Un sommet sur la sécurité au Sahel démarre, ce lundi 15 février 2021, à N’Djamena. Il s’agira d’établir un cadre politique pertinent pour régler la crise malienne..
Cette crise affaiblit des États à deux doigts d’être faillis ; elle permet aux groupes extrémistes de s’implanter dans les espaces où la souveraineté nationale est en jachère ; enfin, elle mobilise des forces internationales conséquentes qui luttent contre la menace terroriste.
L’ambition de la France et de ses alliés africains et occidentaux est de compléter la dynamique militaire qui prévaut depuis 2013 par un sursaut symétrique dans les volets civils, notamment en visant le retour de l’État dans les régions les plus troublées.
Lors d’un débat sur l’engagement français au Sahel, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian a déclaré devant le Sénat « Le sommet de Pau (en février 2020) a été celui du sursaut militaire. Celui de N’Djamena sera celui du sursaut diplomatique, politique et du développement afin de consolider les résultats des derniers mois »,
À N’Djamena, il ne sera plus question de « réajustement » du dispositif militaire. Les modalités du redimensionnement de la force française Barkhane (5 200 soldats déployés dans la zone) seront décidées au cours des prochaines semaines et prochains mois », a fait savoir l’Élysée.
La voie restera donc celle des armes, avec le maintien des troupes françaises, la montée en puissance de la force Takuba à laquelle est associée une demi-douzaine de pays européens, et le soutien réitéré des États-Unis dont les militaires ont été associés de près aux récentes opérations d’envergure contre les groupes terroristes dans la fameuse et remuante zone des trois frontières (Mali, Niger et Burkina Faso).
Mais à l’effort militaire, coûteux en vies humaines tant civiles que militaires, doit s’ajouter une démarche politique des États sahéliens. D’où les rencontres de ses dernières semaines entre Emmanuel Macron et chacun des cinq présidents des cinq pays du Sahel. La démarche est double : regagner la confiance des populations en redéployant l’État et négocier avec les seuls groupes qui « acceptent d’inscrire leurs actions dans le cadre de l’État ». Les autres sont des terroristes d’Al-Qaida ou de Daech. Or, comme l’assurent Emmanuel Macron et Jean-Yves Le Drian, « on ne négocie pas avec des terroristes, on les combat ».















































