{"id":66835,"date":"2025-07-25T16:25:43","date_gmt":"2025-07-25T15:25:43","guid":{"rendered":"https:\/\/www.africanchallenges.com\/?p=66835"},"modified":"2025-07-25T16:25:46","modified_gmt":"2025-07-25T15:25:46","slug":"la-tunisie-commemorera-le-68eme-anniversaire-de-la-declaration-de-la-republique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.africanchallenges.com\/?p=66835","title":{"rendered":"La Tunisie comm\u00e9morera le 68\u00e8me anniversaire de la d\u00e9claration de la R\u00e9publique"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce 25 juillet 2025, la Tunisie comm\u00e9morera le 68\u00e8me anniversaire de la d\u00e9claration de la R\u00e9publique. Cette date symbolise l&rsquo;anniversaire de la d\u00e9claration de la R\u00e9publique tunisienne en 1957, avec Habib Bourguiba en tant que premier pr\u00e9sident.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La c\u00e9l\u00e9bration de la R\u00e9publique constitue un \u00e9v\u00e9nement majeur dans l&rsquo;histoire de la Tunisie, signalant la transition d&rsquo;une monarchie vers une r\u00e9publique et le commencement d&rsquo;une nouvelle \u00e8re de modernisation pour le pays.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Protectorat fran\u00e7ais et lutte nationaliste : Mouvement national tunisien<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En raison de la politique d\u00e9sastreuse des beys, de l&rsquo;augmentation des imp\u00f4ts et des ing\u00e9rences \u00e9trang\u00e8res dans l&rsquo;\u00e9conomie, la Tunisie rencontre progressivement de graves difficult\u00e9s financi\u00e8res. Tous ces \u00e9l\u00e9ments poussent le gouvernement \u00e0 d\u00e9clarer la faillite en 1869 et \u00e0 \u00e9tablir une commission financi\u00e8re internationale anglo-franco-italienne. La r\u00e9gence se r\u00e9v\u00e8le rapidement \u00eatre un enjeu strat\u00e9gique majeur en raison de la position g\u00e9ographique du pays, \u00e0 la crois\u00e9e des bassins occidental et oriental de la M\u00e9diterran\u00e9e. La Tunisie devient ainsi l&rsquo;objet des convoitises concurrentes de la France et de l&rsquo;Italie. Les consuls fran\u00e7ais et italien s&rsquo;efforcent de tirer parti des difficult\u00e9s financi\u00e8res du bey, la France s&rsquo;appuyant sur la neutralit\u00e9 de l&rsquo;Angleterre (peu encline \u00e0 voir l&rsquo;Italie s&#8217;emparer de la route du canal de Suez) et profitant des man\u0153uvres de Bismarck, qui souhaite la d\u00e9tourner de la question de l&rsquo;Alsace-Lorraine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Signature du trait\u00e9 du Bardo au palais de Ksar Sa\u00efd le 12 mai 1881<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les affrontements entre les tribus alg\u00e9riennes et les tribus khroumirs sur le sol alg\u00e9rien servent de justification \u00e0 Jules Ferry pour mettre en avant l&rsquo;importance de s&#8217;emparer de la Tunisie. En avril 1881, les forces fran\u00e7aises entrent dans le pays sans rencontrer de r\u00e9sistance significative et atteignent les environs de Tunis en trois semaines, sans avoir \u00e0 combattre. Le 12 mai 1881, le protectorat est \u00e9tabli officiellement lorsque Sadok Bey, sous la menace d&rsquo;une destitution et d&rsquo;un remplacement par son fr\u00e8re Ta\u00efeb Bey, signe le trait\u00e9 du Bardo au palais de Ksar Sa\u00efd. Cela n&#8217;emp\u00eache pas les troupes fran\u00e7aises de faire face, quelques mois plus tard, \u00e0 des r\u00e9voltes qui sont rapidement r\u00e9prim\u00e9es dans les r\u00e9gions de Kairouan et Sfax. Le r\u00e9gime du protectorat est consolid\u00e9 par les conventions de La Marsa du 8 juin 1883, qui conf\u00e8rent \u00e0 la France le droit d&rsquo;intervenir dans les affaires internes de la Tunisie. D\u00e8s lors, la France repr\u00e9sente la Tunisie sur la sc\u00e8ne internationale et ne tarde pas \u00e0 abuser de ses droits et pr\u00e9rogatives de protecteur pour exploiter le pays comme une colonie, en for\u00e7ant le bey \u00e0 c\u00e9der presque tous ses pouvoirs au r\u00e9sident g\u00e9n\u00e9ral. N\u00e9anmoins, des avanc\u00e9es \u00e9conomiques se produisent, notamment \u00e0 travers les banques et les entreprises, ainsi que le d\u00e9veloppement de nombreuses infrastructures (routes, ports, chemins de fer, barrages, \u00e9coles, etc.).