de 11,7% selon l’enquête menée en 2016 en collaboration avec l’Organisation mondiale de la Santé, a indiqué le ministre.
Chaque année, le tabac entraine le décès de plus de 13 200 Tunisiennes et Tunisiens 2 milliards DT de pertes économiques, soit l’équivalent de 1,8% du PIB annuel.
Le modèle d’investissement est publié aujourd’hui à l’occasion de la Journée Internationale des Droits de l’Homme souligne l’engagement de la Tunisie dans la lutte antitabac ; ce dernier étant un fléau incompatible avec les droits de l’Homme. En Tunisie, un décès sur cinq est dû à une exposition au tabagisme passif, ce qui signifie que le tabac tue plus de 2 600 Tunisien-nes non- fumeurs chaque année.
Le tabagisme entrave les efforts déployés par le pays pour accroître l’efficacité du secteur de la santé et de l’économie, freinant ainsi les priorités de développement plus larges du pays.
Investir maintenant dans la mise en œuvre des sept mesures éprouvées de lutte antitabac qui réduisent la prévalence du tabagisme et l’exposition au tabagisme passif permet de réduire de manière substantive, le fardeau qu’occasionne le tabac en Tunisie.
Les avantages économiques du renforcement de la lutte antitabac en Tunisie sont supérieurs aux coûts de mise en œuvre (5,7 milliards DT d’avantages contre seulement 90 millions DT de coûts).
L’investissement dans ces sept mesures de lutte contre le tabagisme sur 15 ans permettrait d’éviter 405 millions DT (27 millions DT par an) en dépenses de santé, dont 58% sont à la charge du gouvernement, 39% à celle des citoyenn-es en évitant les paiements directs et le reste aux assurances privées et à d’autres sources de dépenses de santé.
L’augmentation des taxes sur le tabac en Tunisie bénéficierait aux plus pauvres : en effet, l’augmentation des taxes, qui entraînerait une hausse d’environ 29 % du prix du paquet moyen de cigarettes, se traduirait par une réduction de 11 % du tabagisme dans le quintile des revenus les plus faibles, contre seulement 3,4 % dans le quintile des revenus les plus élevés. Plus de la moitié des décès (53 %) évités au cours de la première année de l’augmentation modélisée de la taxe concernerait 40 % des populations les plus pauvres.
Résultats sur la charge annuelle du tabac en Tunisie :
• Plus de 13 200 Tunisiens meurent chaque année de maladies liées au tabac, ce qui représente près de 20 % de l’ensemble des décès dans le pays.
• Près de la moitié des décès liés au tabac (49 %) sont prématurés, c’est-à-dire qu’ils surviennent chez des personnes de moins de 70 ans. En Tunisie, on estime que 18 % des décès liés au tabac sont dus à l’exposition au tabagisme passif.
• Le tabac coûte chaque année 2 milliards DT à l’économie tunisienne, soit l’équivalent de
1,8 % de son PIB en 2019.
• Sur le poids économique total (2 milliards DT) du tabac, 7 % ont été attribués aux dépenses de santé (146 millions DT), et 93 % (1,9 milliard DT) aux pertes de productivité économique dues à la mortalité prématurée et à la mauvaise santé des travailleurs-es, ainsi qu’à la prise de pauses supplémentaires pour fumer au travail.
Conclusions sur les avantages pour la santé et les retours sur investissement des sept politiques prioritaires en matière de lutte antitabac :
• Investir dans les sept mesures de lutte antitabac sur 15 ans permettrait de réduire la prévalence du tabagisme de 46 % et d’éviter plus de 55 500 décès.
• L’application intégrale des sept mesures de lutte antitabac permettrait d’éviter des pertes économiques de 5,7 milliards DT d’ici 2035.
• Pour chaque dinar tunisien investi dans les sept mesures de lutte antitabac, la Tunisie recevra 26 dinars en coûts et pertes économiques évités d’ici 2025 et 63 dinars d’ici 2035 : o Pour chaque dinar tunisien investi dans l’augmentation des taxes sur les cigarettes, la Tunisie recevra 179 dinars en 2025 et 500 dinars en 2035 (article 6 de la CCLAT de l’OMS).







































