La Cheffe du gouvernement, Mme Sara Zaafrani Zenzri, a présidé, ce mardi 9 juin 2026, au Palais du gouvernement à la Kasbah, un Conseil ministériel restreint consacré au système de l’eau.
Dans son allocution d’ouverture, la Cheffe du gouvernement a souligné l’importance stratégique du secteur de l’eau, considéré comme un pilier essentiel pour la souveraineté hydrique, la sécurité nationale et la sécurité alimentaire, particulièrement dans un contexte de défis climatiques mondiaux. Elle a rappelé que la gouvernance et la réforme du secteur constituent des priorités nationales, conformément aux orientations du Président de la République, M. Kaïs Saïed, afin de consacrer le droit constitutionnel à l’eau potable pour tous les citoyens dans des conditions d’égalité et de préserver la ressource hydrique au profit des générations futures.
Elle a également indiqué que l’État œuvre à l’amélioration du cadre législatif afin de renforcer la gestion, la préservation et la valorisation des ressources en eau.
La Cheffe du gouvernement a insisté sur l’attention particulière accordée à la maintenance des infrastructures et des systèmes hydrauliques, afin de garantir un approvisionnement régulier et continu en eau potable sur l’ensemble du territoire national, tout au long de l’année, et d’éviter les coupures soudaines.
Elle a, par ailleurs, souligné les efforts déployés pour diversifier les sources d’approvisionnement en eau, notamment à travers la mobilisation des ressources non conventionnelles, ainsi que la réalisation de grands projets publics portant sur le développement des infrastructures de transport de l’eau, l’amélioration des réseaux de distribution, la réhabilitation des systèmes d’alimentation en eau potable en zones urbaines, le développement des services d’assainissement et de traitement, ainsi que l’orientation stratégique vers les énergies renouvelables afin de maîtriser les coûts de production et de transport de l’eau.
Le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, M. Ezzeddine Ben Cheikh, ainsi que le secrétaire d’État chargé des ressources en eau, M. Hammadi Habbib, ont présenté un exposé détaillé sur la situation actuelle des ressources hydriques, le niveau des barrages, le plan d’approvisionnement en eau potable pour la saison estivale, ainsi que la situation de l’irrigation et les perspectives de développement du secteur, notamment en matière de valorisation des ressources non conventionnelles.
Le programme d’approvisionnement en eau potable pour l’été comprend 81 projets, dont 35 en cours, pour un coût de 58 millions de dinars. Il prévoit notamment :
le forage et le raccordement de 38 puits profonds pour renforcer les ressources,
la maintenance et la rénovation de 26 stations de pompage,
l’intervention sur 22 projets de renouvellement et de renforcement des réseaux,
des interventions ciblées selon les systèmes hydrauliques dans plusieurs régions, avec la mobilisation d’équipes centrales en coordination avec les commissariats régionaux au développement agricole pour assurer un suivi continu.
Le programme inclut également l’accélération de la réalisation de 187 systèmes hydrauliques bénéficiant à environ 248 000 habitants, pour un coût de 147 millions de dinars, comprenant notamment :
l’amélioration de 74 systèmes au profit de 113 000 habitants,
la remise en service de 38 systèmes au profit de 20 000 habitants,
la réalisation de 6 nouveaux forages profonds dans les régions du centre et du sud,
le remplacement de 10 forages dans plusieurs gouvernorats,
la maintenance des stations de pompage et des réseaux,
l’acquisition d’équipements de secours,
la mise à disposition de 20 camions-citernes pour les zones montagneuses difficiles d’accès.
Concernant l’irrigation, le Conseil a examiné le plan d’approvisionnement en eau d’irrigation pour l’année en cours selon le système des barrages et sa répartition régionale, dans le cadre des préparatifs de la saison agricole, tout en insistant sur la nécessité de rationaliser l’utilisation de l’eau.
Le Conseil a également pris connaissance de la stratégie de l’eau à l’horizon 2050 ainsi que des programmes proposés pour la période 2026–2030. Cette stratégie repose sur quatre axes principaux, comprenant 43 programmes et environ 1 200 mesures, avec des investissements estimés à 74 515 millions de dinars, dont 53 % dédiés à la valorisation des ressources non conventionnelles et à l’amélioration de l’efficacité des réseaux d’eau potable et d’irrigation.
La stratégie met également l’accent sur la transition énergétique, notamment à travers un programme 2026–2035 visant la réalisation d’audits énergétiques, la modernisation des stations de pompage, les réseaux intelligents et la production d’énergie photovoltaïque d’une capacité de 225 MW, afin de réduire la part de l’énergie dans le coût de l’eau.
Le Conseil a enfin examiné plusieurs innovations, notamment :
une plateforme numérique d’aide à la décision pour la gestion en temps réel des ressources hydriques,
une plateforme de gestion des autorisations liées au domaine public de l’eau,
la mise à jour des cartes bioclimatiques et agricoles,
la réduction de l’évaporation via des projets pilotes,
la technique de l’ensemencement des nuages,
et l’utilisation de panneaux photovoltaïques flottants.
Le Conseil a décidé plusieurs mesures visant à renforcer la mise en œuvre des programmes, notamment :
garantir un approvisionnement régulier en eau potable et renforcer la coordination entre les autorités régionales,
poursuivre les projets d’infrastructure hydrique pour la période 2026–2030,
réorganiser progressivement l’approvisionnement en zones rurales,
généraliser la construction de citernes de collecte des eaux pluviales dans les nouveaux projets immobiliers,
augmenter l’utilisation des ressources non conventionnelles dans l’agriculture,
achever les projets de transfert d’eau entre barrages,
mobiliser les ressources souterraines et de surface,
adopter les énergies renouvelables et les technologies intelligentes,
généraliser les compteurs intelligents,
améliorer les réseaux de distribution et détecter les fuites,
optimiser la gestion des stocks d’eau,
et renforcer la rationalisation de la consommation et la lutte contre le gaspillage.












