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Proc\u00e8s de l&rsquo;affaire du Djellaz en 1911<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La colonisation favorise l&rsquo;expansion des cultures c\u00e9r\u00e9ali\u00e8res et la production d&rsquo;huile d&rsquo;olive, ainsi que l&rsquo;exploitation des mines de phosphates par la Compagnie des phosphates et des chemins de fer de Gafsa, et de fer par la Soci\u00e9t\u00e9 du Djebel Djerissa, qui est la premi\u00e8re entreprise tunisienne et la quinzi\u00e8me fran\u00e7aise. Un port militaire majeur est construit \u00e0 Bizerte. En outre, les Fran\u00e7ais mettent en place un syst\u00e8me bilingue en arabe et en fran\u00e7ais, permettant \u00e0 l&rsquo;\u00e9lite tunisienne de se former dans les deux langues. La r\u00e9sistance \u00e0 l&rsquo;occupation fran\u00e7aise d\u00e9bute au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle avec le mouvement r\u00e9formiste et intellectuel des Jeunes Tunisiens, fond\u00e9 en 1907 par B\u00e9chir Sfar, Ali Bach Hamba et Abdeljelil Zaouche. Ce courant nationaliste se manifeste par l&rsquo;affaire du Djellaz en 1911 et le boycott des tramways tunisois en 1912. Entre 1914 et 1921, le pays est en \u00e9tat d&rsquo;urgence et la presse anticolonialiste est prohib\u00e9e. N\u00e9anmoins, le mouvement national continue d&rsquo;exister. \u00c0 la fin de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration, organis\u00e9e autour d&rsquo;Abdelaziz Th\u00e2albi, pr\u00e9pare la cr\u00e9ation du parti du Destour.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En conflit avec le r\u00e9gime du protectorat, le parti pr\u00e9sente, d\u00e8s la proclamation officielle de sa cr\u00e9ation le 4 juin 1920, un programme en huit points. Apr\u00e8s avoir critiqu\u00e9 le r\u00e9gime du protectorat dans des journaux tels que La Voix du Tunisien et L&rsquo;\u00c9tendard tunisien, l&rsquo;avocat Habib Bourguiba fonde en 1932, avec Tahar Sfar, Mahmoud El Materi et Bahri Guiga, le journal L&rsquo;Action tunisienne, qui, en plus de revendiquer l&rsquo;ind\u00e9pendance, d\u00e9fend la la\u00efcit\u00e9. Cette position unique conduit, le 2 mars 1934, lors du congr\u00e8s de Ksar Hellal, \u00e0 la division du parti en deux branches : l&rsquo;une islamisante qui conserve le nom de Destour, et l&rsquo;autre moderniste et la\u00efque, le N\u00e9o-Destour, une formation politique moderne, structur\u00e9e selon les mod\u00e8les des partis socialistes et communistes europ\u00e9ens, et d\u00e9termin\u00e9e \u00e0 conqu\u00e9rir le pouvoir pour transformer la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Suite \u00e0 l&rsquo;\u00e9chec des pourparlers initi\u00e9s par le gouvernement Blum, des incidents violents surviennent en 1937 et les \u00e9meutes d&rsquo;avril 1938 sont r\u00e9prim\u00e9es avec force. Cette r\u00e9pression entra\u00eene la clandestinit\u00e9 du N\u00e9o-Destour, incitant les nouveaux dirigeants \u00e0 envisager la possibilit\u00e9 d&rsquo;une lutte plus active. En 1942, le r\u00e9gime de Vichy remet Bourguiba \u00e0 l&rsquo;Italie, \u00e0 la demande de Benito Mussolini, qui esp\u00e8re l&rsquo;exploiter pour affaiblir la R\u00e9sistance fran\u00e7aise en Afrique du Nord. Cependant, Bourguiba refuse de soutenir les r\u00e9gimes fascistes et lance, le 8 ao\u00fbt 1942, un appel au soutien des troupes alli\u00e9es. Pendant ce temps, la Tunisie devient le th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;importantes op\u00e9rations militaires, connues sous le nom de campagne de Tunisie. Apr\u00e8s plusieurs mois de combats et une contre-offensive blind\u00e9e allemande dans la r\u00e9gion de Kasserine et Sidi Bouzid au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e 1943, les troupes du Troisi\u00e8me Reich sont contraintes de capituler le 11 mai au cap Bon, quatre jours apr\u00e8s l&rsquo;arriv\u00e9e des forces alli\u00e9es \u00e0 Tunis. Apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, les dirigeants nationalistes int\u00e8grent la r\u00e9sistance arm\u00e9e dans leur strat\u00e9gie de lib\u00e9ration nationale. Des n\u00e9gociations sont engag\u00e9es apr\u00e8s la guerre avec le gouvernement fran\u00e7ais, si bien que Robert Schuman \u00e9voque en 1950 la possibilit\u00e9 d&rsquo;une ind\u00e9pendance de la Tunisie en plusieurs \u00e9tapes. Cependant, le gouvernement fran\u00e7ais met un terme aux n\u00e9gociations avec le gouvernement tunisien par la note du 15 d\u00e9cembre 1951, affirmant le \u00ab caract\u00e8re d\u00e9finitif du lien qui unit la France \u00e0 la Tunisie \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Bourguiba sollicite Chenik pour soumettre le diff\u00e9rend entre la France et la Tunisie \u00e0 l&rsquo;ONU dans le but d&rsquo;internationaliser