Le président de la République a présidé un conseil de ministres hier jeudi 18 septembre 2025. Dans une vidéo de treize minutes diffusée par les services de la présidence , il a de nouveau tiré la sonnette d’alarme.
Kaïs Saïed a déclaré que la Tunisie traverse actuellement « un conflit acharné » entre les institutions de l’État et un « ancien système » – selon ses dires – « manœuvrant chaque jour, dans l’ombre comme au grand jour, pour reprendre le contrôle du pays ».
Il a rappelé que ce même « système » avait réussi à se préserver lors des événements du 14 janvier 2011 et qu’« il ne se passe pas une journée, pas même une heure, sans qu’une crise artificielle ne soit provoquée ». Santé, éducation, transport : le chef de l’État a énuméré une longue liste de secteurs touchés, selon lui, par des « crises fabriquées » malgré des réformes et des lois « souvent plus nombreuses que les revendications des victimes ».
Kaïs Saïed a accusé des « lobbies » dépourvus de toute référence idéologique de tenter de semer le désordre au sein même de l’appareil d’État. « Il ne s’agit pas d’idées, mais d’intérêts matériels », a-t-il déclaré, appelant les Tunisiens à observer attentivement les « mêmes visages » qui participent, « jour après jour », à des manifestations « orchestrées par des parties cachées mais connues du peuple ».
Le président a également dénoncé des actes de sabotage, mentionnant les coupures d’eau et d’électricité « souvent délibérées » en été, l’absence de certaines autorités locales et l’« énorme gaspillage de fonds publics » dans des institutions « financées par des millions de dinars sans aucun bénéfice pour les citoyens ».
Revenant sur le cadre institutionnel, le chef de l’État a souligné la prééminence de la nouvelle Constitution, adoptée par référendum et mise en œuvre par l’élection des deux chambres parlementaires. « L’État tunisien n’est plus gouverné par la Constitution de 2014 ni par les textes antérieurs à 2011 », a-t-il affirmé. Il a critiqué des responsables qui « continuent d’agir comme si rien n’avait changé » et a exigé l’application équitable de la loi « à tous ceux qui menacent l’unité de l’État ou qui se sont appropriés ses ressources ».
« Il n’y aura pas de procès pour régler des comptes, mais une justice juste fondée sur le droit », a-t-il garanti.
Pour Kaïs Saïed, le moment n’est plus aux réactions mais à l’action. « Nous ne pouvons plus attendre que les crises se produisent pour réagir. Il est désormais nécessaire d’anticiper et d’agir », a-t-il déclaré. Plusieurs projets de décrets et de lois seront examinés, a-t-il ajouté, mais l’essentiel demeure de « répondre aux attentes du peuple tunisien » et de « tenir pour responsables, sans la moindre hésitation, tous ceux qui portent atteinte aux services publics ».
Le président a mentionné les « défis colossaux » auxquels la Tunisie est confrontée dans un contexte mondial instable, rappelant que « le peuple a choisi la liberté et la justice sociale » et que ses attentes doivent être satisfaites « dans les plus brefs délais ».
Concluant son discours, le chef de l’État a averti ceux qu’il accuse de « vouloir démanteler la Tunisie » : « L’État tunisien demeurera un et indivisible. Le peuple est souverain et aucune loi ne doit rester lettre morte. La Tunisie restera insoumise à ceux qui vendent leur conscience, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. »
Il a appelé chaque responsable à assumer sa « responsabilité historique » devant le peuple et devant l’Histoire, répétant que « l’heure n’est plus au doute ni à la rédaction de textes sans effet, mais à l’application des lois.












































