D’après une analyse publiée ce lundi 7 novembre 2023, par « Fitch Ratings », les bénéfices élevés des banques tunisiennes enregistrés au premier semestre 2023 cachent des risques de liquidité et de solvabilité.»
Selon l’agence de notation financière internationale, le retard pris dans la conclusion d’un accord avec le Fonds Monétaire International (FMI) a poussé « le gouvernement à s’appuyer de plus en plus sur les banques pour répondre à ses besoins financiers importants ».
« Cela pourrait affaiblir la liquidité de ces dernières et accroître davantage les risques de solvabilité, d’autant que l’accord avec le FMI conditionne encore l’essentiel du plan de financement extérieur de la Tunisie à l’horizon 2024 ».
« Le rendement annualisé moyen des capitaux propres des dix plus grandes banques tunisiennes a enregistré une hausse de 13,6% au cours du premier semestre de 2023.
Cette hausse s’explique par l’augmentation des revenus nets d’intérêt qui ont augmenté de 16% en glissement annuel dans la mesure où les banques ont bénéficié de marges positives dans un contexte de hausse des taux d’intérêt », a indiqué la même source.
L’amélioration de ces performances est éclipsée par la forte exposition des banques « aux obligations souveraines très faibles » et « conditions d’exploitation incertaines », avertit Fitch Ratings, rappelant qu’elle a déclassé la note souveraine de la Tunisie à » CCC- » en juin 2023.
Et d’ajouter que les créances du secteur bancaire sur l’Etat s’élevaient à 20 milliards de dinars, à fin mai 2023, soit 12% du PIB.
Dans un scénario hypothétique de défaut souverain, estime l’agence, « la restructuration de la dette souveraine en monnaie locale pourrait affaiblir considérablement la capitalisation des banques », soulignant « qu’une décote de 50 % de la dette souveraine en monnaie locale détenue par les banques, aurait pour conséquence le non respect par certaines banques de leurs exigences minimales en matière d’adéquation des fonds propres réglementaires ».
Pour l’Agence de notation, cela entraînerait les autorités « à prendre des mesures pour limiter les pertes nettes de valeur subies par les banques afin de préserver la stabilité financière ».











































