S’exprimant au sein de l’Assemblée des représentants du peuple, le secrétaire d’État chargé de la transition énergétique, Wael Chouchane, a déclaré que les récentes tensions au Moyen-Orient n’auront pas, pour le moment, d’impact sur l’approvisionnement énergétique de la Tunisie.
Il a précisé que les contrats d’importation de gaz naturel signés par la Tunisie sont principalement établis avec l’Algérie ainsi qu’avec plusieurs pays européens. Ces flux ne dépendent donc pas directement de la région du Golfe.
Concernant le pétrole brut, il a indiqué que la majorité des contrats sont conclus avec l’Azerbaïdjan. Par conséquent, les cargaisons destinées à la Tunisie ne passent pas par le détroit d’Ormuz, qui est un point névralgique des tensions actuelles. Selon lui, aucun risque immédiat de rupture d’approvisionnement n’est à signaler.
Ces déclarations interviennent dans un contexte régional marqué par une forte volatilité des marchés énergétiques et par des préoccupations liées à la sécurité des voies maritimes stratégiques. Cependant, bien que l’exposition logistique de la Tunisie semble limitée à court terme, la dépendance structurelle du pays aux importations reste un facteur de vulnérabilité.
Le secrétaire d’État a rappelé que le déficit énergétique national s’élève actuellement à 65 %. Ce ratio reflète l’écart entre la production locale et la consommation intérieure, largement couverte par les importations d’hydrocarbures.
Face à cette situation, la stratégie nationale repose sur une accélération du développement des énergies renouvelables. L’objectif affiché est d’atteindre 50 % de la part des renouvelables dans le mix énergétique d’ici 2035, puis 80 % d’ici 2050.
Cette trajectoire nécessite un investissement massif dans le solaire et l’éolien, ainsi qu’une modernisation des infrastructures de transport et de stockage d’électricité. Elle implique également une réforme du cadre réglementaire afin d’encourager les producteurs indépendants et les partenariats public-privé.
Bien que l’absence d’impact immédiat des tensions au Moyen-Orient soit un signal apaisant, la question principale reste celle de la résilience énergétique à long terme. La diminution du déficit énergétique et la diversification des sources se présentent donc comme des impératifs stratégiques pour réduire l’exposition de la Tunisie aux chocs géopolitiques et aux variations des prix internationaux.













