la question. La demande est dat\u00e9e du 11 janvier 1952 et, le 13, Salah Ben Youssef et Hamadi Badra partent de Tunis \u00e0 destination de Paris, o\u00f9 ils envisagent de d\u00e9poser la plainte. Toutefois, le 17, le gouvernement fran\u00e7ais annonce que celle-ci ne peut \u00eatre examin\u00e9e par le Conseil de s\u00e9curit\u00e9, car \u00ab la note est sign\u00e9e par des Tunisiens qui n&rsquo;ont pas l&rsquo;autorisation de le faire sans l&rsquo;accord du Bey, seul garant de la souverainet\u00e9 tunisienne. La France est responsable des affaires \u00e9trang\u00e8res de la Tunisie ; ce document aurait d\u00fb \u00eatre remis au R\u00e9sident, qui est le seul habilit\u00e9 \u00e0 le transmettre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avec l&rsquo;arriv\u00e9e du nouveau r\u00e9sident g\u00e9n\u00e9ral, Jean de Hauteclocque, le 13 janvier 1952, et l&rsquo;arrestation, le 18, de 150 destouriens, dont Bourguiba, commence la r\u00e9volte arm\u00e9e, la r\u00e9pression militaire fran\u00e7aise et un durcissement des positions de chaque camp. Le 26 mars, face au refus cat\u00e9gorique de Lamine Bey de renvoyer le gouvernement qui avait d\u00e9pos\u00e9 cette plainte \u00e0 l&rsquo;ONU, de Hauteclocque fait arr\u00eater Chenik, El Materi, Mohamed Salah Mzali et Mohamed Ben Salem, qui sont plac\u00e9s en r\u00e9sidence surveill\u00e9e \u00e0 K\u00e9bili, dans le sud du pays, tandis que Bourguiba est transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Remada ; c&rsquo;est le coup de force du 26 mars.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 5 d\u00e9cembre, l&rsquo;assassinat du syndicaliste Farhat Hached est perp\u00e9tr\u00e9 par l&rsquo;organisation colonialiste extr\u00e9miste de la Main rouge, ce qui entra\u00eene des gr\u00e8ves et des manifestations, suivies de leur r\u00e9pression ainsi que d&rsquo;\u00e9meutes, de gr\u00e8ves, de tentatives de sabotage et de lancements de bombes artisanales.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le d\u00e9veloppement de la r\u00e9pression, associ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9mergence du contre-terrorisme, pousse les nationalistes \u00e0 cibler plus sp\u00e9cifiquement les colons, les fermes, les entreprises fran\u00e7aises et les institutions gouvernementales. C&rsquo;est pourquoi les ann\u00e9es 1953 et 1954 sont caract\u00e9ris\u00e9es par une augmentation des attaques contre le syst\u00e8me colonial.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En r\u00e9ponse, pr\u00e8s de 70 000 soldats fran\u00e7ais sont d\u00e9ploy\u00e9s pour contrer les gu\u00e9rillas des groupes tunisiens dans les zones rurales. Cette situation tendue est apais\u00e9e par la reconnaissance de l&rsquo;autonomie interne de la Tunisie, accord\u00e9e par Pierre Mend\u00e8s France lors de son discours \u00e0 Carthage le 31 juillet 1954. Finalement, le 3 juin 1955, les conventions franco-tunisiennes sont sign\u00e9es entre le Premier ministre tunisien Tahar Ben Ammar et son homologue fran\u00e7ais Edgar Faure. Malgr\u00e9 l&rsquo;opposition de Salah Ben Youssef, qui sera exclu du parti, ces conventions sont ratifi\u00e9es par le congr\u00e8s du N\u00e9o-Destour qui se tient \u00e0 Sfax le 15 novembre de la m\u00eame ann\u00e9e. Apr\u00e8s de nouvelles n\u00e9gociations, la France finit par reconna\u00eetre \u00ab solennellement l&rsquo;ind\u00e9pendance de la Tunisie \u00bb le 20 mars 1956, tout en maintenant la base militaire de Bizerte.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La <\/strong><strong>Tunisie ind\u00e9pendante<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 25 mars 1956, l&rsquo;Assembl\u00e9e constituante est \u00e9lue : le N\u00e9o-Destour en remporte tous les si\u00e8ges et Bourguiba est port\u00e9 \u00e0 sa t\u00eate le 8 avril de la m\u00eame ann\u00e9e. Le 11 avril 1956, il devient le Premier ministre de Lamine Bey. Le Code du statut personnel, \u00e0 tendance progressiste, est proclam\u00e9 le 13 ao\u00fbt.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Finalement, le 25 juillet 1957, la monarchie est abolie ; la Tunisie devient une r\u00e9publique dont Bourguiba est \u00e9lu pr\u00e9sident le 8 novembre 1959.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 8 f\u00e9vrier 1958, en pleine guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie, des avions de l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise franchissent la fronti\u00e8re alg\u00e9ro-tunisienne et bombardent le village tunisien de Sakiet Sidi Youssef. En 1961, dans un contexte d&rsquo;ach\u00e8vement pr\u00e9visible de la guerre, la Tunisie revendique la r\u00e9trocession de la base de Bizerte.