La pièce de théâtre intitulée « Habibi », texte et mise en scène de Silvia Barreiros participe à la 22è édition des Journées théâtrales de Carthage (JTC). Elle soulève une question d’une importance cardinale, celle de la violence conjugale.
Il s’agit d’une coproduction de la Compagnie Apsara (Suisse), Thérap’Art (Tunisie), Théâtre Sindjab (Algérie). La première a été donnée au 4ème art, le 15 octobre 2021. Les rôles sont interprétés par les comédiens tunisiens Nedra Toumi, Hammouda Ben Hassine, Sahar Riahi, Néji Kanawati et Mourad Dridi. Une bonne équipe technique a collaboré pour la création de cette pièce de théâtre : Chema Ben Chaaben (dramaturgie), Amel El Fargi (Assistanat et coordination), Ondina Duany et Zouheir Gouja (direction musicale), Arianna Cana (bande son), Kays Rostom (scénographie), Sabri Atrous (création lumière) Anis Selmi (régie lumière), Raboudi Ghassen (régie son), Nawel Lasoued (costumes et accessoires) et Malik Sediri (maquillage et coiffure).
La pièce met en scène un couple qui vit en désharmonie, un climat bien tendu règne dans le foyer, dû à la violence excessive exercée par le mari sur sa femme.
Synopsis :
ELLE et LUI vivent en couple. Tous deux travaillent dans la même entreprise, LUI comme directeur, ELLE comme secrétaire. ELLE est belle comme un ange, dévouée, aimante, attentive.LUI, jaloux et possessif, ne supporte pas qu’ELLE parle, rie avec d’autres hommes. Depuis leur
mariage, LUI a bien changé : ses paroles aimantes, ses attentions, ses caresses ont laissé place à la méfiance, à la violence verbale et physique.
Ils viennent de rentrer chez eux après leur soirée d’entreprise. LUI est éméché et hors de lui, persuadé qu’ELLE succombe au charme d’un de leurs nouveaux collaborateurs. Commence alors un interrogatoire, devenu récurrent, et surtout interminable. LUI ne cesse de répéter les mêmes
questions qui tournent en boucle et résonnent dans sa tête à ELLE comme des poignards. Leur relation sentimentale s’est muée en calvaire, une souffrance pour ELLE. Quoiqu’ELLE fasse, ce sera en vain. Quoiqu’ELLE dise, il s’en prendra à ELLE.
ELLE se réfugie dans la salle de bain, où elle se recroqueville sur elle-même, épuisée, dans la baignoire, elle se sent presque à l’abri comme le ventre maternel. ELLE a peur, ELLE a de la peine à respirer. ELLE ne supporte plus tant d’acharnement et d’agressivité. LUI ne cesse de
parler, sort de la salle de bain, va vers la cuisine, dans la chambre, dans le salon. ELLE entend des bruits métalliques, des coups. Il est en train de tout casser.
ELLE voudrait s’endormir, se laisser aller au fond de la baignoire… Elle fait couler l’eau comme si ELLE allait prendre un bain. Elle aperçoit son portable sur le plancher. Elle l’attrape, terrorisée à l’idée qu’il revienne et la surprenne. ELLE appelle la première personne sur la liste de ses
contacts. Répondeur automatique… LUI revient encore plus furieux et violent et lui arrache le téléphone. Ses fausses accusations, ses reproches enfantins pleins de menaces et d’offenses redoublent d’intensité. LUI commence à la frapper, la prend par les cheveux, cogne son visage sur le bord de la baignoire, lui maintient la tête sous l’eau. ELLE ne bouge plus.
La baignoire déborde. LUI revient à lui, coupe l’eau et l’installe sur le bord de la baignoire, comme si elle prenait un bain, la réanime ELLE ne réagit pas. D’un coup il se lève, sort de la salle de bain et revient un couteau à la main ! LUI menace de se couper les veines. ELLE revient à elle. LUI
hurle, pleure, culpabilise, se repent… Elle l’attire à elle pour essayer de le calmer. LUI continue dans son délire. ELLE doit le convaincre pour qu’il ne se suicide pas. ELLE ne pourrait vivre avec sa mort sur la conscience.
Maintenant que LUI s’est allongé près d’elle dans la baignoire, ELLE n’a plus qu’à attendre… ça va passer. Silence. Seul son ronflement à LUI se fait entendre. Doucement ELLE se dégage pour qu’il ne se réveille pas. Sans bruit, ELLE sort de la baignoire… va sortir de la salle de bain… ELLE se retourne sur le pas de porte.
Les scènes passées de bonheur du couple se mélangent au présent, ainsi que les apparitions de sa famille à LUI – frère et sœur et belle-sœur – qui trouve normal que la violence domestique se transmette de père en fils.















































