Lors de son audition cette semaine devant l’Assemblée des représentants du peuple, dans le cadre de l’étude du projet de nouveau Code des changes, la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect) a plaidé en faveur d’une réforme ambitieuse du régime des changes. Pour l’organisation patronale, cette évolution est essentielle afin de soutenir l’investissement, stimuler les exportations et renforcer la compétitivité de l’économie nationale.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le président de la Conect, Aslan Berjeb, a insisté sur l’importance de ce chantier, estimant qu’il ne s’agit pas d’un simple débat technique mais d’une question directement liée à l’avenir des entreprises tunisiennes et aux perspectives offertes aux jeunes générations.
Moderniser un cadre devenu obsolète
La Conect considère que le Code des changes actuel, en vigueur depuis 1976, ne répond plus aux exigences de l’environnement économique moderne. Selon elle, la Tunisie doit adopter une approche plus souple, où la liberté d’effectuer des opérations en devises devient la norme, tandis que les restrictions restent limitées à des cas précis, clairement encadrés et justifiés.
Pour Aslan Berjeb, cette réforme représente une véritable transformation de la vision économique du pays, permettant de passer d’un modèle hérité du passé à un cadre mieux adapté aux défis et opportunités de demain.
Quarante-deux propositions d’amendement
Au cours de son audition parlementaire, la Conect a soumis 42 propositions d’amendement destinées à enrichir le projet de loi. Ces recommandations concernent notamment la facilitation de l’investissement, la digitalisation des procédures administratives, la réduction des délais de traitement, le renforcement des mécanismes de garantie et la simplification des démarches.
L’objectif est de rendre le futur Code des changes plus clair, plus efficace et davantage en phase avec les besoins de l’économie actuelle. La Conect estime qu’un cadre réglementaire modernisé contribuerait à améliorer l’attractivité de la Tunisie auprès des investisseurs et à soutenir le développement des entreprises tournées vers l’export.
Entre ouverture et maîtrise des risques
Face aux préoccupations liées à une éventuelle fuite des devises, l’organisation reconnaît que ce risque existe. Toutefois, elle juge que le maintien du système actuel représente une menace plus importante encore. À ses yeux, l’excès de contraintes réglementaires, le manque de visibilité pour les opérateurs économiques et l’essor des circuits informels freinent davantage la croissance du pays.
La Conect défend ainsi une ouverture progressive du régime des changes, accompagnée de mécanismes de contrôle adaptés et de garanties suffisantes pour préserver les équilibres financiers.
Restaurer la confiance des acteurs économiques
Au-delà des aspects techniques, l’organisation voit dans cette réforme un moyen de renforcer la confiance des investisseurs et des entrepreneurs. Elle souligne que la Tunisie dispose d’importants atouts humains et entrepreneuriaux, mais que leur plein potentiel ne pourra être exploité qu’à travers un environnement réglementaire plus transparent et plus prévisible.
Dans cette optique, Aslan Berjeb estime qu’un Code des changes performant doit favoriser l’ouverture économique tout en maintenant un cadre de contrôle efficace. Il appelle ainsi à l’adoption d’une réforme à la fois audacieuse, équilibrée et réaliste.
Les discussions autour du projet de nouveau Code des changes se poursuivent actuellement au Parlement. Le texte continue de susciter des échanges nourris entre les partisans d’une plus grande libéralisation économique et ceux qui privilégient une approche plus prudente afin de préserver la stabilité financière du pays.










