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La crise qui suit fait pr\u00e8s d&rsquo;un millier de morts, essentiellement tunisiens, et, devant la crainte d&rsquo;une flamb\u00e9e de violence contre leur communaut\u00e9, pousse 4 500 Juifs \u00e0 quitter le pays en 1962.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Politiquement, la France finit, le 15 octobre 1963, par r\u00e9troc\u00e9der la base \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat tunisien. Avec l&rsquo;assassinat de Salah Ben Youssef, principal opposant de Bourguiba depuis 1955[135], \u00e0 Francfort et l&rsquo;interdiction du Parti communiste (PCT) le 8 janvier 1963, la R\u00e9publique tunisienne devient un r\u00e9gime de parti unique dirig\u00e9 par le N\u00e9o-Destour. En mars 1963, Ahmed Ben Salah entame une politique \u00ab socialiste \u00bb d&rsquo;\u00e9tatisation pratiquement totale de l&rsquo;\u00e9conomie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lors de la guerre des Six Jours, en juin 1967, des milliers de manifestants d\u00e9truisent les magasins juifs et incendient la Grande synagogue de Tunis et ses livres sacr\u00e9s, ce qui pousse pr\u00e8s de 10 000 Juifs tunisiens \u00e0 quitter le pays.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Des \u00e9meutes contre la collectivisation des terres dans le Sahel tunisien le 26 janvier 1969 poussent au limogeage de Ben Salah le 8 septembre avec la fin de l&rsquo;exp\u00e9rience socialiste. Le taux de croissance annuel du PIB passe cependant de 3,6 % pour les ann\u00e9es 1950 \u00e0 5,7 % pour les ann\u00e9es 1960, et la croissance par t\u00eate \u00e0 2,9 % contre 1,2 % pour les ann\u00e9es 1950. Avec une \u00e9conomie affaiblie par cet \u00e9pisode et un panarabisme d\u00e9fendu par Mouammar Kadhafi, un projet politique qui unifierait la Tunisie et la R\u00e9publique arabe libyenne sous le nom de R\u00e9publique arabe islamique est lanc\u00e9 en 1974 mais \u00e9choue tr\u00e8s rapidement en raison des tensions tant nationales qu&rsquo;internationales.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s la condamnation \u00e0 une lourde peine de prison de Ben Salah, rendu responsable de l&rsquo;\u00e9chec de la politique des coop\u00e9ratives, viennent l&rsquo;\u00e9puration de l&rsquo;aile lib\u00e9rale du PSD anim\u00e9e par Ahmed Mestiri puis la proclamation de Bourguiba comme pr\u00e9sident \u00e0 vie en 1975. C&rsquo;est dans ces conditions, marqu\u00e9es par un l\u00e9ger desserrement de l&rsquo;\u00e9tau du PSD sous le gouvernement d&rsquo;H\u00e9di Nouira, que l&rsquo;Union g\u00e9n\u00e9rale tunisienne du travail (UGTT) gagne en autonomie tandis que na\u00eet en 1976 la Ligue tunisienne des droits de l&rsquo;homme, premi\u00e8re organisation nationale des droits de l&rsquo;homme en Afrique et dans le monde arabe. Le coup de force du \u00ab Jeudi noir \u00bb contre l&rsquo;UGTT en janvier 1978 puis l&rsquo;attaque contre la ville mini\u00e8re de Gafsa, en janvier 1980, ne suffisent pas \u00e0 museler la soci\u00e9t\u00e9 civile \u00e9mergente.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, le pays traverse une crise politique et sociale o\u00f9 se conjuguent le d\u00e9veloppement du client\u00e9lisme et de la corruption, la paralysie de l&rsquo;\u00c9tat devant la d\u00e9gradation de la sant\u00e9 de Bourguiba, les luttes de succession et le durcissement du r\u00e9gime. En 1981, la restauration partielle du pluralisme politique, avec la lev\u00e9e de l&rsquo;interdiction frappant le Parti communiste, suscite des espoirs qui seront d\u00e9\u00e7us par la falsification des r\u00e9sultats aux \u00e9lections l\u00e9gislatives de novembre. Par la suite, la r\u00e9pression sanglante des \u00ab \u00e9meutes du pain \u00bb de d\u00e9cembre 1983, la nouvelle d\u00e9stabilisation de l&rsquo;UGTT et l&rsquo;arrestation de son dirigeant Habib Achour contribuent \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer la chute du pr\u00e9sident vieillissant. La situation favorise la mont\u00e9e de l&rsquo;islamisme et le long r\u00e8gne de Bourguiba s&rsquo;ach\u00e8ve dans une lutte contre cette mouvance politique, lutte men\u00e9e par Zine el-Abidine Ben Ali, nomm\u00e9 ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur puis Premier ministre en octobre 1987.