Une ambiance entièrement africaine a envahi l’amphithéâtre romain de Carthage lors de la soirée du jeudi 15 août 2024, dans le cadre de la 58e édition du Festival international de Carthage, avec la présence du « Roi du mbalax » au Sénégal, Youssou N’Dour. Sur la scène de Carthage, entièrement noire et décorée de manière épurée, des nuages apparaissaient en arrière-plan sur l’écran où figurait le nom de l’artiste. Vêtu de costumes traditionnels et entouré de couleurs vives, N’Dour a fait son entrée avec des mouvements acrobatiques, tambourin en main, et a commencé à enflammer le public en s’exclamant qu’il était là, le roi de la musique pop africaine.
Youssou N’Dour est un artiste africain de renommée mondiale et un homme politique sénégalais. Depuis 2003, il est également directeur de presse, ayant fondé le groupe Futurs Médias. Il s’est engagé dans le mouvement anti-Wade et a été nommé ministre de la Culture et du Tourisme du Sénégal dans le gouvernement de Mbaye à partir du 4 avril 2012, puis ministre du Tourisme et des Loisirs du 29 octobre 2012 au 2 septembre 2013, avant de devenir ministre-conseiller auprès du président Macky Sall.
Sa carrière a débuté à l’âge de dix-neuf ans avec le groupe Étoile de Dakar, où le producteur sénégalais Ibrahima Sylla a enregistré leur premier album au Studio Golden Baobab. En 1979, Youssou N’Dour a acquis une grande notoriété au Sénégal et a décidé de fonder son propre orchestre, le Super Étoile de Dakar. Il a collaboré avec des artistes de renommée internationale tels que Peter Gabriel, Paul Simon, Manu Dibango et Alan Stivell.
En 1985, il a rencontré des artistes français comme Michel Berger, Daniel Balavoine et Jean-Jacques Goldman, bien que ces rencontres n’aient pas donné lieu à des projets spécifiques, elles ont permis de découvrir des initiatives humanitaires telles qu’Action écoles, visant à aider les enfants africains, ainsi que des projets pour fournir des pompes à eau aux agriculteurs africains dans le besoin.
L’une des œuvres les plus emblématiques de Youssou N’Dour est la chanson « 7 Seconds », interprétée en collaboration avec la chanteuse Neneh Cherry. Le vidéoclip, réalisé par Stéphane Sednaoui, a été filmé à New York. En 1998, il a également composé l’hymne de la Coupe du monde de football, intitulé « La Cour des grands », qu’il interprète aux côtés d’Axelle Red. Par ailleurs, en 2008, il a collaboré avec l’artiste congolais Koffi Olomidé sur l’album « Bord Ezanga Kombo », où il a chanté la chanson « Festival » en duo avec Koffi Olomidé et Cindy Le Cœur.
Youssou N’Dour est également le compositeur de la bande originale du film d’animation « Kirikou et la Sorcière », réalisé par Michel Ocelot en 1997. Il a joué dans le film « Amazing Grace » (2006), incarnant le personnage d’Olaudah Equiano, et a également tenu son propre rôle dans le documentaire « Retour à Gorée » (2007), qui traite de l’histoire de la traite négrière et de son héritage musical à travers le jazz et le gospel. De plus, il a chanté en duo avec la célèbre diva libanaise Majida El Roumi la chanson « Biladi Ana », extraite de l’album « Ghazal » (2012) de cette dernière. En 2013, il a été honoré du Polar Music Prize en Suède.
En lien avec son activité artistique, le roi du mbalax s’engage dans plusieurs initiatives commerciales, principalement au Sénégal. Il est propriétaire d’un studio d’enregistrement à Dakar ainsi que d’une discothèque, le Thiossane, située dans le quartier de Grand-Dakar, où il s’efforce d’être présent chaque week-end. Depuis l’an 2000, il organise des concerts au Palais omnisports de Paris-Bercy, appelés Le Grand Bal, qui rassemblent la communauté africaine.
Youssou N’Dour a été honoré de nombreux prix pour sa musique, dont celui du meilleur artiste africain du siècle en 1996. Le 13 février 2005, il a reçu un Grammy Award pour son album Egypt dans la catégorie du meilleur album de musiques du monde, en plus de deux disques d’or. En 2011, il a été nommé docteur honoris causa par l’université Yale aux États-Unis. En mai 2013, il a remporté le prix Polar Music. En septembre 2017, il a été distingué par le Praemium Imperiale, un prix japonais.
Devant un public hétérogène composé de Tunisiens, d’Européens et d’Africains arborant le drapeau sénégalais, Youssou N’Dour démarre avec énergie, soutenu par des saxophones et des percussions. L’ambiance s’enflamme avec « Shakin’ the Tree », un titre emblématique, vif et entraînant, que N’Dour avait interprété aux côtés de Peter Gabriel. Le public, captivé par les rythmes, se met à chanter et à accompagner N’Dour, qui investit la scène avec passion, suscitant des cris d’encouragement. Suit un morceau dansant intitulé « Bamba », où N’Dour tend le micro vers le public, l’incitant à chanter et à danser, et ce dernier, réceptif, répond avec enthousiasme.
Durant 90 minutes, Youssou N’dour a offert un éventail de ses chansons, alliant le style « mbalax », un genre musical sénégalais reconnu pour sa fusion de sonorités traditionnelles et de rythmes internationaux tels que le reggae. N’Dour, surnommé « Le Petit Prince de Dakar », a également interprété des morceaux célébrant l’Afrique et sa patrie, appelant au changement, à la liberté, à l’amour et à la paix. Parmi ses chansons engagées figurent « Bamba », « Birima », « New Africa » et « Baykat ». L’amour, la fraternité et le rythme sont omniprésents, et N’Dour reprend sa célèbre chanson « 7 secondes », sortie en 1994, un succès qui a dépassé les 177 millions de vues sur YouTube, provoquant l’enthousiasme du public. En guise de point d’orgue, la chanteuse camerounaise Kali Kamga a rejoint N’Dour pour clore le spectacle. Une soirée mémorable dédiée à l’Afrique a captivé et enflammé l’auditoire.
Un Aperçu du Concert

























































