Chanteuse, compositrice – et interprète, l’artiste phare de la soirée Yasmine Hamdan retrouve son public tunisien après 8 ans d’absence. Porte-voix de sa génération, elle ne cesse de se renouveler à travers sa prestation et sa musique en cassant les codes, et en étant une artiste alternative, à part entière. Elle a électrisé la scène de l’amphithéâtre de Hammamet durant cette 3ème soirée hautement musicale, face à un public connaisseur.
« Endless Memories », slogan de cette 60ème édition anniversaire se croise avec son dernier album en date « I remember I forget ». La résonance est évidente : il est question de mémoire personnelle et collective, de transmission, de doutes et de troubles. Une thématique centrale, essentielle à explorer dans une époque marquée par les violences et les extrêmes. « Je sens que le thème de la mémoire me poursuit », confie l’artiste. « Je crois qu’il y’a beaucoup de choses qui bougent. L’époque est houleuse, effervescente. La mémoire est toujours présente, tel un socle, au fil de nos déplacements géographiques, partout. La mémoire me poursuit au gré des festivals, y compris ici, à Hammamet. Et qui dit mémoire évoque aussi l’oubli ».
La soirée démarre face à des mélomanes complètement absorbés par son répertoire qui fusionne musique électronique, paroles en langue arabe, son expérimental. Sa performance est marquée du début à la fin par son attachement exprimé au public tunisien, à qui elle exprime toute sa reconnaissance.
Un live exceptionnel durant lequel elle a certes présenté son dernier album, tout en présentant quelques morceaux anciens connus.
L’artiste a chanté « Hal », « Mor », « Vows », « Shadia », ou encore « Hon » et « Al Jamilat ». Elle a terminé en apothéose en interprétant « Al Balad » et l’inoubliable « Beirut ».
La musicienne enchaîne les morceaux tout en rappelant la lutte des femmes palestiniennes, ou les maux de sa terre natale, le Liban, profondément meurtri par les épreuves et les affrontements. Elle chante l’appartenance, la patrie, l’exil, le déracinement ou encore l’identité. « Je suis originaire d’une région profondément secouée par les tragédies, les pertes, les guerres et les traumatismes et j’ai le sentiment de vivre dans deux espaces – temps, le Liban et ma vie en France ou, celle menée partout, là où la musique m’emmène ». Cite-t-elle.
Elle poursuit : « À travers mes chansons, je crie mes fragilités, mes peines, tout en gardant l’espoir et en chantant la douceur de mon peuple. Une douceur qui me rappelle la générosité et l’accueil des tunisiens. C’est la tendresse d’un peuple qui fait sa richesse ».
Ces retrouvailles exceptionnelles de Yasmine Hamdan avec son public tunisien se sont faites sous le signe du renouveau et de la gratitude. Depuis « Soap Kills », Yasmine Hamdan persévère et se réinvente. Elle évolue tout en entretenant ce lien indéfectible avec ses publics.
Le 14 juillet 2026, place à Mehdi Mouelhi et d’autres artistes musiciens incontournables tels que Rana Zarrouk, Haithem Hlal, Mahdi Allani, Lassaad Sandi. Le spectacle s’appelle « Nostaljica ».














































