Une étude intitulée « les impacts économiques du changement climatique en Tunisie : Risques et Opportunités », commandée par le ministère de l’Environnement et appuyée par l’ambassade du Royaume-Uni a été présentée, lors d’une cérémonie organisée, le jeudi soir 25 novembre 2021, à la résidence de l’ambassadeur britannique à la Marsa, en présence de Madame Leila Chikhaoui, la ministre de l’environnement , M. Matthew Forman, l’ambassadeur britannique en Tunisie par intérim et des représentants de médias.
Lors de son discours, Mme Leila Chikhaoui Mehdaoui a déclaré que « les répercussions des changements climatiques et leur impact direct sur la sécurité alimentaire et les ressources hydriques, les dispositifs environnementaux et les activités économiques, sociales et de santé publique, prouvent que les défis climatiques représentent, sans le moindre doute, une menace réelle pour la planète, ainsi que pour développement du pays ».
Madame Leila Chikhaoui Mehdaoui a ajouté que « les études réalisées, viennent confirmer la nécessité, pour la Tunisie de renforcer les capacités pour introduire le changement climatique dans tous les secteurs d’activité, conformément aux orientations et aux engagements fixés dans le cadre du plan national qui vise à la baisse de l’intensité de dioxyde de carbone (CO2) de 45% d’ici 2030 et d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050 ».
Pour sa part, son Excellence M. Mathew Forman, ambassadeur Britannique par intérim a affirmé que « l’impact du changement climatique est visible dans toutes les régions du monde. La Tunisie a connu des incendies de forêt dévastateurs, des températures record et de graves pénuries d’eau. Les dirigeants doivent prendre conscience de l’urgence environnementale et économique afin de faire face à ces nouveaux défis et saisir les opportunités que représente l’adaptation ».

L’ambassadeur britannique par intérim a ajouté que « ces rapports fournissent des données démontrant clairement qu’une transition à faible émission de carbone ne serait pas seulement bénéfique pour l’environnement, mais aurait aussi un impact positif sur la qualité de vie et les moyens de subsistance des Tunisiens – notamment des pêcheurs, agriculteurs, exportateurs et producteurs d’énergie. En tant qu’hôte de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique COP26, et leader mondial de l’action climatique, le Royaume-Uni est un partenaire engagé de la Tunisie».
Selon l’étude présentée lors de la rencontre, le secteur de la pêche qui emploie près de 100 000 personnes en Tunisie, risque de perdre 15 000 ha d’exploitation rien que sur l’archipel de Kerkennah et de 50% de la zone d’activité destinée à l’extraction de palourdes. L’agriculture qui contribue à 10% de notre PIB, risque de perdre 37 000 emplois, 43 000 ha de terres agricoles côtières ainsi que 180 000 ha à cause de l’augmentation des incendies de forêt. Le secteur touristique qui représente 14,2% du PIB national, perdra près de 1000 emplois par an et un capital productif de l’ordre de 3,6 milliards de dinars tunisiens.
A ce titre, investir dans l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables permet non seulement de réduire les émissions de GES mais contribue à la sécurité énergétique du pays et à la création de milliers d’emplois. Par ailleurs, la pollution de l’air contribue à un grand nombre de maladies notamment les problèmes respiratoires et cardiovasculaires voire même des cancers. Une grande part de la pollution est causée par le secteur industriel et celui du transport. De ce fait le déploiement de 130 000 véhicules électriques est une manière de réduire 2,2 MtCO2e des émissions de GES, soit 20% des émissions du pays d’ici 2030 et donc la création d’emplois dans l’installation, l’exploitation et la maintenance des infrastructures de recharge, que l’on estime à 910 emplois/an.
Face aux conséquences provoquées par les changements climatiques, soulevées par ces deux études, il est essentiel et urgent de mettre en place des mesures d’adaptation mais aussi d’atténuation des émissions GES pour tous les secteurs, et ce, afin de limiter les effets négatifs de ces mutations, qui auront de lourds impacts sur l’économie tunisienne.














































