Le ministre des Technologies de la communication, Sofiane Hemissi, a annoncé, le 3 avril 2026, la finalisation prochaine de la généralisation du système de facturation électronique au sein du ministère des Finances. Le lancement effectif du système d’enregistrement des opérations est prévu pour le troisième trimestre 2026, dans le cadre d’une stratégie visant à renforcer la transparence et à instaurer une justice fiscale plus équitable.
S’exprimant lors d’une séance plénière du Conseil national des régions et des districts (CNRD), le ministre a précisé que ce projet s’inscrit dans un programme global de transformation numérique comprenant 192 projets, dont 121 actuellement en cours de réalisation et 20 achevés au premier trimestre 2026.
Une transformation numérique multisectorielle
Outre la facturation électronique, plusieurs réformes sont en cours au sein du ministère des Finances, notamment la généralisation du timbre fiscal électronique, le paiement en ligne de la taxe de circulation et la mise en place d’un identifiant fiscal numérique.
La digitalisation touche également d’autres secteurs clés de l’État. Dans l’administration, de nouveaux services en ligne ont été déployés, tels que la demande de carte d’identité pour les élèves, le renouvellement des passeports et l’obtention du bulletin n°3. Le projet de consulat numérique, destiné aux Tunisiens résidant à l’étranger, figure aussi parmi les initiatives majeures.
Dans le domaine de la santé, les autorités ont lancé la première phase du projet d’hôpital numérique, incluant la gestion des rendez-vous à distance et le développement d’un système intégré pour l’assurance maladie et les aides sociales.
Les secteurs de l’éducation et du transport bénéficient également de cette dynamique, avec la mise en place de systèmes de gestion scolaire et des examens, ainsi que la digitalisation des services liés au permis de conduire et au transfert de propriété des véhicules.
Des défis à surmonter
Malgré ces avancées, plusieurs obstacles subsistent. Le ministre a notamment évoqué la résistance au changement, le manque de compétences spécialisées et la nécessité d’adapter le cadre législatif aux évolutions technologiques. Les enjeux de cybersécurité, de souveraineté numérique et de développement de l’intelligence artificielle constituent également des priorités pour assurer le succès de cette transformation.
Une mise en œuvre progressive recommandée
De son côté, le professeur universitaire et conseiller fiscal Mohamed Salah Ayari a plaidé pour une mise en œuvre progressive de la facturation électronique. Selon lui, la digitalisation des transactions est indispensable, mais doit tenir compte des réalités économiques et professionnelles.
Il propose un déploiement sur trois ans, en commençant par les grandes entreprises, avant d’élargir progressivement aux PME et aux petites structures. Il a également souligné la nécessité d’adapter la législation aux professions non commerciales, qui utilisent des notes d’honoraires plutôt que des factures classiques.
Un tournant pour l’économie tunisienne
La généralisation de la facturation électronique marque une étape clé dans la modernisation de l’administration tunisienne. Elle devrait contribuer à améliorer la transparence, renforcer la confiance et soutenir la transition vers une économie numérique plus performante.












































