À l’occasion de la conférence de l’ONU sur l’océan à Nice, les banques publiques de développement européennes ont lancé, le lundi 9 juin à Nice, une nouvelle phase de l’Initiative Clean Oceans (COI).
Cette seconde étape de leur programme principal de lutte contre la pollution plastique marine a pour objectif de mobiliser au moins 3 milliards d’euros d’ici 2030.
Contrairement à la première phase, qui était principalement centrée sur la gestion des déchets solides, des eaux usées et pluviales, ce nouveau cycle élargit ses objectifs pour aborder les sources de pollution en amont, notamment en soutenant l’innovation dans les emballages et en renforçant les capacités de recyclage. Cette mise à jour intervient alors que les Nations unies estiment que, sans mesures correctives, les volumes de plastique déversés dans les océans pourraient tripler d’ici 2040, passant de 11 à 37 millions de tonnes par an.
L’Afrique, qui ne produit que 5 % du plastique mondial et en consomme 4 %, est cependant la deuxième source de pollution plastique marine par le biais des cours d’eau, selon l’OMS. Ce paradoxe s’explique par l’insuffisance, voire l’absence d’infrastructures de collecte et de traitement sur le continent, en dehors de quelques initiatives privées, souvent limitées en portée et en ressources.
Dans ce contexte, le soutien international demeure essentiel. Entre 2018 et 2025, la première phase de la COI a permis de mobiliser 4 milliards d’euros, notamment pour des projets d’assainissement urbain.
Pour donner une portée mondiale à l’initiative, ses partenaires, y compris la Banque européenne d’investissement (BEI), s’efforcent d’élargir le cercle des bailleurs. La Banque asiatique de développement a déjà intégré le programme. Des discussions sont en cours avec la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement, dans le but de construire une réponse internationale mieux coordonnée.
Parallèlement, un traité international concernant la haute mer, adopté en 2023, est en cours de ratification par environ soixante États. Il devrait permettre, dès 2026, l’établissement de zones marines protégées dans les eaux internationales, qui représentent près des deux tiers des océans.
L’ONU prépare également, pour 2028, le lancement d’un nouveau mécanisme de financement destiné à soutenir l’économie bleue et à remédier au déficit d’investissements dans la santé des océans, évalué à 175 milliards de dollars par an.
Dans une Afrique encore insuffisamment équipée pour faire face à la pression des déchets plastiques, ces initiatives multilatérales représentent l’un des rares leviers disponibles pour lutter contre une pollution dont le continent est l’un des premiers à ressentir les effets, sans en être le principal responsable.








































