Au lendemain de la fin de l’ultimatum de la CEDEAO, les putschistes au Niger renforcent leur prise du pouvoir en désignant un Premier ministre, Ali Lamine Zeine. Ce dernier fut ministre des Finances sous l’ex-président Mamadou Tandja, renversé en 2010.
Le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), qui a pris le pouvoir au Niger depuis le 26 juillet dernier, consolide son agenda politique. Une semaine après avoir installé un nouveau président de la République, les militaires ont nommé lundi 7 août, un nouveau Premier ministre civil, en la personne d’Ali Mahaman Lamine Zeine (photo).
« Le Président du CNSP, chef de l’État, décrète : article 1er, Monsieur Ali Mahaman Lamine Zeine est nommé Premier ministre », a annoncé la junte dans un communiqué lu à l’ORTN, la télévision nationale. Ce décret s’accompagne également de la nomination du général de brigade Amady Didigui, en tant que président de la haute autorité à la consolidation de la paix, et du colonel Ibro Amadou Bachirou, comme chef d’état-major particulier du président de la République.
Ancien ministre de l’Économie et des Finances du Niger de 2001 à 2010, sous la présidence de Mamadou Tandja qui a été renversé par un putsch en 2010, le nouveau chef du gouvernement nigérien, âgé de 58 ans est présenté comme un économiste chevronné qui jouit en outre d’une bonne notoriété auprès des institutions financières internationales. Il avait été nommé à juste titre sous Tanja, dans un contexte de crise économique. Natif de Zinder, deuxième ville du pays, Ali Mahaman Lamine Zeine a également travaillé pour la Banque africaine de développement (BAD) qu’il a représentée au Tchad, en Côte d’Ivoire et au Gabon.
Pour de nombreux observateurs, le choix de cet homme qui connaît le fonctionnement du système bancaire et financier est très stratégique pour la junte, qui semble se diriger désormais vers l’instauration d’une transition politique dans un contexte économique difficile. Depuis le coup d’État, le Niger est en effet frappé de multiples sanctions.
La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont ouvert le bal en mettant en place une batterie de mesures qui réduisent drastiquement les échanges commerciaux du pays avec l’extérieur. Ces dispositifs ont été suivis par d’autres restrictions émanant de principaux partenaires comme la France, Washington ou encore la Banque mondiale qui ont suspendu jusqu’à nouvel ordre, la plupart, voire la totalité des décaissements financiers ou des appuis budgétaires. La dernière en date, provient de l’agence UMOA-Titres qui a annulé la sortie du Niger sur le marché des titres publics par adjudication prévue le 7 août.
La nomination de Ali Mahaman Lamine Zeine survient également alors que des acteurs de la communauté internationale s’activent pour rétablir l’ancien président Bazoum et son équipe gouvernementale dans les plus brefs délais. La CEDEAO, qui a échoué jusque-là à faire pression sur les putschistes, a convoqué lundi 7 août, un nouveau Sommet extraordinaire de ses chefs d’Etat sur la situation politique au Niger, qui se tiendra jeudi 10 août 2023, à Abuja, au Nigeria.
Notons que Ouhoumoudou Mahamadou, qui était Premier ministre sous l’administration Bazoum, était en tournée de travail en Europe au moment du coup d’État et n’a toujours pas pu retourner au Niger.
Avec Agence Ecofin











































