{"id":75241,"date":"2026-07-20T12:40:41","date_gmt":"2026-07-20T11:40:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.africanchallenges.com\/?p=75241"},"modified":"2026-07-20T12:40:42","modified_gmt":"2026-07-20T11:40:42","slug":"labes-la-danse-contemporaine-prend-possession-de-hammamet-dans-une-soiree-hors-norme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.africanchallenges.com\/?p=75241","title":{"rendered":"\u00ab Labes \u00bb : la danse contemporaine prend possession de Hammamet dans une soir\u00e9e hors norme"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hier soir, dimanche 19 juillet, l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre de Hammamet a accueilli une soir\u00e9e enti\u00e8rement d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la danse contemporaine avec le spectacle Labes de Selim Ben Safia. Unique rendez-vous chor\u00e9graphique de cette \u00e9dition du Festival international de Hammamet, cette cr\u00e9ation, \u00e0 la fois engag\u00e9e et conceptuelle, a s\u00e9duit le public par son \u00e9criture sc\u00e9nique soign\u00e9e. Le spectacle porte \u00e9galement l&#8217;empreinte de l&rsquo;artiste conceptuelle Nadia Kaabi-Linke, dont la collaboration a contribu\u00e9 \u00e0 enrichir la dimension visuelle et artistique de cette \u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">5 chor\u00e9graphes s\u2019emparent de la sc\u00e8ne, con\u00e7ue d\u2019une mani\u00e8re \u00e0 ce que le spectateur s\u2019y perd, se pose des interrogations et laisse libre court \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation. De prime abord, tout un univers fait de musique, de danse contemporaine et d\u2019un savoir conceptuel ma\u00eetris\u00e9 s\u2019impose au public pr\u00e9sent, venu pour d\u00e9couvrir cette performance de 50 min, interpr\u00e9t\u00e9e par Malek Zoueidi, Ilyes Triki, Mohamed Aissaoui, Romane Piffault, avec une musique sign\u00e9e Marine-Suzanne de Loye et Hazem Berrabeh.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le spectacle est un bond dans l\u2019histoire. Il \u00e9claire un pass\u00e9 pour mieux cerner le pr\u00e9sent. Une cr\u00e9ation qui porte le mot tunisien \u00ab Labes \u00bb, non pas tel un questionnement mais plut\u00f4t comme une affirmation. Le spectacle se r\u00e9f\u00e8re au \u00ab Quartier maghr\u00e9bin de J\u00e9rusalem \u00bb, disparu en 1967. Ces performeurs mettent des mots sur cet oubli, redessinent une m\u00e9moire collective pr\u00e9cieuse, cri haut et fort des maux, des fragments de m\u00e9moire. Le plateau redessine ce quartier avant sa destruction. Les 5 danseurs retracent des vies fragiles, des r\u00e9cits personnels bris\u00e9s et font barrage \u00e0 l\u2019oubli et ses abysses. Le langage corporel est encore plus puissant que les discours et les mots.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les chor\u00e9graphes poss\u00e8dent un savoir artistique diversifi\u00e9, pr\u00f4ne diff\u00e9rentes danses. \u00ab J\u2019ai tenu \u00e0 avoir un \u00e9l\u00e9ment sur sc\u00e8ne, qui transforme l\u2019espace et le revisite. En pleine phase de recherche \u00e0 Berlin, je d\u00e9couvre le travail de Nadia Kaabi-Linke, qui m\u2019a incit\u00e9 \u00e0 faire aboutir cette collaboration \u00bb. D\u00e9clare en amont du spectacle Selim Ben Safia. \u00ab La th\u00e9matique de la r\u00e9silience, de la r\u00e9sistance, de cette lutte contre l\u2019oubli m\u2019a fait directement penser \u00e0 la disparition de l\u2019ancien Quartier Maghr\u00e9bin. Nomm\u00e9 couramment \u00ab Haaret el Maghariba \u00bb et qui existait dans l\u2019ancien J\u00e9rusalem.Ma prise de contact avec Selim ben Safia a eu lieu en plein g\u00e9nocide, 2 ans plus t\u00f4t. J\u2019ai eu connaissance de l\u2019existence de ce quartier en 2017. Il a exist\u00e9 au 12\u00e8me si\u00e8cle, sous Salaheddine El Ayoubi et recevait des maghr\u00e9bins, qui, pour compl\u00e9ter leur p\u00e8lerinage \u00e0 la Mecque, passaient aussi par J\u00e9rusalem, selon des r\u00e9f\u00e9rences coraniques concr\u00e8tes. Le quartier maghr\u00e9bin porte bien son nom et reste m\u00e9connu. Il a pourtant exist\u00e9 pendant plus de 7 si\u00e8cles jusqu\u2019\u00e0 son effacement total par l\u2019occupant en 1967. Des faits qui m\u2019ont profond\u00e9ment marqu\u00e9 et qui ont ressurgi. Ils rallient une m\u00e9moire commune \u00e0 deux peuples, la Palestine et plus pr\u00e9cis\u00e9ment la Tunisie et le Maghreb. Ce travail fait \u00e9chos \u00e0 la Palestine, sa r\u00e9sistance et \u00e0 l\u2019actualit\u00e9 de nos jours \u00bb. pr\u00e9cise Nadia Kaabi-Linke.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chaque chor\u00e9graphe raconte sa r\u00e9sistance singuli\u00e8re, propre \u00e0 lui, personnel. Les r\u00e9cits s\u2019entrecroisent pour donner vie \u00e0 une m\u00e9moire collective, li\u00e9e \u00e0 l\u2019existence de cette cit\u00e9 historiquement riche, mais vou\u00e9e \u00e0 l\u2019oubli. \u00ab Labes \u00bb est une ode \u00e0 la r\u00e9sistance, un travail de m\u00e9moire abouti visuellement et musicalement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce soir, le 20 juillet 2026, place \u00e0 \u00ab Gnawa Diffusion \u00bb et \u00e0 son live particuli\u00e8rement attendu par le public averti du Festival International de Hammamet. L\u2019\u00e9dition 60 bat son plein sous le slogan \u00ab Endless Memories \u00bb. La m\u00e9moire qui reste au centre de toutes les pr\u00e9occupations.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hier soir, dimanche 19 juillet, l&rsquo;amphith\u00e9\u00e2tre de Hammamet a accueilli une soir\u00e9e enti\u00e8rement d\u00e9di\u00e9e \u00e0 la danse contemporaine avec le spectacle Labes de Selim Ben Safia. Unique rendez-vous chor\u00e9graphique de cette \u00e9dition du Festival international de Hammamet, cette cr\u00e9ation, \u00e0 la fois engag\u00e9e et conceptuelle, a s\u00e9duit le public par son \u00e9criture sc\u00e9nique soign\u00e9e. 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