Le nouveau secrétaire d’État aux affaires étrangères, Marco Rubio, a annoncé le vendredi 24 janvier le gel de l’aide étrangère des États-Unis, à l’exception de celle destinée à l’Égypte et à Israël. Cette mesure durera le temps d’un réexamen complet de tous les programmes, selon une circulaire interne au département d’État.
« Aucun nouveau fonds ne sera engagé […] tant que chaque nouvelle attribution ou extension proposée n’aura pas été examinée et approuvée » conformément au programme du président Donald Trump, souligne cette circulaire consultée vendredi par l’AFP.
L’aide alimentaire d’urgence est exemptée, mais la circulaire ne fait aucune mention de l’Ukraine, qui avait bénéficié sous l’administration Biden de milliards de dollars d’aide pour se défendre face à la Russie. Cette omission laisse supposer que cette aide est également gelée, alors que Donald Trump et Vladimir Poutine ont commencé à échanger leurs premières menaces par points presse interposés cette semaine.
Examen de conformité
La circulaire découle du décret pris par le président Donald Trump lundi, dès son investiture, ordonnant de geler l’aide étrangère des États-Unis pour 90 jours. Israël et l’Égypte figurent parmi les principaux bénéficiaires de l’aide militaire américaine.
Dans la circulaire, le secrétaire d’État note qu’il est impossible pour la nouvelle administration d’évaluer si les engagements existants en matière d’aide étrangère « ne font pas double emploi, sont efficaces et conformes à la politique étrangère du président Trump ».
Ce dernier avait affirmé dans son décret lundi que « l’industrie et la bureaucratie de l’aide étrangère des États-Unis ne sont pas alignées sur les intérêts américains et, dans de nombreux cas, sont contraires aux valeurs américaines ».
En ce qui concerne la Tunisie, il est important de rappeler que l’administration Biden avait proposé un budget de 106 millions de dollars pour l’assistance américaine, dans le cadre du projet de loi de financement pour l’année fiscale 2023. Ce montant représente presque la moitié de l’aide accordée en 2022, soit 191,4 millions de dinars. Parmi ces 106 millions de dollars, 45 millions étaient destinés à l’assistance économique, tandis que 61 millions étaient alloués à l’assistance sécuritaire, dont 45 millions pour l’aide militaire.
En 2024, la Tunisie n’a reçu que 68,3 millions de dollars d’aide américaine, alors qu’en 2020, cette enveloppe était de 247,1 millions de dollars. Ainsi, une incertitude plane sur l’avenir de ces programmes, notamment en raison des répercussions potentielles du décret sur les engagements américains envers d’autres pays, notamment en Afrique et au Moyen-Orient.
En effet, des pays comme la Jordanie (1,7 milliard de dollars) ou l’Égypte (1,5 milliard de dollars) continuent de bénéficier du soutien de l’USAID, mais il reste à déterminer si ces financements seront maintenus ou ajustés à la lumière de cette nouvelle politique.














































