Au 30 juin 2026, le résultat net cumulé des douze banques cotées atteint 891 MDT, en hausse de 2,7 % sur un an. Une progression modeste qui masque des évolutions très contrastées : amélioration de la rentabilité, croissance du crédit ou des dépôts, maîtrise des charges, mais aussi forte hausse du coût du risque pour certains établissements.
Amen Bank : la meilleure progression du bénéfice
Amen Bank signe l’une des performances les plus marquantes du semestre. Son résultat net progresse de 23,7 % à 161,9 MDT, tandis que son PNB gagne 17,7 % à 362,4 MDT. Sa marge nette atteint 24,2 %, la plus élevée de la cote. La banque bénéficie notamment d’une hausse de 31,8 % des revenus de son portefeuille-titres et d’une amélioration de son coefficient d’exploitation à 35,3 %. Son ROE annualisé atteint 19,7 %.
ATB : le coût du risque efface l’amélioration opérationnelle
L’ATB est la seule banque déficitaire du semestre, avec une perte de 27,6 MDT, contre un bénéfice de 2,6 MDT un an auparavant. Pourtant, son PNB progresse de 9,2 % à 187 MDT, soutenu par une baisse de 22,6 % des charges d’exploitation bancaire. Mais le coût du risque bondit de 95,1 % à 72,3 MDT, tandis que les crédits nets reculent de 5,8 %, la plus forte baisse de la cote.
Attijari Bank : les dépôts à vue en force
Attijari Bank affiche la plus forte proportion de dépôts à vue : 55,1 % de ses dépôts, après une progression de 22,4 % en six mois. Son résultat net augmente de 5,9 % à 123,1 MDT, malgré un recul de 22,3 % de la marge d’intérêt. Le PNB atteint 374,8 MDT (+5,1 %) et le ROE annualisé s’établit à 24,0 %.
BH Bank : le risque pèse lourdement sur les résultats
BH Bank subit une forte dégradation de son coût du risque. Ses dotations pour risque de crédit atteignent 158,2 MDT, en hausse de 81,3 %. Elles absorbent 85,7 % du résultat brut d’exploitation. Malgré un PNB en progression de 8,7 %, le résultat net chute de 72 % à 15,2 MDT. Le ROE annualisé tombe à 2,2 %.
BIAT : rentabilité et maîtrise du risque
La BIAT reste le premier contributeur au résultat du secteur avec 271,4 MDT de bénéfice, en hausse de 10,3 %. Elle représente à elle seule 30,5 % du résultat cumulé des banques cotées. Son ROE annualisé atteint 24,2 %, le niveau le plus élevé de la cote. Principal soutien : un coût du risque divisé par plus de deux, à 25,4 MDT.
BNA : la plus forte collecte de dépôts
La BNA réalise la plus importante collecte du semestre : ses dépôts progressent de 1 479 MDT, soit 10,6 %, à 15 393 MDT. Elle détient également le plus important portefeuille-titres, à 9 773,2 MDT. Son résultat net progresse de 13,8 % à 156,3 MDT, tandis que son coefficient d’exploitation s’établit à 38 %.
BT : l’efficience au premier plan
Avec un coefficient d’exploitation de 34,6 %, la BT affiche le meilleur niveau d’efficience opérationnelle de la cote. Son PNB progresse de 11,8 % à 292,1 MDT et son résultat net de 12,5 % à 95,6 MDT. La banque se distingue également par une hausse de 18,5 % de sa marge d’intérêt, à contre-courant de la tendance sectorielle.
BTE : le retour dans le vert
La BTE signe le plus spectaculaire redressement en matière de résultat : elle passe d’une perte de 5,5 MDT à un bénéfice de 1,4 MDT. Son PNB bondit de 25,3 %, à 43,6 MDT, tandis que son coefficient d’exploitation s’améliore fortement. Ses crédits nets progressent de 7,7 % et ses dépôts à vue de 31 %.
STB : davantage de portefeuille-titres, moins de marge d’intérêt
La STB accentue fortement son recours au portefeuille-titres. Les revenus correspondants atteignent 225,7 MDT, soit 71,9 % du PNB, alors que la marge d’intérêt s’effondre de 88,5 %. Cette évolution pèse sur les performances : le PNB recule de 10,5 %, le RBE de 27,9 % et le résultat net de 59,4 %, à 9,1 MDT. Seul point positif notable : le coût du risque diminue de 15,4 %.
UBCI : la croissance du crédit
L’UBCI affiche la plus forte progression des crédits nets : +14,7 % à 4 030,7 MDT. Les 515,8 MDT de crédits supplémentaires dépassent à eux seuls la hausse enregistrée par l’ensemble du secteur. Le PNB progresse de 10,9 % et le résultat net de 9,7 %, à 30 MDT. Le bilan augmente de 10,2 %.
UIB : la maîtrise des charges
L’UIB se distingue par la progression limitée de ses charges opératoires, à seulement +1,6 %, contre 6,7 % pour le secteur. Son coefficient d’exploitation s’améliore à 54,1 % et son RBE progresse de 11,6 %. Le résultat net atteint 52,3 MDT, en hausse de 6,6 %.
WIB : le retour de l’intermédiation classique
WIB affiche la plus forte croissance de sa marge d’intérêt, à +22,9 %, qui représente près de 70 % de son PNB. Celui-ci progresse de 19,3 % à 59,6 MDT et le RBE de 25,6 %. Mais la hausse de 17,4 % des charges opératoires absorbe une grande partie de cette amélioration. Le résultat net reste ainsi presque stable, à 2,2 MDT.
Douze banques, douze modèles de croissance
Au-delà de la progression limitée de 2,7 % du résultat net sectoriel, les comptes du premier semestre 2026 montrent surtout la diversité des trajectoires. Certaines banques tirent leur croissance des portefeuilles-titres ou des dépôts à vue, d’autres misent davantage sur le crédit ou sur la maîtrise des charges. À l’inverse, la montée du coût du risque constitue un frein majeur pour plusieurs établissements.
Le semestre confirme ainsi que la performance du secteur bancaire coté ne se résume pas à son résultat cumulé : derrière les 891 MDT de bénéfices, les modèles économiques, les moteurs de croissance et les niveaux de risque restent très différents d’une banque à l’autre.













































