La Banque africaine de développement et le gouvernement tunisien ont présenté le lundi 11 mai à Tunis un rapport proposant six leviers d’action pour renforcer la résilience du pays face aux sécheresses.
Intitulé « Planification, préparation et stratégies de résilience face aux sécheresses : le cas de la Tunisie », ce rapport de synthèse fournit un cadre d’intervention intégré pour anticiper, prévenir et gérer des épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents et sévères. Élaborée par la Banque africaine de développement sur la base d’un processus de consultation institutionnel national, l’étude complète la Stratégie nationale de l’eau à l’horizon 2050 et s’appuie sur une analyse climatique, institutionnelle, juridique et financière approfondie.
Le diagnostic est clair : à l’instar de plusieurs pays de la région, la Tunisie fait face à une crise hydrique structurelle, aggravée par les effets du changement climatique et l’exploitation croissante des ressources en eau. Sur la période 1950–2018, 59 % des années ont été sèches. Les projections climatiques indiquent une baisse possible des précipitations pouvant atteindre 25 % dans les régions du Centre et du Sud à l’horizon 2100, tandis que les températures moyennes pourraient augmenter de 2,5 °C à 5 °C selon les scénarios d’émissions.
L’étude souligne également la pression croissante exercée par les usages humains. L’agriculture représente environ 80 % de la consommation totale d’eau en Tunisie, tandis que les volumes prélevés pour l’eau potable sont passés de 296,2 millions de m³ en 2002 à 447,2 millions de m³ en 2018. Ces dynamiques appellent une réponse bien coordonnée, fondée sur la planification, l’anticipation et l’investissement dans des solutions durables.
Le rapport propose six leviers prioritaires : renforcer la coordination institutionnelle encore fragmentée ; développer un système national d’alerte précoce ; moderniser le cadre juridique et réglementaire ; mobiliser des financements adaptés et innovants ; renforcer les capacités techniques aux niveaux national, régional et local ; et promouvoir une culture de sobriété hydrique.
« La Tunisie n’est pas face à une crise conjoncturelle de l’eau : elle est face à une transformation structurelle de son régime climatique. Ce rapport ne propose pas des mesures d’urgence ; il propose une architecture de résilience. La Banque africaine de développement est prête à accompagner davantage le pays dans la mise en œuvre de ses programmes et à renforcer son partenariat pour promouvoir la sécurité hydrique, conformément aux orientations de sa Stratégie nationale de l’eau à l’horizon 2050 », a déclaré Yero Baldeh, directeur du Bureau de coordination des États en transition de la Banque africaine de développement.
« La Tunisie dispose d’une expertise technique réelle, d’un cadre stratégique ambitieux et d’une volonté politique que cet atelier a confirmée. L’enjeu est désormais de renforcer la coordination entre ces ressources. Ce rapport identifie précisément les points de rupture et propose des solutions adaptées aux réalités institutionnelles du pays — ce n’est pas un document de plus, c’est un outil de travail », a souligné Malinne Blomberg, directrice générale adjointe pour l’Afrique du Nord et responsable pays de la Banque en Tunisie.
Cette publication s’inscrit dans l’engagement de la Banque africaine de développement à accompagner la Tunisie dans la conception de réformes et d’investissements capables de renforcer la sécurité hydrique, soutenir l’adaptation climatique et protéger les moyens de subsistance des populations les plus exposées.














































