La Chine poursuit le renforcement de sa présence économique en Afrique, et la Tunisie figure désormais parmi les pays bénéficiaires de cette dynamique. Depuis début mai 2026, Pékin a instauré une exonération totale de droits de douane sur les importations en provenance de 53 pays africains ayant des relations diplomatiques avec elle, dont la Tunisie. Cette mesure ouvre de nouvelles perspectives pour les exportateurs tunisiens, notamment dans le secteur agroalimentaire.
Initialement limitée, depuis décembre 2024, à 33 pays africains parmi les moins avancés, cette politique commerciale a été élargie à vingt pays supplémentaires. La Tunisie fait ainsi son entrée dans ce dispositif, qui prévoit un traitement préférentiel sur une période de deux ans.
D’après des sources diplomatiques chinoises, cette initiative s’inscrit dans le cadre des engagements annoncés par le président chinois Xi Jinping à l’occasion du 39ᵉ sommet de l’Union africaine en février dernier. Elle vise à consolider les relations économiques entre la Chine et les pays africains.
L’huile d’olive tunisienne en position stratégique
Parmi les secteurs susceptibles de tirer profit de cette ouverture, l’huile d’olive tunisienne apparaît en première ligne. Ce produit phare de l’agriculture nationale dispose d’un fort potentiel sur le marché asiatique.
Ces derniers mois, l’ambassade de Chine en Tunisie a intensifié les échanges avec les autorités tunisiennes et les opérateurs économiques afin de simplifier les procédures liées aux normes sanitaires, à la quarantaine et à l’enregistrement des exportateurs.
Dans ce contexte, le nombre d’entreprises tunisiennes d’huile d’olive enregistrées auprès des autorités chinoises a sensiblement augmenté, facilitant ainsi leur accès au marché chinois. Le Centre de promotion des exportations a également été mobilisé pour accompagner plusieurs entreprises dans leurs démarches de certification et d’export.
Une coopération bilatérale en progression
Cette décision confirme l’évolution positive des relations entre Tunis et Pékin. Celles-ci connaissent, selon des responsables chinois, une montée en puissance portée par une volonté commune de renforcer le partenariat bilatéral.
Cette dynamique s’inscrit notamment dans la continuité de la visite effectuée en 2024 par le président Kaïs Saïed en Chine, à l’invitation de son homologue chinois.
Des projets structurants en cours et à venir
Au-delà des échanges commerciaux, la coopération entre les deux pays se traduit par plusieurs projets concrets. Parmi eux figurent la rénovation du stade olympique d’El Menzah, la création d’un centre de traitement des cancers à Gabès — actuellement en phase d’appel d’offres — ainsi que des réalisations déjà achevées, telles que le centre culturel de Ben Arous ou le nouveau pont de Bizerte.
Par ailleurs, des entreprises chinoises ont exprimé leur intérêt pour investir dans le secteur du phosphate en Tunisie.
Vers un partenariat économique élargi
En parallèle, les deux pays travaillent à l’élaboration d’un accord économique global reposant sur une ouverture progressive, distincte des accords de libre-échange traditionnels. Un texte-cadre a déjà été approuvé, et sa signature pourrait intervenir prochainement.
Ce futur partenariat devrait couvrir plusieurs axes, dont la facilitation des échanges, le développement des chaînes d’approvisionnement, l’inclusion économique et l’exploration de nouveaux secteurs.
Pour la Tunisie, cet accès privilégié à l’un des plus grands marchés mondiaux représente une opportunité stratégique. Reste à transformer cet avantage en résultats concrets sur le plan des exportations.













































