Donald Trump avait la mine sombre jeudi en visitant à Pékin l’admirable Temple du Ciel, intermède de détente au côté du président Xi Jinping après une séance sans doute intense de discussions sur les affaires du monde.
S’il a été impressionné par ce chef-d’œuvre d’architecture traditionnelle où les empereurs offraient des prières au ciel pour des récoltes abondantes, M. Trump, le visage fermé, la posture rigide au côté de son hôte, n’en pas pas montré grand-chose.
Et pour un homme qui manque rarement l’occasion de parler aux journalistes, Donald Trump, âgé de 79 ans et arrivé la veille au terme d’un voyage de 16 heures avec un décalage horaire de 12 heures, s’est montré bien taciturne.
«Formidable», a-t-il lâché aux journalistes qui l’ont accompagné dans son voyage et lui ont demandé de quelle manière s’étaient passés ses entretiens peu auparavant en un autre lieu emblématique de Pékin, le Palais du Peuple, à quelques minutes de voiture de là.
«Un endroit formidable», a-t-il dit aussi du Temple du Ciel. «Incroyable. La Chine est magnifique».
Lui et M. Xi avaient-ils abordé Taïwan au Palais du Peuple? M. Trump a ignoré deux questions sur le sujet. L’un des premiers éléments de leurs conversations publiés par les médias chinois alors même que ces conversations d’un peu plus de deux heures étaient toujours en cours a été une mise en garde de M. Xi contre le risque d’un «conflit» entre la Chine et les États-Unis si ces derniers, principal soutien de l’île revendiquée par Pékin, géraient mal le dossier.
Fleurs et drapeaux
Donald Trump, qui affirme sa proximité avec Xi Jinping, avait pourtant dit en avril que celui-ci, peu connu pour ses effusions personnelles en public, lui ferait un «gros câlin» à Pékin.
M. Xi a effectivement accueilli M. Trump avec pompe à son arrivée au monumental Palais du Peuple jouxtant l’immense Place Tiananmen. Les Chinois ont satisfait le goût notoire de M. Trump pour le faste en faisant retentir le canon en son honneur et en faisant défiler des cordons impeccables de soldats. Rayonnant, M. Trump a applaudi quand des essaims colorés d’enfants agitant des fleurs et des drapeaux des deux pays ont scandé «bienvenue».
Les deux hommes ont échangé amicalement sur les marches du Palais, M. Xi paraissant fournir des informations sur la vue.
Mais au Palais du Peuple comme au Temple du Ciel, la franche accolade envisagée par M. Trump ne s’est pas produite.
M. Trump veut croire que sa relation personnelle avec M. Xi porte la promesse de contrats pour les patrons américains qui l’accompagnent, et de décrispation entre les deux premières puissances économiques mondiales et rivales géostratégiques.
Mais les temps ont changé depuis la visite de M. Trump en 2017. Il a affaire à une Chine généralement considérée comme plus sûre de ses forces, du fait de son ascension économique, technologique et militaire.
En dehors de la sévère mise en garde sur Taïwan, Pékin n’a montré aucun signe visible d’être prête à aider M. Trump à résoudre la crise dans le Golfe.
Accrochages
Donald Trump s’est abstenu de tout commentaire sur sa plateforme Truth Social, qu’il alimente d’ordinaire plusieurs fois par jour.
Des accrochages mineurs ont éclaté en marge de leur rencontre. Au Palais du Peuple, des journalistes de Chine et des États-Unis se sont bousculés pour obtenir une place avant le début de la réunion, tandis que des officiels chinois et américains tentaient de maintenir l’ordre.
Plus tard, au Temple du Ciel, une discussion tendue a mis aux prises des officiels américains et chinois après que la sécurité locale eut empêché l’accès avec son arme à un agent des services de protection américains accompagnant les journalistes.
Par plus de 30°C degrés, des responsables chinois ont refusé d’autoriser les reporters venus des États-Unis — dont un journaliste de l’AFP — de quitter la salle annexe où ils étaient maintenus pour rejoindre le cortège présidentiel de M. Trump à destination de son hôtel.
Au milieu des éclats de voix, les officiels de la Maison-Blanche et les journalistes ont fini par forcer le passage pour regagner les véhicules juste avant que le président américain ne parte sans eux.
Par Agence France-Presse
















