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Durant ces ann\u00e9es 1980, plusieurs incidents visent la communaut\u00e9 juive ou ses synagogues comme durant le Yom Kippour 1982 dans plusieurs villes du pays, en octobre 1983 \u00e0 Zarzis, en octobre 1985 \u00e0 la Ghriba dans le sillage de l&rsquo;op\u00e9ration Jambe de bois, qui font prendre des mesures au gouvernement pour assurer sa protection.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 7 novembre 1987, Ben Ali d\u00e9pose le pr\u00e9sident pour s\u00e9nilit\u00e9, un coup d&rsquo;\u00c9tat m\u00e9dical accueilli favorablement par une large fraction du monde politique. \u00c9lu le 2 avril 1989 avec 99,27 % des voix, le nouveau pr\u00e9sident r\u00e9ussit \u00e0 relancer l&rsquo;\u00e9conomie alors que, sur le plan de la s\u00e9curit\u00e9, le r\u00e9gime s&rsquo;enorgueillit d&rsquo;avoir \u00e9pargn\u00e9 au pays les convulsions islamistes qui ensanglantent l&rsquo;Alg\u00e9rie voisine, gr\u00e2ce \u00e0 la neutralisation du parti Ennahdha au prix de l&rsquo;arrestation de dizaines de milliers de militants et de multiples proc\u00e8s au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990. Les opposants la\u00efcs signent quant \u00e0 eux le Pacte national en 1988, plate-forme destin\u00e9e \u00e0 la d\u00e9mocratisation du r\u00e9gime. Pourtant, l&rsquo;opposition et de nombreuses ONG de d\u00e9fense des droits de l&rsquo;homme accusent peu \u00e0 peu le r\u00e9gime d&rsquo;attenter aux libert\u00e9s publiques en \u00e9tendant la r\u00e9pression au-del\u00e0 du mouvement islamiste. En 1994, le pr\u00e9sident Ben Ali est r\u00e9\u00e9lu avec 99,91 % des voix.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;ann\u00e9e suivante, un accord de libre-\u00e9change est sign\u00e9 avec l&rsquo;Union europ\u00e9enne. Les \u00e9lections du 24 novembre 1999, bien qu&rsquo;elles soient les premi\u00e8res pr\u00e9sidentielles \u00e0 \u00eatre pluralistes avec trois candidats, voient le pr\u00e9sident Ben Ali r\u00e9\u00e9lu avec un score comparable aux scrutins pr\u00e9c\u00e9dents. La r\u00e9forme de la Constitution approuv\u00e9e par le r\u00e9f\u00e9rendum du 26 mai 2002 accro\u00eet encore les pouvoirs du pr\u00e9sident, repousse l&rsquo;\u00e2ge limite des candidats, supprime la limite des trois mandats r\u00e9introduite en 1988 et permet au pr\u00e9sident de briguer de nouveaux mandats au-del\u00e0 de l&rsquo;\u00e9ch\u00e9ance de 2004 tout en b\u00e9n\u00e9ficiant d&rsquo;une immunit\u00e9 judiciaire \u00e0 vie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 11 avril 2002, un attentat au camion pi\u00e9g\u00e9 vise \u00e0 nouveau la synagogue de la Ghriba et provoque la mort de 19 personnes dont quatorze touristes allemands. Durant le premier semestre 2008, de graves troubles secouent la r\u00e9gion mini\u00e8re de Gafsa durement frapp\u00e9e par le ch\u00f4mage et la pauvret\u00e9. Le 25 octobre 2009, le pr\u00e9sident Ben Ali est r\u00e9\u00e9lu pour un cinqui\u00e8me mandat cons\u00e9cutif avec 89,62 % des voix, passant pour la premi\u00e8re fois sous la barre des 90 %. La campagne est marqu\u00e9e par une visibilit\u00e9 accrue de son \u00e9pouse Le\u00efla. L&rsquo;un des gendres du couple, Mohamed Sakhr El Materi, est \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 \u00e0 cette occasion.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Tunisie post-r\u00e9volution<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 17 d\u00e9cembre 2010, un climat insurrectionnel \u00e9clate \u00e0 la suite de l&rsquo;immolation d&rsquo;un jeune vendeur de fruits et l\u00e9gumes ambulant, Mohamed Bouazizi, dans la r\u00e9gion de Sidi Bouzid ; celle-ci devient le th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;\u00e9meutes et d&rsquo;affrontements meurtriers entre habitants et forces de l&rsquo;ordre. C&rsquo;est le d\u00e9but du mouvement que l&rsquo;on va appeler Printemps arabe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces \u00e9v\u00e9nements, qui s&rsquo;\u00e9tendent ensuite \u00e0 d&rsquo;autres r\u00e9gions du pays, s&rsquo;inscrivent dans un contexte o\u00f9 le taux de ch\u00f4mage des jeunes dipl\u00f4m\u00e9s est particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9 alors que le poids d\u00e9mographique relatif des jeunes g\u00e9n\u00e9rations d&rsquo;actifs atteint son maximum historique. Les causes sont \u00e9galement politiques : le pr\u00e9sident Ben Ali et sa famille, notamment celle de sa seconde \u00e9pouse Le\u00efla, les Trabelsi, qualifi\u00e9s selon les observateurs de \u00ab clan quasi-mafieux \u00bb, sont directement mis en cause dans