« Ragouj Live » d’Abdelhamid Bouchnak est une nouvelle œuvre qui fusionne musique, théâtre et danse. Cette adaptation scénique de la série télévisée éponyme, « Raqouj », a été un événement très attendu lors de la soirée de clôture de la 42ème édition du Festival International de Bizerte, mettant en avant les personnages de cette série qui a captivé de nombreux téléspectateurs tunisiens.
Tirant parti du succès des deux saisons de la série télévisée « Ragouj » et « Ragouj el Kenz », le réalisateur Abdelhamid Bouchnak a transformé cette histoire en un spectacle vivant sur scène.
« Ragouj », qui est un palindrome de « Jougar » (un village situé dans la délégation d’El Fahs) rendu célèbre par le feuilleton, représente un microcosme d’une société fermée et repliée sur elle-même, refusant toute intrusion extérieure dans ce village isolé où règnent la corruption, les passe-droits et les abus de pouvoir.
On retrouve des personnages du feuilleton vêtus de costumes colorés dans un décor riche, évoluant sur des mélodies tzigane. Youssef, El Wral, Dinari, Nssima, Mahbouba, Pedro, Chama, Abess, Othman, Manoubia, Mabrouk et IDA sont les principaux protagonistes qui ont animé pendant près de 3 heures un spectacle vibrant de couleurs, où se sont enchaînées des séquences emblématiques du feuilleton. Trois écrans ont été installés pour diffuser des scènes du feuilleton que le spectacle ne pouvait pas reproduire.

Entre drame social, mélodrame et romance, « Ragouj-Le spectacle » présente une variété de personnages représentant des échantillons de la société : Moncef El Wral, qui se décrit comme un porc, incarne la figure du capitaliste impitoyable et sauvage qui, tel un rouleau-compresseur, menace de tout anéantir sur son passage pour atteindre ses objectifs et dominer le village. Il suscite la peur et la méfiance. De son côté, Dinari représente le type même de l’administration. Maire de Ragouj, corrompu et sans dignité, il est prêt à profiter de toutes les opportunités (sa célèbre phrase « Tu manges je mange… »).
Corrompu jusqu’aux os, il impose sa loi aux plus vulnérables. Ensuite, il y a les autres, allant du plus faible au plus fort, de l’honnête au plus malhonnête. C’est un univers manichéen où le bien et le mal coexistent, et le véritable message de cette chronique villageoise est que le trésor tant désiré est cette eau précieuse qui jaillit à la fin du spectacle.
Dans ce spectacle, 120 artistes, comprenant des acteurs, des danseurs, des musiciens et des techniciens, ont été réunis, l’orchestre occupant une grande partie de la scène.

La musique live créative, inspirée par celle de Goran Bregovic (Film « Le temps des gitans » d’Emir Kusturica), et signée Hamza Bouchnak, occupe une place prépondérante. Des compositions de Ridha Diki Diki et de Hedi Guella ont enrichi certaines scènes. La chorégraphe et danseuse Oumaima Manai a su restituer l’univers unique de « Ragouj » en s’inspirant des gestes des ouvriers agricoles dans une chorégraphie à la fois contemporaine et traditionnelle.
À la fin de son spectacle, Abdelhamid Bouchnek a posé la question que chacun d’entre nous se pose : pourquoi Ragouj live après la série ? Il a répondu que la raison était votre présence ici ce soir. Il a également salué le public de Bizerte ainsi que toute l’équipe qui l’a accompagné dans Ragouj, en remerciant chaque membre individuellement.

Le spectacle de clôture a été un grand succès, marquant la fin d’une édition spéciale du Festival international de Bizerte, qui a attiré le public du 15 juillet au 19 août, grâce à un comité d’organisation dirigé par Monsieur Lotfi Sfaxi. Ce dernier a mobilisé tous ses efforts aux côtés d’une équipe forte et soudée afin d’assurer le succès de chaque soirée et a démontré que ce festival demeure prestigieux dans la région, tout en conservant son charme et sa spécificité grâce à des spectacles soigneusement étudiés, sélectionnés et organisés.












































