Le chiffre est avancé sans détour : 95 millions de dinars. C’est le montant que le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle affirme avoir mobilisé pour soutenir les sociétés communautaires, érigées en levier de relance de l’économie sociale et de dynamisation des initiatives locales.
Derrière cette annonce se profile une stratégie inscrite dans le temps, adossée aux lois de finances couvrant la période 2023-2026. L’ambition affichée est de stimuler les territoires, de promouvoir l’entrepreneuriat collectif et d’insuffler une nouvelle dynamique économique à l’échelle locale. Reste toutefois la question de sa concrétisation sur le terrain.
Des mécanismes en place, une montée en charge progressive
Dans une correspondance adressée à l’Assemblée des représentants du peuple le 6 février 2026, le ministre Riadh Chaoued détaille les contours du dispositif. Des accords ont été conclus avec plusieurs établissements bancaires, publics et privés, afin de proposer des financements à des conditions avantageuses.
Si le cadre est structuré et les mécanismes clairement définis, la mise en œuvre reste encore graduelle. À fin décembre 2025, 63 sociétés communautaires ont effectivement bénéficié de financements, tandis que 39 notifications ont été accordées.
Des résultats qui traduisent un démarrage réel, mais encore éloigné d’un déploiement à grande échelle. Le dispositif couvre néanmoins la majorité des gouvernorats, traduisant une volonté d’ancrage territorial, même si son impact concret demeure, à ce stade, difficile à évaluer.
Vers une approche territoriale renouvelée
Au-delà des chiffres, c’est une évolution de l’approche qui semble se dessiner. Dans le cadre du futur plan de développement 2026-2030, les conseils locaux, régionaux et territoriaux devraient être appelés à jouer un rôle accru dans l’identification et la proposition des projets.
Cette orientation traduit une volonté de renforcer la dimension participative et décentralisée du processus décisionnel, avec des arbitrages fondés sur une concertation élargie. Si le changement de cap est notable sur le plan théorique, son efficacité dépendra de la capacité de ces instances à faire émerger des projets viables et structurants.
Entre volontarisme affiché et déploiement encore mesuré, le financement des sociétés communautaires progresse donc par étapes. En filigrane, une interrogation persiste : celle de sa capacité à générer un impact tangible et durable, au-delà des annonces et des intentions.












































