L’Institut français de Tunisie, en collaboration avec la Délégation générale Wallonie-Bruxelles Tunisie et le Théâtre National Tunisien, organise, le vendredi 11 avril 2025, au Théâtre Le 4ème Art à Tunis, la première représentation tunisienne de la pièce de théâtre Bel abîme, inspirée du roman du même nom de Yamen Manaï.
Yamen Manaï décrit avec passion le douloureux éveil d’un adolescent en révolte face aux injustices et à la brutalité d’une société envers ses enfants. Par chance, il est accompagné de sa chienne Bella. Entre eux, un lien indéfectible se tisse, tout en faisant face au mépris d’une société qui maltraite les faibles, y compris les chiens, abattus « pour éviter que la rage ne se répande parmi le peuple ». Pourtant, la colère est déjà présente.
Avec une ironie incisive et sans la moindre réserve, le narrateur interpelle vivement ses interlocuteurs. Les accusations qui pèsent sur lui sont lourdes, mais le jeune homme affirme ne rien regretter.
Il révèle les motivations qui l’ont mené à la colère et à l’acte criminel : un père distant qui l’a toujours rabaissé et ignoré ; une société dominée par les apparences et la religion omniprésente ; la domination des plus forts sur les plus vulnérables ; la misère, la saleté, le mépris à l’égard des animaux et de l’environnement.
Heureusement, Bella, la chienne qu’il a sauvée lorsqu’elle était chiot contre la volonté de ses parents, est à ses côtés. Ensemble, ils ont grandi, se sont protégés et sont devenus résilients. Leur amour est inconditionnel. Cependant, dans ce pays, le gouvernement ordonne d’éliminer les chiens « pour que la rage ne se propage pas dans le peuple ».
Ainsi, lorsque Bella a été tuée, il était impératif de venger sa mort.
Bel Abîme a été récompensé par le Prix Orange du livre en Afrique, le Prix de la Littérature Arabe, le Prix Micheline, le Prix de l’Algue d’Or, le Prix Texto 2022 de l’Université Sorbonne Nouvelle, le Prix de la Passerelle, le Prix Flaubert, ainsi qu’une Mention spéciale du prix Ahmed Baba de la Littérature Africaine en 2022.
Yamen Manaï est un auteur tunisien résidant à Paris. il a grandi à Tunis dans un milieu cultivé. Dans son enfance, il découvre la bibliothèque familiale et est fasciné par la poésie arabe, qui va influencer son écriture. Après avoir déménagé à Paris pour poursuivre des études d’ingénierie dans le domaine des nouvelles technologies de l’information, il entre dans la vie littéraire française et commence progressivement à écrire en langue française.
Ses quatre romans, d’inspiration philosophique, invitent le lecteur à réfléchir sur les enjeux contemporains : dictatures, fanatisme religieux et écologie. Chacun de ses ouvrages a été décoré de prix littéraires, tant en France qu’en Tunisie (Comar d’or) :
2009 : Comar d’or pour La Marche de l’incertitude ;
2010 : Prix lycéen Coup de soleil pour La Marche de l’incertitude ;
2012 : Prix Alain-Fournier pour La Sérénade d’Ibrahim Santos ;
2017 : Prix des cinq continents de la francophonie décerné à L’Amas ardent, Grand prix du roman métis attribué à L’Amas ardent et Comar d’or pour L’Amas ardent ;
2018 : Prix du livre Lorientales remis à L’Amas ardent ;
2022 : Lauréat du 4e prix Orange du Livre en Afrique et du prix du roman métis des lycéens pour Bel abîme.












