des affaires de corruption, de d\u00e9tournement ou de vol, fl\u00e9aux qui ont particuli\u00e8rement pris de l&rsquo;ampleur sous sa pr\u00e9sidence. Le 13 janvier 2011, Ben Ali annonce la prise de mesures extraordinaires lors d&rsquo;une intervention t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e : la promesse d&rsquo;une pleine libert\u00e9 de la presse et d&rsquo;expression politique ainsi que son refus de se repr\u00e9senter aux \u00e9lections pr\u00e9vues en 2014. Cependant, cette allocution ne contribue pas \u00e0 calmer la col\u00e8re de la population, contraignant le pr\u00e9sident \u00e0 c\u00e9der finalement le pouvoir \u00e0 son Premier ministre Mohamed Ghannouchi le lendemain et \u00e0 quitter le pays le soir m\u00eame . Conform\u00e9ment \u00e0 la Constitution de 1959, le pr\u00e9sident de la Chambre des d\u00e9put\u00e9s, Fouad Mebazaa, est finalement proclam\u00e9 pr\u00e9sident par int\u00e9rim par le Conseil constitutionnel le 15 janvier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est charg\u00e9 d&rsquo;organiser des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles dans les soixante jours. Le 17 janvier, un \u00ab gouvernement d&rsquo;union nationale \u00bb de 24 membres incluant des opposants au r\u00e9gime d\u00e9chu (dont trois chefs de l&rsquo;opposition l\u00e9gale) est constitu\u00e9. Le jour m\u00eame, la lib\u00e9ration de tous les prisonniers d&rsquo;opinion, la lev\u00e9e de l&rsquo;interdiction d&rsquo;activit\u00e9 de la Ligue tunisienne des droits de l&rsquo;homme, \u00ab la libert\u00e9 totale de l&rsquo;information \u00bb ainsi que la l\u00e9galisation de tous les partis politiques et associations qui le demanderaient, est annonc\u00e9e. Cependant, la pr\u00e9sence de membres du Rassemblement constitutionnel d\u00e9mocratique (RCD) \u00e0 des postes cl\u00e9s provoque de nouveau, en moins de 24 heures, la col\u00e8re de la population et la d\u00e9mission de plusieurs ministres d&rsquo;opposition, fragilisant d&rsquo;autant plus ce gouvernement. Le d\u00e9part ou la radiation du RCD de plusieurs personnalit\u00e9s \u00e9minentes n&rsquo;ont aucun effet sur la suspicion que l&rsquo;opinion publique entretient \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de l&rsquo;ancien parti pr\u00e9sidentiel, dont plusieurs manifestants r\u00e9clament la dissolution. Cependant, le 20 janvier, les ministres encore affili\u00e9s \u00e0 cette formation annoncent l&rsquo;avoir quitt\u00e9 eux aussi. Face \u00e0 la pression de la rue exigeant leur d\u00e9part, un remaniement minist\u00e9riel a lieu le 27, \u00e9cartant d\u00e9finitivement (hormis Mohamed Ghannouchi) les anciens membres du RCD de toutes responsabilit\u00e9s gouvernementales. Le 6 f\u00e9vrier, le ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur Farhat Rajhi g\u00e8le les activit\u00e9s du RCD en attendant sa dissolution juridique, tandis que le Parlement conf\u00e8re au pr\u00e9sident par int\u00e9rim des pouvoirs suppl\u00e9mentaires, comme celui de dissoudre le Parlement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ghannouchi est cependant contraint de d\u00e9missionner \u00e0 son tour le 27 f\u00e9vrier \u00e0 la suite de plusieurs jours de manifestations marqu\u00e9es par des violences ; il est remplac\u00e9 le jour m\u00eame par l&rsquo;ancien ministre de Bourguiba, B\u00e9ji Ca\u00efd Essebsi. L&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;urgence, en vigueur \u00e0 partir de janvier 2011, est maintenu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 15 septembre 2012, de violentes \u00e9meutes \u00e9clatent \u00e0 Tunis \u00e0 la suite de la diffusion du film L&rsquo;Innocence des musulmans. Alors que les forces de l&rsquo;ordre restent passives, certains groupes salafistes prennent d&rsquo;assaut l&rsquo;ambassade des \u00c9tats-Unis et l&rsquo;incendient, d\u00e9truisant plusieurs v\u00e9hicules et b\u00e2timents. Mis sous pression par les \u00c9tats-Unis, le gouvernement d\u00e9cide de r\u00e9agir et envoie l&rsquo;arm\u00e9e et la garde pr\u00e9sidentielle pour repousser les manifestants. Les affrontements font deux morts et plusieurs bless\u00e9s. Dans les mois qui suivent, l&rsquo;arm\u00e9e et la garde nationale prennent la rel\u00e8ve pour combattre les groupuscules salafistes et djihadistes qui sont actifs sur le territoire. L&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;urgence est prolong\u00e9 de trois mois en novembre 2012[168], pour n&rsquo;\u00eatre finalement lev\u00e9 qu&rsquo;en mars 2014.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s les \u00e9lections l\u00e9gislatives du 26 octobre 2014, qui voit le parti Nidaa Tounes arriver en t\u00eate, l&rsquo;Assembl\u00e9e des repr\u00e9sentants du peuple remplace l&rsquo;Assembl\u00e9e constituante. Le premier tour de l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle a lieu le 23 novembre et voit s&rsquo;affronter 27 candidats dont deux, en la personne de B\u00e9ji Ca\u00efd Essebsi (Nidaa Tounes) avec 39,46 % des voix et Moncef Marzouki avec 33,43 % des voix, sont qualifi\u00e9s pour le second tour organis\u00e9 le 21 d\u00e9cembre et qui permet \u00e0 Ca\u00efd Essebsi de remporter le scrutin avec 55,68 % des voix contre 44,32 % des voix pour Marzouki et de devenir ainsi le premier pr\u00e9sident issu d&rsquo;une \u00e9lection d\u00e9mocratique et transparente. Le quartet du dialogue national, association de quatre organisations s&rsquo;\u00e9tant donn\u00e9 pour but d&rsquo;organiser des n\u00e9gociations entre les partis politiques pour assurer la transition vers un r\u00e9gime d\u00e9mocratique permanent, obtient le prix Nobel de la paix 2015. Ce prix est le premier Nobel attribu\u00e9 \u00e0 un ressortissant ou organisation de la Tunisie apr\u00e8s son ind\u00e9pendance. Ban Ki-moon, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral des Nations unies, exprime sa joie et f\u00e9licite le quartet tout en affirmant que ce prix est d\u00e9di\u00e9 \u00e0 tous les Tunisiens qui ont commenc\u00e9 le Printemps arabe. Fran\u00e7ois Hollande, pr\u00e9sident de la R\u00e9publique fran\u00e7aise, affirme dans un communiqu\u00e9 que le prix prouve le succ\u00e8s de la transition d\u00e9mocratique en Tunisie, que ce pays est sur la bonne voie et qu&rsquo;il est le seul parmi les pays du Printemps arabe \u00e0 r\u00e9ussir son \u00e9volution transitoire vers la d\u00e9mocratie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 2017 et 2018, le pays est touch\u00e9 par des vagues de contestation de la jeunesse tunisienne qui manifeste dans plusieurs villes du pays. En effet, \u00e0 partir du d\u00e9but du mois, \u00e0 Tunis, Gab\u00e8s, Thala, Jilma, Kasserine, Sidi Bouzid, ou encore Gafsa, des Tunisiens expriment leur ras le bol face \u00e0 la chert\u00e9 de la vie, l&rsquo;inflation (6,4 % en 2017 et un ch\u00f4mage omnipr\u00e9sent (15 % de la population active et 30 % des jeunes dipl\u00f4m\u00e9s de l&rsquo;enseignement sup\u00e9rieur. Cette vague de contestation contre une politique d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 \u00e9conomique serait organis\u00e9e par le Front populaire. Les heurts avec les policiers et forces de l&rsquo;ordre font une victime et plusieurs bless\u00e9s, et des centaines de manifestants sont arr\u00eat\u00e9s[179]. L&rsquo;Observatoire social tunisien recense 5 000 mouvements de protestation en 2015, plus de 11 000 en 2017 et 4 500 pour les quatre premiers mois de 2018.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Depuis 2011, les gouvernements successifs ont fait appel au Fonds mon\u00e9taire international (FMI) pour tenter de redresser la situation \u00e9conomique du pays. Un pr\u00eat de 1,74 milliard de dollars est accord\u00e9 en juin 2013, puis un second de 2,9 milliards de dollars en 2016. Le FMI n&rsquo;accorde toutefois ces pr\u00eats qu&rsquo;en contrepartie d&rsquo;un plan de r\u00e9formes lib\u00e9rales, telles que l&rsquo;augmentation de certains imp\u00f4ts, la r\u00e9duction de la masse salariale dans la fonction publique, la r\u00e9duction des subventions sur les prix des carburants, ou encore de la modification du syst\u00e8me de retraite. En avril 2016, le gouvernement accepte le principe de l&rsquo;ind\u00e9pendance de la banque centrale, donnant la priorit\u00e9 au contr\u00f4le de l&rsquo;inflation sur le soutien au d\u00e9veloppement \u00e9conomique. Depuis le printemps 2017, elle laisse filer le dinar, dont la valeur face \u00e0 l&rsquo;euro baisse de pr\u00e8s de moiti\u00e9. Face au poids de la dette, l&rsquo;\u00c9tat doit consacrer plus de 20 % de son budget \u00e0 rembourser ses cr\u00e9anciers, ce qui neutralise ses capacit\u00e9s d&rsquo;investissement.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Ka\u00efs Sa\u00efed, pr\u00e9sident de la R\u00e9publique depuis le 23 octobre 2019.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le pr\u00e9sident B\u00e9ji Ca\u00efd Essebsi meurt le 25 juillet 2019, \u00e0 92 ans. Fin 2019, un double scrutin, l\u00e9gislatif le 6 octobre, et pr\u00e9sidentiel, avec un premier tour en septembre et le second tour le 13 octobre, se d\u00e9roule sans heurts, montrant une certaine maturit\u00e9 de la d\u00e9mocratie \u00e9lectorale en Tunisie. Les \u00e9lections l\u00e9gislatives aboutissent cependant \u00e0 une assembl\u00e9e fragment\u00e9e entre diverses formations. L&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle propulse \u00e0 la t\u00eate de l&rsquo;\u00c9tat un nouveau venu dans le monde politique, un juriste et universitaire sp\u00e9cialiste du droit constitutionnel, \u00e2g\u00e9 de 61 ans, Ka\u00efs Sa\u00efed, \u00e9lu avec une confortable avance face, au second tour, \u00e0 l&rsquo;homme d&rsquo;affaires Nabil Karoui. Ka\u00efs Sa\u00efed propose durant sa campagne une vision associant un certain conservatisme moral et religieux, un souverainisme, et un mode de fonctionnement d\u00e9mocratique \u00e0 rebours de l&rsquo;organisation centralis\u00e9e bourguibienne. Le 25 juillet 2021, invoquant l&rsquo;article 80 de la Constitution, il limoge le gouvernement Mechichi avec effet imm\u00e9diat, annonce la suspension de l&rsquo;assembl\u00e9e, la formation d&rsquo;un nouveau gouvernement et sa d\u00e9cision de gouverner par d\u00e9crets et de pr\u00e9sider le parquet, provoquant ainsi une crise politique. Le 22 septembre, il confirme par d\u00e9cret le prolongement des d\u00e9cisions ainsi que la dissolution de l&rsquo;Instance provisoire charg\u00e9e du contr\u00f4le de la constitutionnalit\u00e9 des projets de loi, et s&rsquo;octroie le droit de gouverner par d\u00e9cret, r\u00e9cup\u00e9rant de facto le pouvoir l\u00e9gislatif. Le 13 d\u00e9cembre, il annonce la tenue d&rsquo;un r\u00e9f\u00e9rendum constitutionnel qui se solde par la large approbation en juillet 2022 d&rsquo;une nouvelle Constitution mettant notamment en place un r\u00e9gime pr\u00e9sidentiel, malgr\u00e9 un taux de participation d&rsquo;un peu plus de 30 % des inscrits.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce 25 juillet 2025, la Tunisie comm\u00e9morera le 68\u00e8me anniversaire de la d\u00e9claration de la R\u00e9publique. Cette date symbolise l&rsquo;anniversaire de la d\u00e9claration de la R\u00e9publique tunisienne en 1957, avec Habib Bourguiba en tant que premier pr\u00e9sident. La c\u00e9l\u00e9bration de la R\u00e9publique constitue un \u00e9v\u00e9nement majeur dans l&rsquo;histoire de la Tunisie, signalant la transition d&rsquo;une [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":66836,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"content-type":"","jnews-multi-image_gallery":[],"jnews_single_post":{"format":"standard"},"jnews_primary_category":[],"jnews_override_bookmark_settings":[],"jnews_review":[],"enable_review":"","type":"","name":"","summary":"","brand":"","sku":"","good":[],"bad":[],"score_override":"","override_value":"","rating":[],"price":[],"jnews_post_split":[],"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[209,1779,1639,3712,10576,54],"class_list":["post-66835","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-news-politique","tag-anniversaire","tag-declaration","tag-habib-bourguiba","tag-kais-saied-2","tag-republique","tag-tunisie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.africanchallenges.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/66835","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.africanchallenges.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.africanchallenges.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.africanchallenges.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.africanchallenges.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=66835"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.africanchallenges.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/66835\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":66837,"href":"https:\/\/www.africanchallenges.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/66835\/revisions\/66837"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.africanchallenges.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/66836"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.africanchallenges.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=66835"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.africanchallenges.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=66835"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.africanchallenges.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=66835"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}